NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Zélie, Clémence et Tiphaine ne se connaissent pas, mais elles partagent toutes un point commun : leur parcoprésie, cette gêne intense d'aller aux toilettes hors de chez elles.
Sur le même thèmePsychoTémoignageVacances scolairesArticle réservé aux abonnés S'abonner

Par Alexandra Segond Publié le 19 juil. 2026 à 20h46
Parmi les indispensables que l’on glisse dans sa valise pour les vacances, il y a les livres pour les grands lecteurs, les affaires de sport pour les puristes de Strava, la crème solaire et les lunettes de soleil obligatoires… Mais pour Tiphaine, pas question de partir sans sa boîte de Smecta et ses laxatifs.
L’image peut prêter à sourire, pourtant, pour la jeune femme, c’est non négociable. Pour cause : quand il s’agit d’aller aux toilettes hors de chez elle, tout se bloque, dans la tête comme dans le corps. « Mon record ? Sept jours sans faire caca. C’était l’année dernière, en vacances avec mon copain. Notre relation était encore toute récente. J’étais énorme, avec un ventre tellement enflé… mais impossible de lâcher prise », confie Tiphaine auprès d’actu.fr.
Un phénomène socio-psychologique
Cette gêne extrême d’aller à la selle, au point que ça en devienne impossible, porte le surnom (un peu discriminant, il faut le dire) de « syndrome de la princesse ». En langage plus scientifique, on parle de « parcoprésie ». Outre-Manche et outre-Atlantique, on parle aussi de poopshaming (littéralement, « la honte de faire caca »).
Si l’on fait référence à la « princesse » en français, c’est parce que ce phénomène socio-psychologique touche principalement les femmes. Selon une enquête Ifop pour Diogène France, elles sont ainsi près de deux sur trois (61 %) à être ou avoir été gênées si elles doivent aller à la selle dans un lieu public, contre 47 % des hommes.
Ces chiffres sont quasiment similaires sur le lieu de travail ou chez des amis. « Même à leur domicile, plus de la moitié des femmes (51 %) se disent gênées quand des personnes se situent à proximité des WC », appuie cette étude réalisée en 2021.
En vacances, la gêne peut se muer en véritable angoisse et pourrir la vie des personnes concernées, tant physiquement que psychologiquement. Sans parler des risques pour la santé.
« C’était l’enfer »
Pour Zélie, ce « syndrome de la princesse » remonte à l’enfance. « J’ai des souvenirs de vacances en famille toute petite où j’avais déjà des troubles digestifs pénibles, genre mal au ventre parce que constipée, incapable d’aller aux toilettes. J’ai fait du scoutisme aussi un temps, ou des colonies de vacances, c’était l’enfer », raconte la trentenaire à actu.fr.
Un « enfer » tant physique (nausées, ballonnements, constipation, manque d’appétit progressif, etc.) que psychologique. « Ne pas aller aux toilettes, ça vire à l’obsession. Juste avant de partir, il y a presque l’émotion du ’dernier passage’ avant longtemps. Et une fois sur place, tu y penses toute la journée », illustre Zélie.
Même son de cloche pour Clémence, qui part toujours en vacances avec sa trousse à pharmacie. « J’ai toujours été super gênée d’aller aux toilettes. Même quand ça devient insoutenable et que je m’y précipite, ça bloque d’un coup », évoque la jeune femme auprès d’actu.fr.
Elle nous raconte une semaine de vacances avec des amis vers ses 20 ans, pas mal de garçons dans le groupe « super libérés sur le sujet, limite à partir avec le rouleau de papier toilette sous le bras pour rigoler ». Pour elle, en revanche, impossible à envisager : « J’attendais le soir, je calculais jusqu’à quand je pouvais me retenir, quel type de repas je pouvais prendre sans trop m’alourdir… C’est en permanence dans un coin de ta tête ».
Je ne dirais pas que ça gâche mes vacances, mais c'est certain que je ne suis pas du tout détendue et que ça me pèse énormément. J'ai toujours peur que quelqu'un m'entende, d'entendre des personnes dans les pièces à côté, de prendre trop de temps DONC que l'on se doute que je fais caca, que je sorte des toilettes au moment où quelqu'un rentre, qu'il reste des odeurs… Je sais que c'est dans la tête mais je ne peux pas m'en empêcher.
« Ne pas passer à côté de l’alarme »
Forcément, à un moment, la situation passe d’inconfortable à insoutenable. « Tu te sens lourde, tu es ballonnée, nauséeuse… Tu ne te sens pas bien physiquement et en plus, c’est visible selon comment tu t’habilles, alors sortir le maillot ou la jolie robe quand ça fait plusieurs jours que tu es constipée, merci bien ! », grince Tiphaine.
Avec les années, elle a développé des techniques pour ramollir ses intestins : « manger des pruneaux à jeun le matin, boire du café, boire de l’eau type Hépar, marcher pas mal, s’étirer pour tendre le ventre ou encore le masser ». Autant que possible, elle surélève aussi les pieds une fois sur le trône – « c’est maintenant la première chose que je repère dans mon logement de vacances », nous assure-t-elle.
Et surtout, ne pas passer à côté de "l'alarme". Alors oui, ce n'est pas très classe quand tu es avec du monde, mais dès que je sens que ça se débloque enfin, je fonce. Je m'arrête dans un café ou un bar, je repère des toilettes publiques ou un centre commercial. Ce sont des moments tellement rares que je me force à écouter mon corps pour ne pas passer à côté - et empirer mon cas.
Déconstiper ou rester constipé, le cercle vicieux
C’est justement ce cercle vicieux qui rend la parcoprésie d’autant plus difficile à gérer pour Clémence : « Tu n’as pas d’appétit, le ventre très gonflé et très douloureux, tu es constipée… mais plus le temps passe, plus tu t’empêches aussi de manger des choses qui pourraient te déconstiper car ça pourrait t’inciter à aller aux toilettes… et c’est l’angoisse ! Ça peut arriver n’importe quand ».
Zélie nous confie une anecdote peu ragoutante à ce sujet. « Des vacances en famille il y a quelques années où, après une dispute avec ma mère, on est allés boire un verre avec mes frères pour souffler un peu et prendre l’air », reprend la trentenaire.
Je ne sais pas si c'est l'alcool, le stress... En tout cas, le lendemain matin, passage en urgence aux toilettes et je me suis vidée d'une semaine entière de selles qui restaient bloquées. J'en ai bouché les toilettes ! J'ai eu tellement, mais tellement honte... et encore, j'étais en famille, dans un appartement familial. Si j'avais été avec d'autres personnes, au travail ou à l'étranger... Rien que d'y penser, j'ai une boule au ventre !
« J’en étais à sucer des glaçons »
À l’inverse, il est aussi arrivé que le « syndrome de la princesse » de Zélie prenne tellement d’ampleur que, contrairement à Clémence, elle était prête à tout pour se vider « par peur qu’il m’arrive quelque chose de plus grave ensuite, comme une occlusion intestinale ». La question se posait notamment quand même les laxatifs ne faisaient rien « et où j’ai envisagé des lavements intestinaux sur place ».
Il y a des années, lors d'un séjour au Liban, tout le monde est tombé malade et enchaînait les diarrhées et moi, rien ! Alors que limite, je n'attendais que ça ! J'en étais à sucer des glaçons, manger des fruits crus lavés à l'eau... mais rien, rien, rien. C'était complètement verrouillé.
Une expérience « d’autant plus frustrante » que chaque retour de vacances sera accueilli comme une délivrance par son système digestif. « Je sais très bien qu’à l’instant où je vais passer le seuil de ma porte, ça va être immédiat », poursuit Zélie.
Même en train ou en voiture, quand je suis à une heure de chez moi, mon ventre gargouille d'un coup et je sens que ça se débloque.
Occlusion intestinale, nécrose, infection…
Si pour l’instant rien n’est arrivé de grave aux trois femmes, elles restent parfaitement conscientes que plus qu’une gêne ou un inconfort, la parcoprésie peut aussi avoir des conséquences dramatiques.
Parmi les copines de Zélie, l’une d’elles a été hospitalisée en urgence au retour de ses vacances, pour subir un lavement intestinal, après des jours et des jours sans déféquer. Le risque d’un blocage partiel ou total de l’intestin, à terme, est d’entraîner une occlusion intestinale.
Les quatre symptômes d'une occlusion intestinale
Vous pensez souffrir d'une occlusion intestinale ? Le site de la Société nationale française de gastro-entérologie(SNFGE) rappelle que quatre signes cliniques sont à repérer dans ce cas :
– Douleurs abdominales "brutales et intenses" ;
– Arrêt du transit ;
– Gaz, nausées ou vomissements ;
– Météorisme (ballonnement excessif) abdominal.
"Une tachycardie et de la fièvre peuvent être présentes et, plus rarement, une altération de l’état général avec des signes de déshydratation", ajoute la SNFGE. Au moindre doute, contactez votre médecin traitant : une occlusion peut avoir des conséquences très dangereuses.
En plus d’être très douloureuse, l’occlusion intestinale peut dégénérer si elle n’est pas traitée à temps, entraînant la nécrose d’une partie de l’intestin. « Une perforation de l’intestin peut s’ensuivre et provoquer une péritonite, menant à des infections graves, voire au décès », résume le site spécialisé PasseportSanté.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.


3 month_ago
149



























.jpg)






French (CA)