Rouvert vendredi, le détroit d'Ormuz a finalement été fermé à nouveau ce samedi par Téhéran. Plus de 800 navires et 20.000 marins sont toujours coincés dans le golfe Persique. Selon David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient, cela peut traduire des dissensions en interne.
L'ouverture n'aura été que temporaire. Le détroit d'Ormuz a de nouveau été fermé par Téhéran samedi, moins de 12 heures après avoir annoncé sa réouverture dans un contexte toujours marqué par la guerre au Moyen-Orient.
Plus de 800 navires et 20.000 marins sont encore coincés dans le golfe Persique, victime d'un bras de fer entre les États-Unis et l'Iran.
Un navire pétrolier pris pour cible
Les Iraniens ont même ouvert le feu sur un pétrolier dans le détroit d'Ormuz. Deux vedettes des Gardiens de la Révolution, bras armés de la République islamique, ont pris pour cible ce navire pétrolier. Le capitaine a indiqué que son équipage était sain et sauf.
Cet événement intervient après que l'armée iranienne soit revenue sur sa promesse de laisser la route ouverte à la navigation. Ce retournement de situation témoigne de tensions internes au sein-même des autorités iraniennes, selon David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient.
"Les Gardiens de la Révolution veulent avoir le dernier mot"
"Il n'y a pas une seule voix en Iran, c'est la difficulté", note-t-il. "La réouverture du détroit avait été annoncée par un tweet du ministre (des Affaires étrangères) Abbas Araghchi. Ce tweet lui a été fermement reproché par un certain nombre de membres du régime, et notamment des Gardiens de la Révolution. Il n'y a pas du tout de consensus sur les modalités et les objectifs des négociations en cours", souligne l'expert.
"La Marine des Gardiens est en cause dans le fait que des bateaux, notamment indiens, ont été visés. C'est une manière de montrer que les Gardiens veulent avoir le dernier mot, et que les négociateurs sont de toute façon soumis à leur aval. C'est le signe d'une tension surtout interne", expose le spécialiste du Moyen-Orient.
Trump fait état de "très bonnes conversations"
L'annonce par l'Iran de la reprise du blocage du détroit d'Ormuz n'a pas tardé à faire réagir Donald Trump. Le président américain assure que Téhéran ne peut pas "faire chanter" les États-Unis.
Le locataire de la Maison Blanche fait état de "très bonnes conversations" en vue d'une fin des hostilités au Moyen-Orient. Téhéran dit d'ailleurs avoir reçu une nouvelle proposition en ce sens, mais ajoute que les négociateurs iraniens ne feront aucun compromis.


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