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Lévis Force 10, le parti de l’ex-maire Gilles Lehouillier, rejette toute responsabilité en lien avec les poursuites judiciaires intentées en raison du moratoire sur la construction à Lévis. Cependant, ses deux élus reconnaissent que « ce n’est pas une situation qu’il faut prendre à la légère ».
Pour le parti d’opposition à l’hôtel de ville, le rythme effréné du développement immobilier des dernières années a apporté plusieurs bienfaits à la municipalité.
On avait plein de beaux projets sur la table qui aidaient à développer la Ville. Il faut le voir comme ça, mentionnent Karine Lavertu, conseillère municipale du district Breakeyville, et Benoit Forget-Chiasson, conseiller du district Saint-Rédempteur.

Le Groupe CSB, promoteur derrière le projet de quartier résidentiel et commercial UMANO dans l’arrondissement de Desjardins, poursuit la Ville de Lévis pour 19,3 millions de dollars.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Bellemare
Les deux élus de Lévis Force 10 pensent plutôt qu’il faut revoir les façons de faire sans considérer le passé comme un échec.
Au contraire, c'est très bien comment la Ville s'est développée, mais là, on est peut-être rendu à un autre niveau. C'est le moment de réviser nos façons de faire, admet Karine Lavertu.
L’opportunité du moratoire
Les élus de Lévis Force 10 jugent que le moratoire sur la construction, imposé en novembre 2024, est une opportunité pour revoir les barèmes et mieux encadrer le développement immobilier sur le territoire lévisien.
En ce moment, c'est le moment idéal de revoir le schéma d'aménagement, le plan d'urbanisme de la Ville et les règlements de zonage, martèle le conseiller du district Saint-Rédempteur.
Les 31 millions de dollars demandés par les quatre promoteurs à la Ville de Lévis sont toutefois préoccupants pour Lévis Force 10, mais le parti d’opposition y met un bémol.
C’est inquiétant, mais il faut attendre la suite. Il ne faut pas voir ça comme une facture qui va nous arriver de façon certaine.
Dans l’attente de la suite
De son côté, le chef de Repensons Lévis, Serge Bonin, croit que Lévis Force 10 pourrait avoir à reconnaître sa responsabilité dans le dossier.
C'est sûr que les 12 dernières années étaient sous leur gouverne, affirme-t-il. Si les tribunaux tranchent et disent que la Ville est fautive, forcément que Lévis Force 10 aura une responsabilité à ce moment-là.

Serge Bonin, chef de Repensons Lévis, déplore que la Ville de Lévis n'ait pas respecté son schéma d'aménagement au cours des dernières années. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Serge Bonin espère que la Ville de Lévis a prévu le coup et a été en mesure de mettre de côté une cagnotte.
Des drapeaux, on en avait levé. Des inquiétudes, on en avait et on en a encore. Alors, on va attendre de voir la suite. C'est sûr qu'on va suivre ça de très près, rappelle celui qui siégeait à titre de conseiller municipal du district Saint-Étienne lors du précédent mandat.
Le temps qu’il faudra
Pour les deux partis d’opposition, une solution miracle pour la levée hâtive du moratoire est peu probable.
S'il y a des équipes ou des gens qui veulent lever le moratoire rapidement ou qui laissent entendre que le moratoire va se lever rapidement, c'est qu'ils remettent en question le travail qui a été fait par les ingénieurs jusqu'à maintenant, lance Benoit Forget-Chiasson.

Le maire de Lévis, Steven Blaney, devrait présenter un plan de « prévisibilité » basé sur des échéanciers de « worst case scenario » au cours des prochaines semaines, a-t-il affirmé. (Photo d'archives)
Photo : Collaboration spéciale Caroline Grégoire
Lévis Force 10 souhaite inclure les promoteurs à la table à dessin afin de les consulter sur leur vision du développement du territoire.
Repensons Lévis attend également de pied ferme le plan promis par le maire de Lévis, Steven Blaney.
La situation du moratoire n'est pas confortable. Est-ce que c'est possible de faire autrement à l'heure actuelle? Moi, j'ai encore des doutes, j'ai de sérieux doutes. Ce sera à M. Blaney de défendre ça, ajoute Serge Bonin.
De son côté, le cabinet de la mairie de Lévis a indiqué que les échéanciers et la prévisibilité promis, notamment aux promoteurs durant la campagne, seront présentés au mois de mars.


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