Le Hamas a exhorté vendredi les pays arabes et musulmans à s'opposer aux récentes déclarations de ministres israéliens appelant à vider Gaza de sa population palestinienne.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 17:52 | mis à jour aujourd'hui à 18:08 - Temps de lecture :

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Le Hamas a exhorté vendredi les pays arabes et musulmans à s'opposer aux récentes déclarations de ministres israéliens appelant à vider Gaza de sa population palestinienne et à la transférer à l'étranger.

Ces propos reflètent « les plans extrêmement dangereux » d'Israël pour ce territoire palestinien ravagé par la guerre, a estimé dans un communiqué le porte-parole du mouvement islamiste, Hazem Qassem. Il a appelé « les pays arabes et les pays musulmans à agir de façon déterminée et unie pour faire face à ces plans, et à prendre des mesures efficaces pour les mettre en échec ». Jeudi, le ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir, en charge de la Sécurité nationale, a présenté une proposition, à quelques semaines des législatives, visant à faire partir les quelque deux millions d'habitants de Gaza au cours des sept prochaines années. « On doit pousser à l'émigration des habitants de Gaza », a-t-il déclaré, promettant notamment des aides financières aux pays qui les accueilleraient.

Mercredi, c'est le ministre de la Défense Israël Katz qui avait évoqué cette idée, estimant qu'il n'existait « pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration » de sa population vers l'étranger. Ces prises de position interviennent en pleine campagne électorale en Israël, une période marquée par une surenchère des discours hostiles à l'égard des Palestiniens. Aucune mesure concrète visant à transférer les habitants de Gaza vers l'étranger n'a été annoncée à ce jour par le gouvernement israélien.

L'ONU évoque un nettoyage ethnique

Le même jour, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a accusé Israël d'avoir déplacé de force plus de 33.000 Palestiniens de trois camps de réfugiés de Cisjordanie occupée, Jénine, Tulkarem et Nour Chams, au début de l'année 2025, dans le cadre de l'opération « Mur de Fer ». Dans un rapport, il estime que ce déplacement « à grande échelle, prolongé et systématique » soulève de graves préoccupations quant à la commission d'un « crime contre l'humanité de transfert forcé » et évoque un possible « nettoyage ethnique ». « La manière dont l'opération Mur de Fer a été menée donne à penser qu'elle visait à expulser le plus grand nombre possible de Palestiniens et à faire place à davantage de colonies israéliennes illégales », a commenté le Haut-Commissaire, Volker Türk. Israël a immédiatement rejeté ces accusations.

A Gaza, la plupart des habitants ont déjà été déplacés à l'intérieur du territoire par la guerre destructrice lancée par Israël après les attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le Hamas, qui ont fait plus de 1.200 morts sur le sol israélien. Depuis près de trois ans, plus de 73.000 personnes ont été tuées par l'armée israélienne à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par les Nations unies.

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