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Itinérance, infrastructure et sécurité : la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a dévoilé mercredi les priorités de la métropole à la veille du déclenchement de la campagne électorale. Elle appelle le prochain gouvernement à développer un « réflexe » visant à impliquer la Ville dans les décisions qui la concernent.
La première magistrate exige un chapitre Montréal dans toutes les politiques gouvernementales qui ont une incidence sur la région métropolitaine, compte tenu de son poids à l’échelle du Québec – 55 % du PIB québécois – et de son large éventail de responsabilités, souligne-t-elle.
Montréal est attractive; c’est l’une des grandes villes qui sont reconnues pour leur qualité de vie, et elle a été nommée meilleure ville universitaire au Canada, a rappelé Mme Martinez Ferrada. Toutefois, trois grandes crises fragilisent cette force, a fait valoir la mairesse : une crise humaine, d'infrastructures et de sécurité.
Ces crises pèsent sur les finances publiques, ce qui constitue une injustice pour les contribuables du Montréal métropolitain, selon Mme Martinez Ferrada.
C'est n'est pas normal que les contribuables montréalais doivent compenser chaque fois que les ressources ne sont pas au rendez-vous.
Crise humaine
La première crise qui plombe Montréal en est une qui est multiple : itinérance, logement, santé mentale et toxicomanie.
À l'approche de l'hiver, c'est pas normal qu'on doive attendre après Québec pour savoir si on pourra sécuriser les places en hébergement, a laissé tomber la mairesse.

Une personne en situation d'itinérance dans un campement de la rue Notre-Dame, à Montréal, le 10 février 2026
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
L’itinérance compte parmi les priorités de Mme Martinez Ferrada depuis son élection à la tête de la Ville l’automne dernier. Les enjeux de cohabitation à Montréal ont aussi fait les manchettes à de nombreuses reprises dans les dernières années.
L’édile réclame que Québec en fasse plus en matière de santé publique, une responsabilité provinciale.
Montréal va s'occuper de la brique puis du mortier; Québec doit s'occuper de l'accompagnement psychosocial.
Elle a indiqué que des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont appelés à injecter de la naloxone – un médicament d’urgence pour éviter une surdose d'opioïde – parfois jusqu’à 10 fois par soirée. Ce n'est pas leur rôle de faire ça, rappelle-t-elle.
Demandes clés en itinérance et logement :
- 3200 places en hébergement d’urgence, ouvertes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et financées de façon récurrente, dont 500 places saisonnières;
- Trois centres d’urgence spécialisés en santé mentale et en dépendance d’ici l’été 2027;
- 2000 logements de transition avec accompagnement pour permettre une sortie durable de l’itinérance;
- 45 % des enveloppes des programmes d’habitation du Québec, afin de refléter l’ampleur des besoins dans la métropole.
Infrastructures et mobilité
L’entretien des infrastructures pèse lourdement sur les finances des municipalités, qui doivent présenter des budgets équilibrés.
À ce chapitre, Mme Martinez Ferrada affirme que les municipalités gèrent 60 % des infrastructures publiques du Québec, avec seulement 8 % des revenus fiscaux.
Montréal a besoin d'un financement stable, prévisible, exige-t-elle. Donnez-nous l'argent, travaillez avec nous, laissez-nous choisir; on va avancer plus rapidement.
Au sujet de la mobilité, la mairesse a souligné que le déficit d'entretien de la Société de transport de Montréal (STM) dans les prochaines années est de 7 milliards de dollars. Si on ne fait rien d'ici 2030, il va être de 9 milliards, avise-t-elle.

Précisément 35 des 68 stations du métro de Montréal sont dorénavant considérées comme étant en mauvais ou en très mauvais état, selon le dernier Plan annuel de gestion des investissements publics en infrastructures.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Aussi, la mairesse a une fois de plus appelé à la construction d’un REM dans l’Est et revendiqué une place à la table de planification. Elle a aussi répété que Montréal devrait garder le tunnelier Lisette après la fin du chantier de la ligne bleue pour le réutiliser dans des projets de transport collectif.
Demandes clés en infrastructures et mobilité :
- Soutien adéquat aux projets majeurs de maintien et de développement d’actifs en eau potable et eaux usées ainsi qu’en résilience climatique (p. ex. : inondations);
- Financement durable du transport collectif et de la modernisation des actifs de la STM;
- Soutien au développement de projets structurants de transport collectif : projet structurant de l’Est; prolongement de la ligne orange du métro à l’ouest; liaison du Grand-Sud-Ouest.
Sécurité
Le sentiment de sécurité des Montréalais s’effrite devant le crime organisé ou encore la visibilité de l’itinérance et de la détresse sociale, note la mairesse, qui souhaite aussi obtenir des engagements des chefs en ce sens.

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La mairesse de Montréal en entrevue avec Patrice Roy.
Afin d’assurer une sécurité 24/7 policière des secteurs qui ont un grand besoin, comme la friche Notre-Dame, le quartier Saint-Rémi, le Village ou le centre-ville, la mairesse réclame de Québec la reconduction d’une entente de financement en sécurité publique.
Montréal a annoncé la semaine dernière doter ses policiers de caméras d’intervention pour renforcer le sentiment de sécurité de la population. Mme Martinez Ferrada demande que le prochain gouvernement s’engage à garantir des budgets associés au déploiement du projet et au stockage des enregistrements.

Un policier de Toronto portant une caméra d'intervention. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Elle demande aussi plus de moyens en cybersécurité pour protéger les jeunes Montréalais qui sont recrutés par le crime organisé sur les réseaux sociaux.
Demandes clés en sécurité :
- Reconduire les ententes de financement en sécurité publique, notamment visant l’embauche de 225 policiers par année;
- Prévoir un financement spécifique pour soutenir le déploiement des caméras corporelles;
- Renouveler les financements en prévention de la violence chez les jeunes.
L'opposition veut une enquête sur le PDQ 39
Par ailleurs, Projet Montréal a aussi formulé une demande aux chefs de parti, dans la foulée de la suspension d'un quatrième policier du poste de quartier 39 dans Montréal-Nord dans le cadre d'une enquête interne sur les actes à caractère raciste.
La cheffe de l'opposition officielle, Ericka Alneus, réclame une enquête publique indépendante et la tenue d’un moratoire sur les interpellations policières.
Il importe aussi de souligner le courage des policiers qui ont dénoncé les dérapages allégués au poste de quartier 39, a-t-elle déclaré. Toutefois, il faut que des actes concrets soient posés pour rebâtir la confiance du public.


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