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Meurtre en pleine visioconférence à Montréal : le principal suspect venait tout juste d’être relâché après avoir agressé deux policiers

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Un détail troublant concernant le meurtre de Leïla Ben Salem, cette Montréalaise de 45 ans battue à mort chez elle alors qu’elle participait à une visioconférence professionnelle, ramène à l’avant-plan une affaire sur laquelle Québec Nouvelles s’était déjà insurgé cet été : l’agression violente de deux policières du SPVM par quatre suspects, suivie de leur remise en liberté.

Selon Maxime Deland et Anaïs Desjardins de TVA Nouvelles, le « suspect numéro un » recherché dans le meurtre de Leïla Ben Salem serait un jeune homme récemment arrêté à Montréal pour avoir commis des voies de fait contre des agents de la paix « en compagnie de trois présumés complices ». Le journaliste rapporte également que cet homme avait été remis en liberté après sa comparution, avec certaines conditions à respecter.

Aucun nom n’a été rendu public et rien ne permet, à ce stade, d’identifier formellement cet homme à l’un des accusés dont Québec Nouvelles avait parlé le 31 juillet.

Mais le portrait rapporté par Deland ressemble singulièrement à cette affaire.

Quatre suspects, des policiers agressés, puis une remise en liberté

Québec Nouvelles rapportait alors que deux policières du Service de police de la Ville de Montréal avaient été agressées lors d’une intervention routière dans Villeray.

Les agentes avaient intercepté deux hommes circulant sans casque sur une même trottinette électrique sur la rue Mistral. Selon TVA Nouvelles, les suspects auraient résisté à leur intervention et frappé les policières. L’un d’eux aurait même réussi à s’emparer du bâton télescopique d’une agente. Deux femmes présentes sur les lieux auraient également participé à l’altercation.

Mohamed Mountassir, 25 ans, avait notamment été accusé d’avoir désarmé un agent de la paix, de voies de fait contre un agent et d’entrave. Samir Ben Zerraouia, également âgé de 25 ans, avait été accusé de voies de fait et d’entrave. Imane Chemouri, 25 ans, et Doha Sakri, 23 ans, étaient également impliquées dans le dossier.

Les quatre suspects avaient été remis en liberté.

TVA Nouvelles résumait alors l’affaire sous le titre sans équivoque « Deux policières tabassées par quatre suspects ».

C’est précisément cette combinaison — un jeune homme arrêté récemment pour voies de fait contre des policiers, avec trois présumés complices, puis remis en liberté — qui rend aujourd’hui le parallèle difficile à ignorer.

Une coïncidence particulièrement troublante

Il faut néanmoins être précis.

À l’heure actuelle, ni le SPVM ni les médias n’ont identifié publiquement le suspect numéro un dans le meurtre de Leïla Ben Salem. Il serait donc prématuré d’affirmer que Mohamed Mountassir, Samir Ben Zerraouia ou l’un des autres individus impliqués dans l’affaire de juillet est la personne recherchée.

Il demeure également possible que Deland fasse référence à une autre affaire impliquant quatre personnes.

Mais la ressemblance entre les deux dossiers est suffisamment importante pour soulever la question, surtout considérant le très court intervalle entre les événements.

Le 31 juillet dernier, Québec Nouvelles s’interrogeait déjà sur le message envoyé par la remise en liberté rapide d’individus accusés d’avoir frappé et désarmé des policières.

Un policier cité anonymement par TVA Nouvelles avait alors résumé son incompréhension : « Tu agresses sauvagement des policiers, tu les désarmes… Et ils se font libérer? C’est quoi le message que ça envoie? »

Quelques semaines plus tard, Maxime Deland rapporte maintenant que le principal suspect d’un meurtre particulièrement violent aurait justement été libéré sous conditions après avoir agressé des agents de la paix avec trois complices.

Si les deux affaires devaient effectivement concerner le même individu, cette question prendrait évidemment une dimension autrement plus grave.

Une femme tuée devant ses collègues

Leïla Ben Salem a été tuée le 22 septembre dans son logement du boulevard René-Lévesque Est, au centre-ville de Montréal.

Selon TVA Nouvelles, la femme de 45 ans participait à une formation virtuelle dans le cadre de son emploi à l’Agence du revenu du Canada lorsqu’un individu se serait présenté chez elle vers 15 h 25.

Elle aurait ensuite été battue à mort.

Les enquêteurs avaient identifié un suspect, mais celui-ci se trouvait toujours au large plus de 24 heures après le meurtre. Les autorités n’excluaient pas initialement la possibilité d’un meurtre conjugal, tout en précisant que le lien exact entre la victime et le suspect n’avait pas été confirmé publiquement.

La sœur de la victime avait d’ailleurs réagi avec colère lorsqu’elle avait appris le passé judiciaire récent du suspect évoqué par les enquêteurs.

« Comment on peut le libérer sous caution lorsqu’il attaque [des policiers]? C’est comme si ce n’était pas grave qu’il fasse d’autres victimes », avait-elle déclaré à TVA Nouvelles.

Depuis, le SPVM a confirmé avoir rencontré une personne d’intérêt, mais cette personne a été relâchée sans accusation. Les informations rendues publiques ne permettent pas de savoir s’il s’agit du même homme que celui décrit précédemment comme le suspect numéro un.

La question que nous posions déjà en juillet

Au-delà de l’identité du suspect, le dossier ramène donc à une question qui se posait déjà cet été.

Jusqu’où doit aller la présomption de remise en liberté lorsqu’un individu est accusé d’avoir attaqué des policiers?

La remise en liberté avant procès demeure un principe fondamental du système judiciaire canadien et une accusation ne constitue évidemment pas une condamnation. Mais lorsqu’un prévenu est accusé d’avoir physiquement agressé des agents de la paix, voire d’en avoir désarmé un, la question du risque pour la sécurité publique ne peut être traitée comme un détail administratif.

Pour l’instant, on ne peut pas conclure que l’homme recherché dans le meurtre de Leïla Ben Salem est l’un des suspects de l’agression des deux policières survenue en juillet.

On peut toutefois constater que le portrait dressé par Maxime Deland correspond de façon troublante à cette affaire : un jeune homme, trois complices, une agression contre des policiers et une remise en liberté quelques semaines avant un meurtre.

Si cette correspondance venait à être confirmée, elle soulèverait inévitablement de sérieuses questions sur une décision judiciaire qui avait déjà provoqué l’indignation avant même que ce nouveau drame ne survienne.

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