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Après avoir mis sur pied une « unité d’élite » pour trouver des solutions à l’itinérance en février dernier, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a annoncé mercredi comment seront dépensés près de 50 millions de dollars sur deux ans pour faire face à cette crise.
« On ne peut plus détourner le regard », a reconnu la mairesse en compagnie de Claude Pinard, président du comité exécutif de la Ville de Montréal, et du conseiller Benoit Langevin. Il ne s’agit pas d’investissements additionnels, mais bien de sommes qui avaient déjà été attribuées dans le budget municipal dévoilé en janvier dernier.
L’annonce se décline à travers « trois grandes actions concrètes », a dit la mairesse. La première est l’accélération de la capacité de la Ville et de ses partenaires à se coordonner. Elle veut assurer des interventions « rapides, cohérentes et mieux coordonnées sur le terrain ».
Deuxièmement, quelque 20 millions de dollars seront investis sur deux ans pour donner « davantage de moyens aux arrondissements confrontés à la pression de l’itinérance, notamment avec un nouveau programme d’intervention en itinérance et cohabitation sociale ». Selon Mme Martinez Ferrada, ce programme servira à faciliter les interventions dans les campements et à favoriser les communautés locales.
Enfin, 29 millions iront aux organismes communautaires de première ligne pour améliorer leur capacité de réponse et garantir une plus grande prévisibilité financière à leurs programmes.
« L’objectif est clair : c’est une collaboration optimale entre l’ensemble des acteurs », a déclaré Claude Pinard.
Plusieurs réactions
En point de presse après l’annonce, la cheffe de l’opposition officielle au conseil municipal, Ericka Alneus, a affirmé qu’« il est important de ne pas faire preuve de naïveté ». « Aujourd’hui, on nous a parlé d’une annonce de 30 millions. Ce sont 30 millions qu’on savait déjà. […] C’est de l’information qu’on attendait depuis des mois, s’est-elle désolée. On se croisait les doigts pour avoir plus de ressources, parce que la mise en application de ce protocole va demander des ressources supplémentaires. »
La cheffe intérimaire de Projet Montréal a tout de même reconnu qu’il s’agissait d’un geste important posé par l’administration Martinez Ferrada.
Plusieurs organismes communautaires de première ligne étaient aussi présents lors de l’annonce, comme L’Anonyme et le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).
Julien Montreuil, directeur de L’Anonyme, a souligné l’importance des efforts concertés de Montréal, Québec et Ottawa pour faire face à la crise. « On doit offrir aux personnes des possibilités de se loger, à court, moyen et long terme », a-t-il affirmé. Sur la question de l’important campement le long de la rue Notre-Dame à Montréal, il a fait savoir qu’il « appréhende beaucoup son augmentation, et qu’il va falloir qu’il y ait d’autres ressources si on veut avoir des résultats plus concrets ».
« Ce qu’il reste à faire, c’est fermer le robinet de l’itinérance, » a quant à lui expliqué Jérémie Lamarche, organisateur communautaire au RAPSIM. Bien qu’il accueille favorablement l’augmentation des ressources sur le terrain, il croit que l’accent doit être mis sur une voie de sortie durable de l’itinérance pour éviter de « refaire année après année des cellules de crises ».
Appel à Québec
En mars, la mairesse avait affirmé que Montréal avait « besoin d’aide » dans sa lutte contre l’itinérance. Ébranlée par le décès successif de deux personnes itinérantes, elle avait lancé un appel à la mobilisation de tous les ordres de gouvernement pour venir à bout de cette « crise humanitaire ».
Lors de la conférence de presse de mercredi, Soraya Martinez Ferrada a réitéré son appel au gouvernement québécois. « Ce n’est pas parce que Montréal met de l’argent, 30 millions par année, 120 millions sur quatre, [que] je m’attends à ce que Québec vienne ne plus mettre d’argent. C’est pas parce qu’on en met qu’il faut que Québec se retire. »
Lors de la campagne électorale municipale de l’automne 2025, Mme Martinez Ferrada avait fait de l’itinérance son cheval de bataille et avait promis de hausser le financement pour en venir à bout.


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