Le groupuscule d'ultragauche La Jeune Garde, fondé par le député insoumis Raphaël Arnault, est pointé du doigt par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez dans la mort de Quentin, jeune étudiant à Lyon. Dans l'émission "Europe 1 Soir week-end", un avocat fait le point sur la procédure de dissolution de ce groupe, engagée en 2025.
Pour Laurent Nuñez, l'ultragauche est "manifestement à la manœuvre" dans le lynchage de Quentin, jeune étudiant de 23 ans à Lyon, décédé ce samedi deux jours après sa violente agression. Le ministre de l'Intérieur a pointé du doigt la possible implication du groupe antifasciste La Jeune Garde.
Ce groupuscule d'ultragauche fondé par Raphaël Arnault, devenu député LFI en 2024, a pourtant été dissous le 12 juin 2025 en Conseil des ministres. Son fondateur a néanmoins saisi le Conseil d'État pour tenter d'empêcher cette dissolution. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Une deuxième procédure devant le Conseil d'État
Interrogé à ce sujet dans l'émission Europe 1 Soir week-end, l'avocat Me Pierre Gentillet fait le point sur cette procédure. "Le Conseil d'État doit se prononcer deux fois pour que la dissolution soit définitive. Il s'est prononcé une première fois en référé, il a confirmé le décret de dissolution de Bruno Retailleau", alors ministre de l'Intérieur, expose-t-il d'abord.
"Néanmoins, il y a une deuxième procédure devant le Conseil d'État", poursuit l'avocat. "C'est une procédure au fond, c'est-à-dire pendant laquelle le Conseil d'État va apprécier, non plus en fonction de l'urgence, mais en posant tous les éléments sur la table", souligne Pierre Gentillet.
Neuf dissolutions sur dix sont validées par le Conseil d'État
Concrètement, à ce jour, "La Jeune Garde est dissoute. Mais, si jamais le Conseil d'État venait à annuler cette dissolution pour un motif juridique, elle retrouverait sa pleine personnalité juridique", précise l'avocat, qui résume : "Aujourd'hui, elle est dissoute, mais il peut y avoir de manière rétroactive une annulation du Conseil d'État".
Cependant, ce dernier cas semble peu probable. "En pratique, le Conseil d'État valide neuf fois sur dix les dissolutions décidées par le ministre de l'Intérieur", rappelle Me Pierre Gentillet.


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