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Mobilité Infra Québec, la «petite» agence aux grandes ambitions

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L’ambition en matière de transport collectif ne manque pas chez Mobilité Infra Québec (MIQ). Au moment où la jeune agence promise à « révolutionner » les grands chantiers de mobilité trouve son erre d’aller, les moyens de concrétiser ses volontés, toutefois, demeurent entre les mains d’un gouvernement qui gratte les fonds de tiroir.

« Moi, le transport collectif, j’y crois », lance la présidente-directrice générale de MIQ, Renée Amilcar. Sa feuille de route en témoigne : après près de 20 ans à la Société de transport de Montréal, un passage à la direction générale d’OC Transpo à Ottawa suivi d’un autre à la présidence de l’Union internationale des transports publics, la voici à la barre de Mobilité Infra Québec, l’agence que l’ancienne ministre des Transports, Geneviève Guilbault, vantait comme une « révolution » à venir.

Aux commandes de MIQ, elle aura accès à une « expertise de pointe » pour analyser les plus importants chantiers de transport au Québec et formuler ses recommandations au gouvernement. À terme, espère-t-elle, ce dernier demandera à son agence d’élaborer « la vision pour l’ensemble du Québec » en matière de transport collectif.

« C’est mon ambition », souligne-t-elle. À défaut, l’agence entend jouer « un rôle d’influence » auprès du ministre des Transports pour le convaincre qu’« une vision pour la province de Québec dans son ensemble, ça amène de la prévisibilité et la prévisibilité amène des investisseurs ».

« Nous devons arrêter de faire des études, puis de les mettre dans des tiroirs jusqu’à ce que nous les recommencions encore et encore et encore, souligne Renée Amilcar. La prévisibilité et une vision à long terme, ça fait en sorte que les coûts vont être moindres parce qu’un consortium pourra venir au Québec pour réaliser plus qu’un projet. »

Le financement, « l’éléphant dans la pièce »

Présentement, la nouvelle agence planche à trouver de nouvelles sources de financement pour donner au Québec les moyens de réaliser des chantiers de transport souvent chiffrés en milliards. « L’éléphant dans la pièce, c’est le financement, indique la p.-d.g. Présentement, nous travaillons sur des hypothèses pour aller chercher des investisseurs de manière à ce que nous puissions concrétiser tous les projets que nous avons en tête ou dans nos carnets. »

Fervente partisane du transport collectif, la p.-d.g. de Mobilité Infra Québec caresse des aspirations de haute volée pour une agence qui doit encore, de son aveu même, « faire ses preuves ».

« Mobilité Infra Québec, c’est une jeune agence, explique Mme Amilcar en entrevue avec Le Devoir. Il faut quand même prendre notre place dans l’écosystème. » Le gouvernement a confié, jusqu’à maintenant, deux mandats à la nouvelle entité. L’analyse et « l’optimisation » de TramGo, le tramway de Gatineau, et, depuis mardi, la maîtrise d’ouvrage de la première phase de TramCité, le tramway de Québec.

Un troisième mandat est « en cours d’écriture » sur une ligne de transport pour l’est de Montréal, explique Mme Amilcar, qui se dit convaincue que ce secteur « requiert assurément un projet structurant ».

À la barre de TramCité, MIQ deviendra la gardienne de l’échéancier — 2033 — et du budget de 7,6 milliards associés à la réalisation du tramway. « Pour moi, une ville comme Québec mérite un beau projet, assure la p.-d.g. Ça va attirer du monde, ça va attirer des investisseurs. Les gens vont être fiers de leur tramway » même si la phase de travaux qui s’amorce, concède-t-elle, « fait mal un peu ».

« Le syndrome “pas dans ma cour”, c’est toujours présent », explique Renée Amilcar, bien au fait de la grogne encore vive à l’égard du réseau structurant défendu par la Ville depuis 2018. Nous l’avons vu avec le REM à Montréal : les gens n’en voulaient pas, puis maintenant, tout le monde voit les bienfaits d’un bon système comme ça. »

Une agence toujours en recrutement

MIQ dispose présentement d’environ neuf millions de dollars pour accomplir son rôle d’« analyse, de planification et de réalisation » des chantiers de transport qui tombent dans son giron.

« Au fur et à mesure que les projets vont rentrer, nous allons devoir grossir et avoir un petit peu plus de ressources, explique Mme Amilcar. Nous aurons besoin de bras. »

MIQ poursuit d’ailleurs sa période de recrutement : 22 personnes, dont la moitié provient de l’appareil public, garnissent présentement les rangs de l’agence. Sa p.-d.g. espère en attirer un total de 30 « d’ici les six prochains mois ». Rien ne presse, assure-t-elle, puisque MIQ « veut attirer vraiment les bonnes personnes ».

L’objectif de l’agence est de concentrer au sein de l’État une expertise de pointe en matière d’infrastructures de transport. MIQ, dans la vision de sa présidente et directrice générale, n’aura jamais l’allure d’une « grosse industrie ». Au contraire, promet-elle : la qualité primera sur la quantité.

« Nous voulons vraiment garder Mobilité Infra Québec de petite taille et c’est voulu, explique Renée Amilcar. Nous ne voulons pas multiplier toute la bureaucratie et ainsi de suite. C’est pour ça que le fait d’avoir les bons experts avec l’expérience et l’expertise, ça facilite la donne. »

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