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Des citoyens de Saint-Noël se mobilisent pour tenter de sauver leur caserne de pompiers, menacée de fermeture par la MRC de La Matapédia.
En novembre dernier, la MRC a rencontré les représentants de la municipalité et les pompiers à temps partiel de Saint-Noël pour leur annoncer qu’elle songeait à fermer leur caserne.
On ferait un redéploiement des effectifs de Saint-Noël vers Sayabec et on procéderait à la fermeture de la caserne. Actuellement, c'est une recommandation. Il n’y a pas de décision qui a été prise, précise Joël Tremblay, directeur général de la MRC de La Matapédia.

Le directeur général de la MRC de La Matapédia, Joël Tremblay
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Depuis, la possible fermeture de la caserne cause beaucoup d’inquiétude chez des citoyens de Saint-Noël et des environs.
C’est le cas de Martine Côté, une résidente de Saint-Damase qui a mis en place une ressource de type familiale chez elle. Mme Côté, qui accueille et élève des enfants de la DPJ, s'inquiète pour ses jeunes.

Martine Côté est également membre du Comité de sauvegarde de la caserne # 6 de Saint-Noël.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
C’est la sécurité de nos enfants. Si le feu prend et que les délais sont beaucoup plus longs, s’il y a un enfant qui reste pris, on parle d’une vie humaine.
Une mobilisation citoyenne
Des citoyens de la municipalité et des environs se sont donc mobilisés pour former le Comité de sauvegarde de la caserne # 6 de Saint-Noël.
C’est une question de sécurité, c’est une question de rapidité d’intervention. On sait que, dans ces circonstances-là, les minutes et les secondes comptent, déplore Simon Landry, porte-parole du comité de sauvegarde.

Le porte-parole du Comité pour la sauvegarde de la caserne # 6 de Saint-Noël, Simon Landry (à gauche) et le maire de Saint-Damase, Martin Carrier.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Le 14 janvier dernier, le comité a envoyé au conseil des maires de la MRC de La Matapédia une pétition demandant à assurer la sauvegarde de la caserne.
La pétition a récolté 721 signatures, ainsi que 35 lettres d’appui d’entreprises et 5 autres de Saint-Noël et de municipalités avoisinantes.
On a des entreprises avec des enjeux de sécurité, qui utilisent du propane. S’il y avait un feu majeur dans ces entreprises [...] c’est le village au complet qui doit être évacué. Donc, le temps d’intervention est super important, estime Gilbert Marquis, maire de Saint-Noël.

Gilbert Marquis est le maire de Saint-Noël.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
D’autant plus que sans caserne de pompiers à Saint-Noël, le prix des assurances pour les maisons et les entreprises risque d’augmenter de manière assez significative, selon le comité de sauvegarde.
Aucun impact sur le temps de réponse, selon la MRC
Si la MRC songe à fermer la caserne de Saint-Noël, c’est avant tout parce qu’elle considère que celle-ci n’améliore pas le temps de réponse des interventions pendant les jours en semaine.
Pour combattre un incendie, il doit y avoir 8 pompiers sur place. Or, comme les effectifs de Saint-Noël ne sont pas toujours disponibles, les pompiers d’autres casernes, par exemple de Sayabec, doivent se déplacer pour répondre aux incendies de ce secteur, ce qui allonge déjà le temps de réponse.
Ainsi, selon la MRC, les coûts d’exploitation de la caserne, qui s'élèveraient à plus de 1,6 million de dollars sur 20 ans, n’en valent pas la peine.
La plupart [des pompiers] ne sont pas disponibles les jours de semaine en raison de leur emploi. Lorsqu’il y a une intervention qui est nécessaire dans le secteur de Saint-Moïse, Saint-Damase ou Saint-Noël, automatiquement, on doit affecter d’autres casernes pour avoir le nombre d’effectifs nécessaires, affirme Joël Tremblay.
Mais, selon le comité de sauvegarde, au lieu de fermer les lieux, il faudrait plutôt trouver des solutions pour rendre la caserne plus indépendante.
Je pense qu’il faut travailler sur le recrutement. Il y a moyen d’aller recruter des jeunes. Aujourd’hui, il y a deux pompiers qui répondent le jour, peut-être qu'on va en avoir quatre l’an prochain. Il faut trouver des solutions pour régler les problèmes, et non effacer les problèmes en transférant le dossier à d’autres casernes, estime Simon Landry.

Le comité de sauvegarde réfléchit à des solutions pour empêcher la fermeture de leur caserne.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
D’autant plus que, même si la caserne de Saint-Noël n’améliore pas nécessairement le temps de réponse pendant le jour, il en va tout autrement en soirée et pendant les fins de semaine, quand les pompiers volontaires sont chez eux, souvent plus près de la caserne, selon le maire de Saint-Damase.
Les pompiers de Saint-Noël, s’ils sont à l'extérieur [pour le travail], ils ne peuvent pas répondre, mais à partir de 17 heures, la nuit et les fins de semaine, ils peuvent [intervenir], affirme Martin Carrier, maire de la municipalité voisine de Saint-Damase.
Selon lui, la fermeture possible de la caserne est encore un autre exemple de dévitalisation des plus petites municipalités.
On est en train de dévitaliser toute notre communauté. On se bat très fort pour essayer de trouver des solutions [...]. C’est important parce que, sinon, on va vider nos villages.
La MRC devrait prendre une décision quant à l’avenir de la caserne le 11 février.


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