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Malgré un jugement du tribunal judiciaire de Lorient, la commission d’indemnisation des victimes d’infractions refuse de verser les sommes à la famille de la victime.
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Par Bertrand Parent Publié le 4 mars 2026 à 17h00
Après la dramatique mort de son fils, en septembre 2023 à Moréac, Franck Cadoret doit aujourd’hui faire face à une nouvelle épreuve. En novembre 2024, le dealer chez qui Jordan était mort était condamné à un an de prison ferme, notamment pour homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence et modification de l’état des lieux d’un crime ou d’un délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité.
Après avoir vendu de l’héroïne à Jordan, qu’il avait consommée sur place, il n’avait pas réagi quand le jeune homme avait perdu connaissance, le laissant dans son canapé et le retrouvant mort dans la nuit. Le lendemain il avait, avec un ami, déplacé et laissé le corps dans une voiture à Bignan. Des faits qu’il avait reconnus, sans vraiment donner d’explications lors de son procès.
Pas un seul euro n’a été versé !
Le tribunal de Lorient avait aussi condamné le prévenu à indemniser la famille de Jordan.
Mais plus d’un an plus tard, pas un seul euro n’a été versé. « Ce n’est pas pour l’argent que je me bats, explique Franck, c’est pour le principe et qu’il sache pourquoi il doit payer tous les mois. »

Des indemnités fixées par le tribunal
Le tribunal de Lorient avait déjà revu à la baisse les sommes demandées par les avocats de la famille considérant que Jordan était partiellement responsable de sa mort du fait de sa consommation volontaire de drogue. Les juges avaient chiffré les montants d’indemnisation à 12 500 € pour le père et pour la mère de Jordan, 4 000 € à ses deux frères, 10 000 € à sa compagne. Le dealer devait en outre verser à cette dernière, avec qui il était pacsé, près de 140 000 € au titre du préjudice économique.
Le fonds de garantie des victimes refuse de payer
La famille s’est tournée, comme souvent dans ces cas-là, vers le fonds de garantie des victimes d’infractions qui prend le relais des condamnés pour verser les sommes et se tourne ensuite vers les mis en cause pour être remboursé.
Mais stupeur, le 11 février 2026, la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) déboute Franck Cadoret de sa demande d’indemnisation pourtant fixé par le tribunal judiciaire de Lorient !
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La famille exclue « du bénéfice d’une indemnisation par la solidarité nationale »
Dans son jugement, que nous nous sommes procuré, la commission estime que la famille doit être « exclue du bénéfice d’une indemnisation par la solidarité nationale en raison de la faute commise par la victime principale Jordan Cadoret ». En clair, même si le tribunal avait déjà pris en compte cette notion en divisant par deux les sommes demandées, la CIVI estime qu’elle doit aller plus loin encore…
La CIVI n’est pas tenue par la décision prise au pénal
« Malheureusement la CIVI est indépendante, explique Jean-Sébastien Le Saux, avocat de Franck Cadoret, et peut analyser différemment du tribunal. » Ce que regrette cependant l’avocat, dans le cas de la mort de Jordan, « c’est qu’on est sur des victimes indirectes, la famille du jeune homme. Et c’est sur eux qu’on fait peser la faute. » Mais c’est une décision qui n’étonne pas l’avocat : « Cela arrive de plus en plus souvent. »
La CIVI, dans son jugement, précise qu’elle n’est pas « tenue par l’évaluation de la juridiction pénale antérieurement saisie » et qu’il lui appartient « d’apprécier souverainement le comportement de la victime ».
Les proches de Jordan peuvent évidemment se retourner directement contre Mickaël pour le forcer à payer les indemnités. Mais cela signifie des procédures longue et coûteuse, avec intervention d’huissiers pour faire pratiquer des saisies sur salaire ou de véhicules par exemple, qui ne sont pas sûres d’aboutir. Alors qu’il voulait tourner la page, Franck Cadoret n’en a donc toujours pas fini avec le drame de la mort de son fils.
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