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Life 04/06/2026 19:37
L’autrice et réalisatrice franco-iranienne est décédée ce 4 juin à l’âge de 56 ans.

Eric Fougere - Corbis / Corbis via Getty Images
Les circonstances exactes du décès de la dessinatrices ne sont pas précisées, mais l’expression utilisée par ses proches souligne la manière dont le deuil peut avoir des conséquences dramatiques.
EN BREF • Marjane Satrapi est décédée à 56 ans, un an après la mort de son mari, ses proches évoquent une « mort de tristesse ».
• Le deuil peut provoquer des syndromes comme le « syndrome du cœur brisé » ou une profonde dépression, affectant gravement la santé.
• Le soutien pluridisciplinaire est crucial pour surmonter ces épreuves, selon les experts.
Marjane Satrapi est « morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie. » C’est avec quelques mots particulièrement douloureux que l’entourage de l’autrice et réalisatrice franco-iranienne a annoncé sa disparition, ce jeudi 4 juin, à l’âge de 56 ans.
Les circonstances exactes du décès de la dessinatrices ne sont pas précisées, mais l’expression utilisée par ses proches souligne la manière dont le deuil, tout comme d’autres événements traumatiques, peuvent avoir des conséquences dramatiques.
Le choc en apprenant un décès peut entraîner un « syndrome de Takotsubo ». Aussi appelé le « syndrome du cœur brisé », cet accident cardiaque, qui ressemble à un infarctus sur le plan clinique, n’est pas toujours mortel. Mais il survient « tout de suite après le choc intense ou dans les jours qui suivent », comme l’avait souligné récemment la professeure Claire Mounier, cardiologue au CHU de Lille et cofondatrice de la fondation Agir pour le cœur des femmes, auprès de 20 Minutes. Un cas de figure qui ne semble pas correspondre aux conditions du décès de Marjane Satrapi.
« Le monde s’effondre »
Dans d’autres cas, c’est une profonde dépression qui peut conduire à des conséquences sur le corps. « La dépression vient toujours avec un cortège d’éléments somatiques. Elle dégrade l’appétit, la qualité du sommeil, tout ce qui est de l’ordre de la pulsion de vie », décrit au HuffPost Jérémie Gallen, psychologue clinicien à Voiron (Isère) et auteur d’Auto-thérapie (Larousse). La dépression peut aussi, en outre, être parfois associée à des comportements addictifs.
Autant d’éléments qui peuvent, indirectement, causer la mort. « Il n’y a pas de lien de cause à effet direct, mais la dépression est un facteur de risque évident », pointe Jérémie Gallen.
Perte d’un être cher, rupture amoureuse, invalidité soudaine… : « Certains événements rebattent les cartes de la vie telle qu’on l’attendait. Le monde s’effondre et on ne sait plus sur quoi s’appuyer pour retrouver un sens à la vie », explique le psychologue.
« Cette façon de baisser les bras est normale et elle doit être transitoire. Or quand on n’arrive pas à la dépasser, il est difficile de réinvestir la vie », ajoute le praticien, qui prône un accompagnement pluridisciplinaire. « La prise en charge psychologique est insuffisante, il est important d’avoir un suivi médical en parallèle. »
Enfin, un phénomène controversé a été décrit en 2018 dans la revue Medical Hypotheses en 2018 par John Leach, chercheur à l’université de Portmouth (Royaume-Uni) : l’« abandonnite ». « Ce n’est pas un suicide, ce n’est pas lié à la dépression, mais l’acte d’abandonner la vie et de mourir en quelques jours est une condition très réelle souvent liée à un traumatisme grave », expliquait-il alors. Un concept qui ne semble pas avoir fait d’émules au sein de la communauté médicale.


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