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L'enquête du coroner sur la mort de Regis Paquet révèle que la police de Toronto n'offre aucune formation sur l'épilepsie et ses troubles connexes dans son volet sur les maladies mentales. La femme de 29 ans, qui avait un lourd passé médical, est tombée du balcon de son logement, situé au 24e étage, en 2020 lors d'une intervention policière.
Les audiences ont pour l'instant révélé que Regis Paquet était épileptique, confuse et violente l'après-midi de sa mort.
Elle avait eu des convulsions dans l'avant-midi et elle avait consommé du cannabis juste avant sa chute mortelle.
Une dispute entre la victime et son frère au sujet du son d'un téléviseur est à l'origine de l'intervention policière.
Six policiers et deux ambulanciers avaient été appelés au 911 par la mère et le frère de Regis Paquet. La victime avait, elle aussi, appelé le 911, y soulignant qu'elle était épileptique.
Une formation manquante
L'agent Brian Villeneuve affirme que la jeune femme discutait déjà avec un collègue quand il est arrivé à 17 h 30, le 27 mai 2020. Je l'ai entendue lui dire qu'elle avait besoin d'aide, se souvient-il.
Le policier confirme ce que d'autres témoins ont raconté dans cette enquête.
Elle était agitée, contrariée, désemparée et elle parlait vite. Elle disait que son frère l'avait griffée, poursuit-il.
L'agent souligne qu'il avait reçu une formation en santé mentale pour faire face à des citoyens en crise, mais rien en matière d'épilepsie.
Non, je ne sais pas ce qu'est une psychose post-convulsive, dit-il à l'avocat du coroner, Robert Shallow, qui l'interroge.
L'agent Villeneuve avoue qu'une formation sur l'épilepsie lui aurait été utile.

Regis Paquet était une jeune femme fière de ses origines, une gymnaste et une bénévole engagée au sein de sa paroisse, selon l'avocat qui représente sa famille. (Photo d'archives)
Photo : Facebook/Regis Korchinski-Paquet
Il affirme qu'il avait appris du répartiteur du 911 que Regis Paquet avait eu deux épisodes de convulsions dans la matinée et qu'elle était en train d'avoir une altercation avec son frère et qu'elle pouvait être armée d'un couteau.
Le policier confirme qu'il ne l'a pas touchée lorsqu'elle a tenté de quitter le couloir vers les ascenseurs en passant sur sa droite. Elle est retournée dans l'appartement, parce qu'elle voulait aller aux toilettes, mentionne-t-il.
Il précise que le frère de Regis Paquet lui a alors appris qu'elle avait eu, dans le passé, des épisodes d'épilepsie et de nombreuses convulsions.
La famille d'une personne en détresse est toujours notre première source d'informations, déclare-t-il. J'ai demandé à son frère si elle avait des problèmes de santé mentale, mais il m'a dit non, se rappelle-t-il.

La famille de Regis Paquet : son père Peter Korchinski, sa mère Claudette Beals, son frère Reece et une femme non identifiée lors d'une conférence de presse en juin 2020. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
L'agent Villeneuve mentionne qu'il ne savait pas que Regis Paquet était sujette aux vertiges et qu'elle n'aimait pas les hauteurs.
Il ne pense donc pas que le balcon puisse avoir représenté un environnement dangereux pour elle. Je ne l'ai pas vue tomber, ajoute-t-il toutefois.
Il admet, comme le suggère un juré qui le contre-interroge, qu'un balcon peut être dangereux lorsque la personne en crise perd le sens de la réalité à cause d'un trouble mental.
Sa collègue, l'agente Francis Mallinger, mentionne que l'épilepsie n'est pas une maladie mentale, mais que cette maladie neurologique peut présenter des symptômes proches de certaines maladies mentales.
Il serait utile de recevoir un cours d'appoint à ce sujet ou un atelier de sensibilisation… toutes les formations sont utiles, conclut-elle.
« Piégée sur le balcon »?
Plus tôt dans la journée, l'agent Shane Beaudoin avait dit, dans son contre-interrogatoire, qu'il ignorait, lui aussi, que Regis Paquet avait déjà vécu des situations semblables dans le passé avec des policiers de York.
Tous les renseignements qu'un répartiteur du 911 peut colliger sur un individu en crise nous sont utiles avant d'arriver sur les lieux, a-t-il souligné.
L'agent Beaudoin a expliqué que les policiers peuvent aussi faire ce travail en amont, mais seulement lorsque la situation pour laquelle ils sont appelés n'est pas prioritaire.
Il ne croit pas en outre que Regis Paquet se soit piégée sur le balcon, parce qu'elle ne cherchait pas à fuir son logement, selon lui.

Des personnes s'étaient recueillies sur le lieu du décès de Regis Paquet, qui avait chuté du balcon de son appartement situé au 24e étage d'un immeuble de logements sociaux.
Photo : Radio-Canada / Mark Bochsler
L'agent Beaudoin a par ailleurs révélé qu'il n'avait pas été sur le balcon et qu'il n'avait pas vu que le balcon était muni d'un rebord.
La priorité était de retrouver le couteau pour désamorcer la crise et d'appeler les ambulanciers pour calmer la victime, a-t-il dit en affirmant qu'il était heureux de voir que l'un des deux ambulanciers était une femme.
Il a concédé que la présence d'une infirmière aurait également pu être bénéfique, mais il a expliqué que les civils ne sont pas toujours appelés sur place lorsqu'un danger est présent, comme la présence d'un individu armé d'un couteau dans un espace confiné comme un appartement.

L'Unité des enquêtes spéciales avait blanchi de tout blâme les six policiers, qui étaient intervenus au domicile de la victime à la suite d'un appel au 911. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laurence Martin
Le policier a conclu son témoignage en disant qu'il ne pensait pas non plus que Regis Paquet se soit réfugiée sur le balcon pour être seule et poursuivre en privé la conversation qu'elle venait d'entamer au téléphone.
Elle aurait pu rester à la salle de bain ou aller dans sa chambre si elle avait voulu être seule au téléphone, a-t-il déclaré en admettant que la jeune femme était hostile à la présence des policiers.
L'enquête du coroner a aussi permis d'apprendre qu'au moins deux des six policiers étaient armés d'un pistolet électrique Taser et d'une arme à bille non létale, mais que ces deux armes n'ont pas été utilisées pour neutraliser la victime avant qu'elle n'aille sur le balcon de l'appartement.
Les audiences se poursuivent mercredi avec le contre-interrogatoire de l'agente Mallinger.


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