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L'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de l'Iran pendant plus de trente-six ans, a été tué le samedi 28 février lors des frappes aériennes américaines et israéliennes sur son pays, ont confirmé les médias d'État iraniens.
Il aura été l'un des dirigeants à être restés le plus longtemps au pouvoir dans l'histoire plurimillénaire du pays. Dans la société iranienne de ces dernières décennies, il était presque aussi omniprésent que son prédécesseur, l'ayatollah Rouhollah Khomeini, qui avait fondé la République islamique d'Iran en 1979 et l'avait dirigée jusqu'à son décès en juin 1989. Même si c'est Khomeini qui a été le maître d'œuvre de la révolution islamique et le premier Guide suprême de la République, bon nombre d'observateurs estiment que Ali Khamenei aura été le leader le plus puissant que l'Iran moderne a connu à ce jour.
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En plus de trois décennies à la tête du pays, Ali Khamenei a accumulé un pouvoir sans précédent en matière de politique intérieure et réprimé avec toujours plus de sévérité la moindre dissidence interne. Ces dernières années, il avait donné la priorité à sa survie –et à celle de son régime– avant tout autre considération. En décembre 2025 et janvier 2026, son pouvoir a brutalement écrasé un soulèvement populaire au prix de plusieurs dizaines de milliers de morts.
Pourtant, en dépit de la férocité de ses forces de sécurité, la plupart des Iraniens ne se souviendront pas d'Ali Khamenei comme d'un dirigeant fort. Il ne sera pas non plus vénéré. Au contraire, il restera dans l'histoire comme un homme ayant présidé à un affaiblissement généralisé de la République islamique dans pratiquement tous les domaines.
L'ascension d'Ali Khamenei dans la hiérarchie
Né en 1939 dans la ville de Machhad, dans le nord-est de l'Iran, Ali Khamenei se forge dès le plus jeune âge une vision politique et religieuse du monde en étudiant dans les séminaires islamiques de Najaf et de Qom. À 13 ans, il commence à s'intéresser à l'idéologie de l'islam révolutionnaire, à travers les enseignements du religieux Navvab Safavi (1924-1956), lequel appelle régulièrement à la violence politique contre le régime du shah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi (arrivé au pouvoir en 1941 après la destitution de son père, Reza Shah Pahlavi).
En 1958, Ali Khamenei rencontre Rouhollah Khomeini (né en 1902) et adhère immédiatement à sa philosophie, souvent appelée «khomeinisme», une vision du monde mêlant islam chiite, sentiment anticolonialiste et ingénierie sociale par le biais de la planification étatique. Le khomeinisme stipule qu'un système de lois terrestres ne peut à lui seul créer une société juste: l'Iran doit tirer sa légitimité de «Dieu Tout-Puissant». Le concept de velayat-e faqih, également connu sous le nom de «guidance du juriste», est au cœur du khomeinisme. Il stipule que le Guide suprême doit être doté de «toutes les autorités dont jouissaient le Prophète et les imams infaillibles».
En substance, cela signifie que l'Iran doit être gouverné par un seul homme, nécessairement un érudit de l'islam chiite. C'est de là que Rouhollah Khomeini, puis Ali Khamenei, tireront le contrôle absolu qu'ils exerceront sur la République islamique après son instauration en 1979.
À partir de 1962, Ali Khamenei s'engage pleinement dans des activités révolutionnaires contre Mohammad Reza Pahlavi au nom de Khomeini, lequel est expulsé du pays en 1964 (il vivra alors en Turquie, puis en Irak et en France). Selon le récit fait dans ses mémoires, Ali Khamenei est arrêté par la police secrète du shah en 1971 et torturé.
Lorsque le shah est renversé à l'issue de la révolution islamique de 1979, Rouhollah Khomeini revient d'exil, instaure la République islamique et devient le Guide suprême. Ali Khamenei est alors sélectionné pour rejoindre le Conseil révolutionnaire, qui gouverne aux côtés du gouvernement provisoire. Il devient ensuite vice-ministre de la Défense et participe à la création du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Cette institution militaire, initialement fondée pour protéger la révolution et le Guide suprême, allait devenir l'une des forces politiques les plus puissantes d'Iran.
Après avoir survécu à une tentative d'assassinat en juin 1981, Ali Khamenei est élu président de l'Iran en octobre 1981, puis réélu en août 1985. Il occupe la présidence pendant la majeure partie de la guerre Iran-Irak (1980-1988), un conflit qui dévaste les deux pays sur le plan tant humain qu'économique.

Ali Khamenei hospitalisé en 1981 après la tentative d'assassinat conduite contre sa personne par des membres de l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien, hostile aussi bien au régime du shah qu'à la République islamique. | Auteur inconnu / Khamenei.ir / CC BY 4.0 / Wikimedia Commons
Bien que subordonné au Guide suprême, Ali Khamenei exercera un pouvoir considérable par rapport aux présidents qui lui succéderont, ce qui s'explique par le fait que la révolution est encore très récente et que la guerre en Irak représente une menace existentielle pour le régime. Mais il reste toujours fidèle aux souhaits de l'ayatollah Khomeini. Il réussit également à établir avec les Gardiens de la révolution une relation étroite qui se prolongera bien au-delà de sa présidence.
En 1989, un choix surprenant pour le poste de Guide suprême
Rouhollah Khomeini meurt en juin 1989, sans successeur clairement identifié. Khomeini avait initialement considéré le grand ayatollah Hossein Ali Montazeri comme un dauphin potentiel. Cependant, Montazeri était devenu de plus en plus critique à l'égard de l'autorité du Guide suprême et des violations des droits humains dans le pays. Il a démissionné en 1988 puis a été assigné à résidence jusqu'à sa mort en 2009.
Ali Khamenei possède les qualifications politiques nécessaires pour occuper le poste. Il est également un fervent partisan du khomeinisme. Cependant, sa désignation au poste de Guide suprême par l'Assemblée des experts, un groupe de religieux islamiques, suscite une importante controverse. Certains érudits estiment en effet qu'il ne dispose pas du rang clérical de grand ayatollah, requis par la Constitution pour accéder à ce poste, et estiment que le peuple iranien ne respectera pas la parole d'un «simple être humain» sans lien spécifique avec Dieu.
Un référendum est organisé en juillet 1989 afin de modifier la Constitution et, notamment, de permettre la nomination d'un Guide suprême ayant démontré ses «connaissances islamiques» sans nécessairement avoir le rang de Marja (le poste clérical suprême dans le chiisme duodécimain). Il est adopté à une écrasante majorité et Ali Khamenei accède au poste de Guide suprême.
Pour autant, il ne jouit pas de la même popularité que Khomeini au sein de l'élite cléricale et du grand public. Les amendements constitutionnels adoptés lors du référendum lui donnent toutefois beaucoup plus de pouvoir pour intervenir dans les affaires politiques. En fait, Ali Khamenei disposera de bien plus de prérogatives en tant que Guide suprême que Khomeini n'en a jamais eu. Il lui revient notamment de définir les grandes orientations politiques, de nommer et de révoquer les membres du Conseil des gardiens et d'ordonner la tenue de référendums. Il dispose également d'un pouvoir suffisant pour faire taire relativement facilement toute contestation.
Consolidation du pouvoir au fil des décennies
En tant que Guide suprême, Ali Khamenei collabore à des degrés divers avec les présidents du pays et n'hésite jamais à utiliser les leviers à sa disposition pour saper des lois qui ne lui convenaient pas. Par exemple, il soutient largement le programme économique du président Hachemi Rafsandjani (1989-1997), mais s'oppose régulièrement à Mohammad Khatami (1997-2005) et à Hassan Rohani (2013-2021). Tous deux avaient tenté de réformer le système politique iranien et d'améliorer les relations avec l'Occident.
L'intervention la plus célèbre d'Ali Khamenei dans la politique intérieure a lieu après la fin du premier mandat du président Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013). Après qu'Ahmadinejad a revendiqué la victoire lors de l'élection présidentielle controversée de 2009, des milliers d'Iraniens descendent dans la rue: c'est l'un des plus grands mouvements de protestation depuis la révolution de 1979. Ali Khamenei entérine le résultat des élections et réprime sévèrement les manifestants. Des dizaines de personnes (peut-être davantage) sont tuées et des milliers d'autres sont arbitrairement arrêtées.
Plus tard, Ali Khamenei s'oppose à Mahmoud Ahmadinejad et l'avertit qu'il ne doit pas se présenter à nouveau à la présidence en 2017. Ahmadinejad lui désobéit, mais est finalement empêché de se présenter.
Après la mort dans un accident d'hélicoptère en mai 2024 du président Ebrahim Raïssi, partisan d'une ligne dure et élu en 2021, Ali Khamenei a continué de manœuvrer en coulisses. Le réformiste Massoud Pezechkian est élu à la présidence, mais Ali Khamenei l'empêche immédiatement de négocier avec les États-Unis au sujet de l'allègement des sanctions et utilise son influence pour contrecarrer son programme de réformes économiques.
Et lorsque de nouvelles manifestations éclatent fin 2025 en raison des difficultés économiques, Ali Khamenei ordonne une nouvelle fois –comme il l'avait fait en 2022 pour écraser le mouvement né à la suite de la mort de Mahsa Jîna Amini– leur répression par tous les moyens nécessaires.
Un héritage terni
Les pouvoirs qui lui étaient conférés par la Constitution ont également permis à Ali Khamenei d'exercer un contrôle extraordinaire sur la politique étrangère de l'Iran. À l'instar de son mentor, Rouhollah Khomeini, il a fermement soutenu la résistance du régime à «l'impérialisme occidental». Il fut également l'un des principaux architectes de la stratégie régionale de l'Iran, en finançant des groupes militants tels que le Hezbollah, le Hamas, les houthis et d'autres afin de mener à bien les objectifs militaires de Téhéran.
Ali Khamenei s'est parfois montré disposé à coopérer avec l'Occident, notamment en négociant avec les États-Unis au sujet du programme d'enrichissement nucléaire iranien.
Au cours du premier mandat de Donald Trump, cependant, Ali Khamenei est revenu à une position farouchement antioccidentale. Son gouvernement a dénoncé le rejet par le président républicain en 2018 de l'accord nucléaire de 2015, la réimposition de sanctions économiques sur le secteur énergétique iranien et l'assassinat en janvier 2020 du chef de la force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique, Qassem Soleimani.
Après le retour au pouvoir de Donald Trump en 2025, l'Iran s'est encore affaibli. Et la posture antioccidentale d'Ali Khamenei a commencé à paraître de plus en plus creuse. La défaite de l'Iran dans la «guerre des douze jours» contre Israël en 2025 a détruit le peu de légitimité qui restait à son régime.
Dans les mois qui ont suivi, Ali Khamenei a régné sur une population de plus en plus mécontente du système politique iranien et de ses dirigeants. Lors des manifestations de 2025-2026, certains ont ouvertement scandé des slogans appelant à sa mort.
Lorsque Rouhollah Khomeini est décédé en 1989, des millions de personnes ont assisté à ses funérailles nationales. Les personnes en deuil l'ont sorti de son cercueil et se sont précipitées pour récupérer des reliques sacrées. Bien qu'Ali Khamenei ait régné quatre fois plus longtemps que Khomeini, les Iraniens ne manifesteront probablement pas le même chagrin pour lui.
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Andrew Thomas est maître de conférences en études sur le Moyen-Orient et les relations internationales à l'université Deakin (Australie).

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.





























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