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«Mon but n’était pas de durer mais de gagner» : Jonathan explique ses choix inattendus dans «Koh-Lanta»

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ENTRETIEN – Le stratège parisien de 36 ans a été pris de court par la réunification des tribus et la mécanique de choix des ambassadeurs alors qu’il venait tout juste de changer d’équipe. Éliminé, il est le premier membre du jury final.

Aux Philippines, Jonathan a joué sa saison de « Koh-Lanta »  comme un immense tournoi de poker. Autour d’une table comme face à lui sur le sable brûlant de la péninsule de Caramoan, le Parisien de 36 ans a dû apprendre à jauger ses adversaires et composer en fonction des cartes qu’il avait entre les mains. S’il était impossible de préméditer l’issue de son aventure, le responsable risque paris en ligne est resté fidèle à son objectif : aller en table finale et gagner les 100.000 euros. Sinon rien.

Cet état d’esprit l’a conduit à aborder chaque jour comme une partie de cartes. Son attitude sur le camp comme dans les épreuves et ses décisions étaient aussi calculées que le nombre de jetons misés au poker. Au soir du seizième jour, Jonathan a joué son va-tout en acceptant d’être sorti au conseil de son équipe des Jaunes pour se frotter au hasard de l’antre du destin. Avec une chance sur trois, il est parvenu à être repêché et à se rendre dans la tribu adverse avec un collier d’immunité.

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Mais dès le lendemain, Denis Brogniart a annoncé la réunification, sans lui laisser le temps de bluffer ses nouveaux partenaires. Peu considéré chez les Lahoy comme chez les Kalao, son sacrifice décidé par les ambassadeurs ne l’a pas surpris.

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LE FIGARO. – En grand amateur de jeux de stratégie, comment avez-vous envisagé votre participation à « Koh-Lanta » ? 
Jonathan. - Avant de partir, j’avais revu les anciennes saisons où les stratèges avaient été éliminés dès le premier conseil pour voir les choses qu’il fallait absolument éviter de faire. Je me suis donc bien gardé de dire aux autres candidats que j’étais un joueur de poker. Je savais que les épreuves résolument sportives allaient être compliquées pour moi mais je ne pensais pas que l’écart de niveau serait aussi important. J’appréhendais le domaine de la survie également mais j’ai su m’adapter en improvisant ce rôle de protecteur du feu. J’ai vite compris qu’il fallait que je trouve des solutions pour m’en sortir. Être ni trop fort, ni trop faible…

Comme une partie de poker, une saison de « Koh-Lanta » est faite de performance, de réflexion mais aussi de chance et d’imprévu… 
Dès le moment où j’ai été sélectionné en tant que dernier garçon de mon équipe, j’ai compris que ça allait être très compliqué. J’étais dans le fond de la classe en quelque sorte. Sur le papier, il y avait juste Nora qui pouvait être moins bien considérée que moi. Clémence aurait pu mieux s’en sortir mais sa nature trop bavarde et conquérante lui a joué des tours. Dès l’instant où elles étaient éliminées, je savais que j’étais la prochaine cible. J’ai eu la chance d’être dans une équipe performante. Et j’ai eu la chance de tirer moi-même la bonne relique pour continuer l’aventure.

Sur l’épreuve d’introduction des piloris, vous aviez pourtant tenu plus d’une heure et faisiez partie des plus performants… 
Il y a peut-être eu des préjugés. Quand on voit Ulrich, Guillaume et tous les autres garçons, je paraissais plus gringalet. Je connaissais bien cette épreuve des piloris, j’avais souvenir de Jade et de Grégoire il y a quelques années. Je savais que si on se courbait de côté par rapport au poteau, on pouvait tenir très longtemps. Mais dès qu’il a fallu se mettre dos au poteau, c’était intenable. Nora est tombée au bout de quelques minutes et n’a jamais pu se défaire de l’image de cette contre-performance.

« La réunification est arrivée trop vite »

Jonathan, candidat de « Koh-Lanta, les reliques du destin »

Comment avez-vous envisagé votre avenir dans le jeu en voyant votre nom sortir à chaque conseil ? 
J’ai immédiatement compris que ça allait être compliqué. J’étais la cible des filles parce que physiquement, j’étais en dessous des autres. J’entends beaucoup parler de misogynie au sujet de notre saison parce que les filles se font éliminer par les garçons. Mais l’histoire de « Koh-Lanta » a maintes fois montré des situations inverses. Dès qu’une majorité se dégage d’un côté ou de l’autre, les alliances se font souvent ainsi. C’est une stratégie classique dans l’émission et je n’ai pas manqué d’en parler aux autres garçons avant notre premier conseil.

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Lors du conseil du 16e jour, vous avez fait l’unanimité contre vous. Était-ce votre souhait pour maintenir l’unité de l’équipe et tenter l’antre du destin ? 
J’ai rapidement su que Guillaume et Hugo n’allaient pas me sauver. Je ne suis pas allé voir chaque candidat pour dire de voter contre moi. Mais j’étais d’accord pour aller dans l’antre du destin où j’avais une chance sur trois d’être repêché dans l’autre équipe. Dans la journée, je m’étais dit que je prendrai la poterie du milieu et c’est ce que j’ai fait sans hésiter. Quand je lance des dés, je ne passe pas 30 secondes à les secouer dans mes mains, ça ne sert à rien.

Malheureusement, la réunification a été annoncée le jour même de votre arrivée dans l’équipe des Rouges… 
C’est arrivé trop vite et l’espoir est vite retombé. Ce qui m’a achevé, c’est lorsque Denis Brogniart a annoncé que chaque équipe allait choisir son propre duo d’ambassadeurs. Je savais que les Rouges n’allaient pas m’accorder cette confiance.

« Accepter la proposition des Rouges me condamnait à une défaite »

Jonathan, candidat de « Koh-Lanta, les reliques du destin »

Pourquoi ne pas avoir accepté leur proposition de sauver votre place le plus longtemps possible en échange de votre collier d’immunité ? 
Parce que mon but dans « Koh-Lanta » n’était pas de durer mais de gagner. Si j’avais accepté l’offre des Rouges, je trahissais les Jaunes et aucun d’entre eux n’aurait voté pour moi au conseil final si j’allais au bout. Cela me condamnait à une défaite. En plus de cela, je n’avais aucune certitude que les Rouges tiendraient parole. Je me doutais que les ambassadeurs des Jaunes n’iraient pas à la boule noire pour moi mais j’ai préféré cette option qui me laissait quelques pourcents de chance de victoire finale si je n’étais pas éliminé.

Vous avez également fait le choix de ne pas céder votre collier d’immunité … 
Je n’ai pas voulu le donner pour montrer que j’étais déçu qu’ils ne se soient pas battus plus que ça pour moi. Paul en fait les frais parce que si j’avais dû le céder à quelqu’un, cela aurait été pour lui. Si les ambassadeurs jaunes m’avaient protégé, j’aurais fait profiter de ce collier au candidat le plus en danger de notre camp au premier conseil de la réunification.

Ulrich a déclaré qu’il n’avait pas voulu risquer la boule noire pour des gens qu’il connaît depuis deux semaines alors que cela fait des années qu’il rêve de participer à « Koh-Lanta »… 
Je comprends son point de vue et je le savais, nous en avions parlé. Nous n’avions pas du tout la même approche en termes de probabilité. Pour la plupart, aller à la boule, c’est impensable. Alors que pour moi, avoir 75% de chance de s’en sortir, c’est énorme. En temps normal dans « Koh-Lanta », c’est une chance sur deux et j’y serais allé. Mais avec trois chances sur quatre, je n’aurais jamais sacrifié un jaune. Je sais que j’ai une approche très cartésienne et mathématique, alors qu’eux sont davantage dans les émotions et redoutaient cette boule. J’ai pris le risque de rester jaune de cœur jusqu’au bout et ça n’a pas payé. C’est le jeu.

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Allez-vous retourner à Las Vegas pour participer, comme Moundir  notamment, au World Series of Poker ? 
Évidemment ! Je ne connais pas encore la date exacte de la finale de « Koh-Lanta », j’ai estimé que ce serait le 9 juin et j’ai déjà mon billet d’avion pour le 10 juin. Je compte rester trois semaines à Las Vegas. J’ai déjà eu l’occasion de croiser Moundir dans le cadre de mon travail, nous nous connaissons de vue.

Le portrait de Jonathan dans « Koh-Lanta, les reliques du destin » Capture écran TF1
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