Le président libanais Joseph Aoun a de nouveau appelé à une trêve et à des négociations avec Israël en recevant jeudi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, en visite de "solidarité" au Liban, avant de se rendre en Israël vendredi.
Le président libanais Joseph Aoun reçoit ce jeudi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot. Peu avant son arrivée, le président libanais a de nouveau appelé à une trêve et à l'ouverture de négociations avec son voisin, Israël. Il faut dire que les frappes israéliennes ont fait un millier de morts et plus d'un million de déplacés depuis que le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale.
Le chef de l'État libanais a estimé que "l'essentiel est de mettre un terme à l'escalade" entre Israël et le Hezbollah au Liban, soulignant "la nécessité d'un cessez-le-feu" et rappelant son initiative proposant des négociations directes avec Israël, a indiqué la présidence dans un communiqué.
Joseph Aoun avait proposé, le 9 mars, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah". À Bruxelles, à l'issue d'un sommet européen, le président français Emmanuel Macron a déclaré que la tenue d'éventuelles "négociations directes" entre Israël et le Liban dépendait d'un feu vert israélien.
"Être aux côtés du président"
"Notre rôle n'est absolument pas de proposer un plan pour un pays tiers, mais c'est d'être aux côtés du président, du Premier ministre, de leur gouvernement" au Liban "pour les aider à construire une proposition de solution, un chemin, et d'aider à ce qu'il puisse y avoir des discussions directes entre eux et les Israéliens", a ajouté Emmanuel Macron.
Devant la presse, le président français a insisté sur le fait qu'il "n'y a absolument pas de proposition française qui met dans la balance une reconnaissance" d'Israël par le Liban. Jean-Noël Barrot a effectué une brève visite au Liban, pour "témoigner du soutien et de la solidarité de la France avec le peuple libanais, entraîné dans une guerre qu'il n'a pas choisie", selon le ministère français des Affaires étrangères.
Au terme de sa visite dans un centre d'accueil de réfugiés, géré par l'Ordre de Malte, le ministre a annoncé sur X doubler l'aide humanitaire au Liban, "la portant à 17 millions d'euros". La France a envoyé la semaine dernière 60 tonnes d'aide humanitaire aux déplacés de la guerre.
Le Hezbollah avait lancé le 2 mars une attaque contre Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour des frappes israélo-américaines sur l'Iran. Israël mène depuis des bombardements massifs sur de vastes parties du Liban, y compris Beyrouth, et des incursions au sol dans le sud du pays.
"La priorité du Liban est d'arrêter la guerre"
Le Premier ministre libanais a accusé jeudi Israël d'utiliser le conflit régional pour "élargir son agression". "Lier le Liban à des calculs régionaux plus grands que lui ne le protège pas, mais lui fait payer un énorme coût et donne à Israël le prétexte d'élargir son agression", a déclaré Nawaf Salam dans un discours retransmis à la télévision.
"La priorité du Liban est d'arrêter la guerre", a insisté le chef du gouvernement. Dans la foulée du Liban, Jean-Noël Barrot se rendra vendredi en Israël, a appris l'AFP auprès du ministère français des Affaires étrangères.
En Israël, "le ministre s'entretiendra avec les autorités israéliennes afin d'évoquer la situation sécuritaire, les enjeux humanitaires et les perspectives de désescalade, dans le prolongement des efforts diplomatiques menés par le président de la République", a indiqué le ministère.


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