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Mobilisations dans les lycées : ce débat a montré l’ampleur des désaccords entre le gouvernement et LFI

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Dimanche, sur France 2, Manuel Bompard et Édouard Geffray se sont nettement opposés autour des réponses à apporter à la contestation lycéenne.

Manuel Bompard et Édouard Geffray sur France 2 dimanche.

Manuel Bompard et Édouard Geffray sur France 2 dimanche.

Ils ne sont à peu près d’accord sur rien et ont accepté de débattre en direct. Dimanche, à la mi-journée, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray et le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard se sont affrontés dans Franc-Jeu, diffusée sur France 2 et France Inter. En pleine mobilisation lycéenne, et à quarante-huit heures d’une journée qui pourrait virer au noir, cet échange était très attendu.

Ces derniers jours, le gouvernement et La France insoumise se sont mutuellement reprochés d’être à l’origine de la colère. Le premier étant accusé d’avoir fait subir des années d’incurie aux établissements scolaires (professeurs non remplacés, locaux défectueux, classes surchargées…), quand il est reproché au mouvement de Jean-Luc Mélenchon d’avoir soufflé sur les braises en encourageant les blocus et autres blocages, au point de ne pas suffisamment appeler au calme.

Une virulente passe d’armes a opposé Sébastien Lecornu au candidat insoumis à la présidentielle ces derniers jours. Celle-ci s’est prolongée sur le plateau de France 2 et de France Inter. « S’il y a quelqu’un qui est responsable, c’est vous », a lancé Manuel Bompard au ministre de l’Éducation nationale, convaincu que « cette situation est la conséquence de dix ans de politique macroniste ». « Je pense qu’il y a une responsabilité de pourrissement, d’escalade, qui, malheureusement, s’est traduite par des scènes de tension », a-t-il affirmé avant d’appeler à la poursuite de la mobilisation « dans le calme, de manière pacifique, car c’est la condition du succès de ces revendications ».

À l’inverse, dans le prolongement de ce qu’a eu l’occasion de dire le Premier ministre, Édouard Geffray estime que « le mouvement a été volé par des gens violents ». Selon lui, « des militants d’ultra-gauche ont infiltré le mouvement » et ont « dépossédé les lycéens » de leur mobilisation. Il a aussi regretté le chiffre colossal de 24 établissements « incendiés ou saccagés », chiffrant « à plusieurs dizaines de millions d’euros » le coût des réparations. Le ministre reproche aussi « aux élus insoumis d’avoir fait le tour des lycées pour initier des blocages d’établissements ».

Suppression de postes d’enseignants

Au-delà de la violence qui s’est exprimée ces derniers jours, c’est surtout le futur budget de l’Éducation nationale qui oppose les deux hommes. D’un côté, Édouard Geffray affirme que le budget de son ministère « a augmenté de 31 % depuis 2017 » et augmentera de 1,2 milliard d’euros l’an prochain, mais assume les coupes demandées par Sébastien Lecornu « dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques ».

De l’autre, Manuel Bompard reprend plusieurs revendications du mouvement lycéen et appelle à revenir sur le gel des APL et les suppressions de postes dans l’Éducation nationale. Le député des Bouches-du-Rhône rappelle ainsi qu’après avoir « supprimé 4 000 postes d’enseignants l’an dernier », le gouvernement s’apprête à en supprimer 1600 nouveaux ; « mais pas dans le second degré », a tenté de se défendre le ministre.

Celui-ci rappelle que c’est la chute de la démographie scolaire (à la rentrée prochaine, 180 000 élèves en moins qui peupleront les salles de classe) qui conduit à cette décision. Mais pour Manuel Bompard, cela devrait au contraire constituer « une opportunité » : « Il faut recruter des enseignants, pas en supprimer ». Bref, le désaccord est total. Lundi, entre 400 et 500 établissements resteront fermés.

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