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Le mouvement Le Communautaire à boutte de la MRC d’Abitibi a tenu sa dernière activité, jeudi midi, à Amos. Une trentaine de représentants du milieu communautaire ont marché dans les rues du centre-ville, puis ont manifesté devant le bureau de la députée d’Abitibi-Ouest, Suzanne Blais.
Depuis le 23 mars, environ 150 membres d’une quinzaine d’organismes se sont mobilisés dans la région d’Amos pour revendiquer une reconnaissance et un meilleur soutien financier de la part de Québec.
On espère que le gouvernement va finir par nous entendre et nous donner les revendications qu'on demande. Mais déjà, on a eu de belles retombées. Les gens se sont rassemblés, se sont vus, se sont organisés. Ça a mis les groupes communautaires sur la mappe. Qu’est-ce qu’un groupe communautaire, qu'est-ce qu'ils font dans la vie?, estime Dave Longpré, répondant local du mouvement et intervenant communautaire à l’Accueil d’Amos.
Le but de la grève de services, c'était de couper des services, partiellement ou complètement, dans le but de montrer ce que serait l'impact si ça fermait définitivement.

Dave Longpré, répondant local du mouvement Le communautaire à boutte et intervenant communautaire à l'Accueil d'Amos.
Photo : Radio-Canada / MARTIN GUINDON
À l’échelle de l’Abitibi-Témiscamingue, on parle d’une cinquantaine d’organismes, alors qu’au niveau provincial, ils sont plus de 1600 à avoir pris part au mouvement. Une manifestation d’envergure avait aussi lieu jeudi, devant l’Assemblée nationale, à Québec.
Organismes à bout… de souffle
Ce mouvement de grève du communautaire s’imposait pour les organismes, qui sont à bout de souffle selon les acteurs du milieu rencontrés à la manifestation.
On est sous-financés, on prend du recul, on perd notre personnel qu’on n’est pas capable de payer adéquatement. On a des gens de plus en plus formés. On a besoin de plus en plus d’expertise, puis on n’est pas capable de recruter faute de financement récurrent. J’espère qu’on sera entendus, parce que le filet social, ça fait des années qu’on dit qu’il s’effrite, affirme Chantal Lessard, directrice générale du Centre résidentiel communautaire de l’Abitibi-Témiscamingue et de SATAS.

Mélanie Tremblay, directrice générale du Centre de prévention du suicide d'Amos.
Photo : Radio-Canada / MARTIN GUINDON
Un avis partagé par Mélanie Tremblay, directrice générale du Centre de prévention du suicide d’Amos.
Ce qu'il faut mettre de l'avant, c'est que les besoins dans la communauté augmentent. Peu importe à quelle problématique on travaille, peu importe quelle est la cause qu'on supporte comme organisme communautaire, les besoins augmentent avec la pauvreté, avec la détresse psychologique, avec le stress sur les familles, sur les individus. Et de l’autre côté, les moyens financiers diminuent, fait-elle valoir.

Une trentaine d'acteurs du milieu communautaire de la MRC d'Abitibi étaient rassemblés devant le bureau de la députée Suzanne Blais.
Photo : Radio-Canada / MARTIN GUINDON
Mélanie Tremblay a bon espoir d’être entendue par Québec.
C’est la première fois que je vois autant de groupes qui prennent part à la mobilisation. J’entendais à la radio ce matin qu’on était passés d’une quarantaine de groupes mobilisés en octobre à plus de 1600 aujourd’hui. Je pense que tout le monde comprend l’importance d’être enfin entendu, confie-t-elle.
Un seuil critique
Le directeur général du Mouvement de la relève d’Amos-Région (MRAR), André Tessier, constate que le milieu communautaire arrive à un seuil critique.

André Tessier, directeur général du Mouvement de la relève d'Amos-région.
Photo : Radio-Canada / MARTIN GUINDON
C'est important parce que d'année en année, on subit des coupures, des baisses d'ententes, ce qui fait en sorte qu'on met en péril les services que nous sommes en train d'offrir aux jeunes de la MRC. On arrive à des seuils de financement de base qui mettent en péril les services qu'on offre, puis la qualité des services qu'on peut offrir et le nombre de jeunes qu'on va pouvoir desservir éventuellement, souligne-t-il.


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