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« Faux. Faux, c’est complètement faux. »
C’est ce que répète depuis hier Aymane Bouadi au procureur Me Simon Lapierre lorsqu’il suggère que c’est lui qui a tiré sur Meriem Boundaoui le soir du 7 février 2021.
Vous essayez d’induire le jury en erreur. Je n’ai tiré sur personne. Je n’ai jamais possédé d’arme à feu de ma vie. [...] Vous essayez de tout mélanger, a lancé Bouadi en réponse aux questions insistantes du procureur. C’est grave, c’est grave, a-t-il répété.
Selon la Couronne, Aymane Bouadi était passager de la voiture conduite par son ami Salim Touaibi au moment de la fusillade. Les deux hommes se seraient rendus sur les lieux, selon cette thèse, spécifiquement pour régler le cas des frères Rekik, des rivaux de leurs amis, les Bensalem.
C’est Bouadi qui aurait fait feu vers un groupe de jeunes autour d’une voiture et atteint Meriem Boundaoui, une adolescente de 15 ans sans histoire, d’une balle à la tête.
Or, Salim Touaibi a dit lors de son témoignage la semaine dernière que c’était lui le tireur et que son ami n’était qu’au mauvais endroit, au mauvais moment.
Le gars [Touaibi], il est venu vous dire la vérité, a tonné Bouadi, un trémolo dans la voix. Qu’est-ce que vous voulez de plus?
Je vous suggère que la balle au bas de la porte [de la voiture où se trouvait Meriem Boundaoui], c’est juste vous qui avez pu la tirer, a rétorqué à un moment Me Lapierre.
Faux, faux, complètement faux, a répété l’accusé, maintenant son innocence.
Allez sur [la rue] Jean-Talon. Tout le monde connaît la vraie histoire par le bouche-à-oreille. Tout le monde sait la vérité, que, comme on le raconte, c’est comme ça que ça s’est passé.
Tout le monde sait que Touaibi n’a pas voulu faire ça, a dit plusieurs fois Bouadi.
En effet, selon la version des accusés, ils auraient entendu les mots nique-le, nique-le au moment de s’approcher du groupe adverse. C’est là que Salim Touaibi aurait sorti son arme de son sac, sur la banquette arrière, et vidé son chargeur vers la voiture.
Un mystérieux appel
Selon Aymane Bouadi, la fusillade l’a pris par surprise. J’étais paniqué, répète-t-il depuis le début de son témoignage. Les coups de feu l’ont aveuglé et rendu momentanément sourd, selon lui.
Il était dans un tel état de panique qu’il aurait même, selon lui, tenté de sortir de la voiture au moment où elle circulait sur l’autoroute 40, après la fusillade.
Or, Me Simon Lapierre a relevé que l’accusé a passé un appel à un ami au même moment. Je vous suggère que vous n’êtes pas si paniqué que ça à ce moment-là, a dit le procureur.
Je ne suis pas conscient de ce que je fais, a rétorqué Bouadi. Je viens de vivre un événement qui m’a traumatisé. Tout ce qui se passe par la suite, ce n’est plus vraiment moi.
Mercredi après-midi, les deux parties ont annoncé au jury que la preuve était close dans le dossier. Les plaidoiries commenceront mardi, avec celle de l'avocat de Salim Touaibi, Me Marc Labelle.


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