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A la tête de l’association des Mères de la place de Mai, qu’elle avait rejointe en 1979, Taty Almeida a porté inlassablement les revendications des familles de « disparus » de la dictature argentine, jusqu’à sa mort dimanche, à l’âge de 95 ans.

Taty Almeida, à Buenos Aires, le 21 janvier 2025. Taty Almeida, à Buenos Aires, le 21 janvier 2025.

Une « triste nouvelle ». Les Mères de la place de Mai, association qui se bat pour faire la lumière sur le sort des « disparus » des années de dictature en Argentine, ont annoncé, dimanche 14 juin, la mort de leur meneuse, Taty Almeida.

Figure majeure de la défense des droits humains, Mme Almeida est morte à l’âge de 95 ans. Elle était hospitalisée depuis trois semaines à Buenos Aires. Sa dépouille sera exposée, lundi, dans le quartier d’Once dans la capitale, ont fait savoir ses proches.

Taty Almeida, née Lidia Stella Mercedes Miy Uranga le 28 juin 1930, enseignante, s’est mariée en 1953 avec son collègue Jorge Almeida et a eu trois enfants. Elle s’est engagée après la disparition en 1975 de son fils Alejandro, alors étudiant en médecine de 20 ans.

La perte d’un fils

Militant de gauche, il appartenait à la guérilla de l’Armée révolutionnaire du peuple (ERP). Comme lui, ils sont 30 000 opposants à avoir été éliminés par la milice de droite Triple A ou par la dictature, en vigueur en Argentine de 1976 à 1983. Taty Almeida n’a jamais pu récupérer sa dépouille.

A partir de 1979, elle rejoint les Mères de la place de Mai, un groupe de femmes réclamant la vérité sur le sort de leurs enfants « disparus ». Les pionnières, quatorze femmes, s’étaient réunies le 30 avril 1977 devant le palais présidentiel, osant invectiver la junte alors que la répression battait son plein.

Fille et sœur de militaires, Taty Almeida a tardé à rejoindre le mouvement. « Je n’osais pas y aller. Avec mon CV, j’avais peur d’être prise pour une espionne. Une fois dans l’organisation, ça a été une révélation », avait-elle raconté à l’Agence France-Presse en 2017.

Depuis lors, Mme Almeida, reconnaissable à son foulard blanc noué sous le menton, n’a cessé d’être présente dans les mobilisations, les procès et le débat politique argentin. Ces dernières années, elle a affiché son opposition au gouvernement du président ultralibéral Javier Milei en raison de ses politiques en matière de mémoire, de vérité et de justice.

La voix de cette figure argentine a d’ailleurs été centrale lors des commémorations du 50e anniversaire du coup d’Etat civilo-militaire, en mars 2026.

Le Monde avec AFP