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Mort d’une surdose de Benadryl : « c’est un peu le jour de la marmotte »

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L’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) réitère son souhait de voir le Benadryl être retiré des tablettes en libre-service. Il estime que la diphénhydramine, connue pour soigner les symptômes d’allergies saisonnières, n’est pas sans danger. Une surdose de cet antihistaminique a d'ailleurs conduit à la mort d'un homme de Drummondville de 61 ans.

Ça fait plusieurs rapports du coroner qui parlent de ce produit-là, regrette Jean-François Desgagné, président de l’OPQ.

Le 24 juin 2026, Michel Richard, 61 ans, a été retrouvé sans vie dans l'hébergement de l’organisme l’Ensoleilvent. Le coroner Yvon Garneau a conclu qu’une surdose de diphénhydramine a mené à son décès.

C’est un médicament dont on connaît les risques dans des situations de mésusage ou d’intoxication volontaire.

Les cas d’intoxication au Benadryl sont en augmentation constante depuis plusieurs années, s’inquiète Dre Maude St-Onge, directrice médicale du Centre antipoison du Québec. On comptabilise déjà 570 cas d’exposition, et l’année n’est pas terminée.

À titre de comparaison, en 2021, on dénombrait 549 cas d’exposition à cette substance, 603 en 2024. Non seulement les cas d’intoxication sont en hausse, mais ça implique les cas d’abus de substances et les gestes volontaires.

Déjà, en 2019, la présence sur les tablettes de ce produit suscitait quelques débats (entrevue ci-bas).

Un projet de règlement en cours

Un projet de règlement a été publié par le gouvernement le 30 juin dernier pour restreindre l’accès aux médicaments à base de diphénhydramine. Ça fait suite à la recommandation de Me Yvon Denault après la mort d’un jeune homme de 18 ans due à une surdose de diphénhydramine involontaire.

L’Office des professions du Québec, l’organisme gouvernemental responsable des conditions et des modalités de vente des médicament, n’a pas encore rendu de décision.

Une démarche que soutient l’OPQ pour s’assurer de mieux orienter les patients. Il y a beaucoup d’autres produits qui sont beaucoup plus efficaces et beaucoup plus sécuritaires, assure son président, Jean-François Desgagné.

Et en attendant ?

Jean-François Desgagné de l’OPQ rappelle que chaque pharmacien est libre de ce qu’il vend dans son commerce et peut décider de mettre un produit derrière le comptoir.

Même si un médicament est connu et en vente libre, il ne faut jamais prendre pour acquis qu’il n’a pas de risques associés.

Portrait de Jean-François Desgagné

Selon Jean-François Desgagné, un pharmacien pourrait décider de placer le Benadryl derrière le comptoir de son officine s'il le souhaite. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

L’OPQ comme le CAPQ rappellent que c’est le médicament présente beaucoup d’effets indésirables, même à des dosages réguliers : somnolences, étourdissements, sécheresse de la bouche, vision brouillée, blocages urinaires chez les hommes souffrant de problèmes de prostate, jusqu’à la dépression respiratoire fatale à fortes doses.

Si vous pensez être exposé à une intoxication quelconque, appelez le Centre antipoison du Québec au 1 800 463 5060.

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