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Midterms : la sidérante irrésolution de Trump l’a conduit au désastre

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Donald Trump vient de perdre le Sénat et la Chambre des représentants. Mais le pire est qu’il s’est coulé tout seul. Voici les résultats à 15 heures ce 4 novembre 2026 :

Chambre des représentants (435 sièges)

La majorité absolue est fixée à 218 sièges.

  • Démocrates : 228 sièges
  • Républicains : 139 sièges
  • En cours d’attribution : 68 sièges

Sénat (100 sièges au total, 35 étaient en jeu)

Une percée historique des démocrates

  • Démocrates : 54 sièges (+7 par rapport à 2024)
  • Républicains : 44 sièges (-9 par rapport à 2024)
  • En cours d’attribution : 2 sièges

On a rarement vu politique aussi erratique. La valse des sanctions douanières agressives allant jusqu’à 500 % a fini par générer une inflation manifestement impopulaire. Quant aux visées territoriales sur le Groenland, le Panama ou le Canada, annoncées brutalement contre des alliés, elles interrogent sur les facultés mentales de l’intéressé. Enfin, la gestion des guerres en Ukraine et en Iran relève d’un amateurisme et d’une irrésolution sidérants. Trump n’a jamais su ce qu’il voulait. En Ukraine, entre deux coups de fil à son « ami » Poutine, ce fut le chaud et le froid permanent. En Iran, par deux fois, il a stoppé son offensive en plein élan, donnant un répit salvateur aux mollahs tout en clamant la victoire. Le résultat est un fiasco absolu. Ce flou stratégique permanent a donné une politique déroutante qui a exaspéré son électorat.  Désormais privé de ses majorités au Sénat et à la Chambre des représentants, l’exécutif américain fait face à une cohabitation qui va lourdement entraver ses deux dernières années de mandat.

Pour Israël, c’est la fin d’un soutien inconditionnel

L’aide militaire massive devrait être conditionnée au gel de la colonisation en Cisjordanie et à une désescalade face au Hamas et au Hezbollah. Si Trump reste le chef des armées, le Congrès a le contrôle des dépenses. Il est probable que la situation se détende avec Téhéran et que les négociations reprennent, avec en ligne de mire la réouverture totale du détroit d’Ormuz et un allègement du blocus naval américain. Mais n’anticipons pas car le contentieux entre les deux camps est lourd. En attendant, les marchés financiers ont déjà intégré la détente. Le baril de brut baisse.

Côté ukrainien, c’est l’incertitude. Escalade ou paix négociée ?

Il est difficile d’avoir une vision claire de la situation. Sous Biden, on a eu droit à une escalade permanente avec franchissement des lignes rouges en série, sans la moindre réaction du Kremlin. Arrivé à la Maison-Blanche, Trump, loin de rechercher réellement la paix, a pratiqué un double jeu permanent, continuant d’armer et de renseigner l’Ukraine tout en basculant le fardeau financier sur le dos de l’Europe. En attendant, Ukrainiens, Russes et Américains se rencontreront à Abu Dhabi pour une nouvelle étape de négociations le 10 novembre. Ni Poutine, ni Trump ne veulent des Européens à la table, dans la mesure où l’UE russophobe a choisi de poursuivre la guerre contre Moscou. Pour les Russes la présence de l’Europe est illégitime. Cela dit, il est évident que les démocrates n’accepteront jamais une capitulation forcée de Kiev. 

Poutine n’a pas renoncé à ses objectifs de guerre

La réalité du terrain est que la Russie occupe toujours 20 % du territoire ukrainien. Pas question de renoncer aux 4 oblasts inscrits dans la Constitution russe, Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson, même si Moscou n’en contrôle pas la totalité. Un gel du front sur les positions actuelles, avec arrêt des bombardements sur les infrastructures énergétiques sera l’enjeu de cette rencontre d’Abu Dhabi, les conditions d’une paix durable étant remises à plus tard, aux conditions du Tsar.

Pour Zelensky, Abu Dhabi n’est qu’une étape

Voilà des mois qu’il attend une réunion avec Poutine et Trump, scellant les grandes lignes d’une paix durable, fondée sur des garanties de sécurité assurées par le camp otanien. L’article 5 sans intégrer l’Otan. Dans l’immédiat, Zelensky réclame un arrêt des bombardements sur les installations électriques à l’approche de l’hiver, le déblocage maritime de la mer Noire pour exporter ses céréales et un échange de prisonniers.

Pour conclure, on constate que le deuxième mandat de Trump est le négatif du premier, au cours duquel il avait suscité de grands espoirs. Comment a-t-il pu se mettre à dos la moitié de la planète avec ses délires douaniers ? Comment a-il pu déclarer vouloir annexer des territoires de force, tel un conquérant des temps anciens ? Comment a-t-il pu gérer aussi mal les deux conflits ukrainien et iranien ? Mystère. On a rarement vu pareille instabilité chez un président.

Donald Trump s’est coulé tout seul. Impulsif, indécis, structurellement irrésolu, il a passé son mandat à mêler des menaces de tout casser pour finalement reculer sans cesse au moment d’agir. Il s’est fâché avec ses plus fidèles soutiens et en naviguant à vue, il a profondément découragé son propre camp. Sans vision claire, sans cap défini, il n’y a pas de politique possible. Le chef d’État le plus puissant du monde  a tout subi au lieu de s’imposer. C’est un désastre.

Jacques Guillemain

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