Dans une lettre transmise notamment à BFMTV, l’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev revient pour la première fois sur l’attaque à la bombe qui l’a visé fin juin à Monaco. Grièvement blessé avec sa compagne et son fils, il affirme que les auteurs présumés avaient pour objectif de les tuer tous les trois.

La rédaction - Aujourd'hui à 18:00 - Temps de lecture :

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Près de trois semaines après l’explosion qui a touché l'oligarque ukrainien Vadim Ermolaev et sa famille, celui-ci a pris la parole pour la première fois. L’homme d’affaires, visé par une attaque à l’explosif dans le hall de son immeuble à Monaco le 29 juin dernier, a livré son récit dans une lettre transmise notamment à BFM TV et adressée au prince Albert II de Monaco. « Notre survie relève du miracle », assure-t-il. L’explosion, survenue fin juin dans la principauté, avait provoqué de graves blessures à la famille.

« Leur objectif était de nous tuer tous les trois », affirme-t-il. Selon l’oligarque, l’attaque n’aurait pas seulement ciblé sa personne, mais sa famille présente au moment des faits : sa compagne, qui a perdu ses deux jambes, et leur fils de 13 ans, encore sous surveillance médicale. « Aujourd'hui, ma famille se bat pour se reconstruire. […] Pour ma part, je commence seulement à prendre la mesure de mon état et de ce qui s'est passé. »

Dans sa lettre, Vadim Ermolaev décrit une attaque préparée et destinée, selon lui, à provoquer la mort de ses proches. « Ce n'était pas un avertissement. C'était une tentative de meurtre », écrit-il.

La principale suspecte retrouvée morte

Dans son témoignage, l’homme d’affaires accuse des membres du renseignement militaire ukrainien, le GUR, d’être impliqués dans cette tentative d’assassinat présumée. Ces accusations n’ont toutefois pas été confirmées par les autorités et restent au cœur des investigations en cours. L’enquête, menée par les autorités monégasques avec l’appui de partenaires internationaux, doit encore établir les circonstances exactes de l’attaque, son mobile et l’identité des éventuels commanditaires.

Anastasiia Berezovska, la ressortissante ukrainienne de 39 ans soupçonnée d'avoir mené cette tentative d'assassinat, a été retrouvée morte en Ukraine avec « des blessures par balle à la tête » quelques jours après l’attaque. Selon Ukraïnska Pravda, les deux suspects seraient un officier en activité de la direction principale du renseignement (HUR), service secret dépendant du ministère de la Défense, et un ancien agent des forces de l’ordre.

Des enjeux dépassant les frontières monégasques

Au-delà de la violence de l’attaque, l’affaire attire l’attention en raison du profil de la victime et de ses possibles ramifications internationales. Installé à Monaco, Vadim Ermolaev est un entrepreneur ukrainien dont le parcours et les activités passées alimentent plusieurs pistes examinées par les enquêteurs. Il fait l'objet depuis décembre 2023 de sanctions en Ukraine pour ses activités commerciales en Crimée, annexée par la Russie.

Pour l’heure, aucune responsabilité définitive n’a été établie. Les autorités monégasques poursuivent leurs investigations afin de faire la lumière sur une affaire qui reste exceptionnelle dans la Principauté.

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