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« Je n’ai jamais cru une fois dans la vie que j’allais traverser une chose pareille. C’est impossible. » En larmes, Aymane Bouadi a tenté de convaincre le jury mardi qu’il n’est pas responsable de la mort de la jeune Meriem Boundaoui, contrairement à ce que prétend la Couronne.
Bouadi a témoigné pour sa défense au palais de justice de Montréal. Avec Salim Touaibi, il est accusé du meurtre de l’adolescente de 15 ans, morte d’une balle à la tête le 7 février 2021 alors qu’elle était dans la voiture d’une connaissance.
Je sais que je n'ai rien fait, a dit Aymane Bouadi, confronté par le procureur de la couronne, Me Simon Lapierre. Je suis un innocent.
Un peu plus tôt, questionné par son avocate, Aymane Bouadi, la voix tremblante, a raconté en détail sa version de la fusillade. Il était passager de la voiture de Touaibi, un ami de longue date, quand ils se sont approchés d’un groupe de personnes, attroupés autour d’une voiture.
Tout se passe vite, a-t-il dit. Après un échange de mots, je reçois le bras [de Touaibi] au visage, ça m’affaisse dans mon banc. Et là, il y a des détonations. C’est tellement rapide. Il y a des détonations, je reçois de la chaleur au visage, je ne sais pas c’est quoi. J’ai de la poudre dans les yeux, ça chauffe. Je reçois des morceaux chauds dans le visage.
Je suis sourd à ce moment-là. La vision et l’ouïe me quittent. Je n’ai même pas le temps d’ouvrir les yeux qu’on est ailleurs.
Son récit correspond à celui fait par Salim Touaibi, qui s’est désigné lui-même comme le seul tireur. Selon lui, il aurait sorti son arme dans un moment de peur, parce qu’il craignait de se prendre des balles. Il a tiré par la fenêtre du passager, en tendant le pistolet à la hauteur du visage de son ami. Les douilles allaient dans la face de Bouadi, avait-il raconté au jury. Les deux ont ensuite pris la fuite avec la voiture.

La fusillade est survenue dans le stationnement d'une boulangerie du quartier Saint-Léonard, à Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Kolya H. Guilbault
Catastrophe
Aymane Bouadi a raconté qu’il était dans tout [s]es états après la fusillade. Je suis paniqué. Je me souviens qu’on était sur l’autoroute et que j’essayais d’ouvrir la porte pour sortir [de la voiture].
Dès que l’auto s’est arrêtée, je suis sorti, a-t-il dit. J’étais tellement sous le choc, je ne peux même pas dire comment je suis rentré chez moi.
Mon réflexe, ça a été d’aller voir les nouvelles. Et là, catastrophe, c’est une petite fille… C’est fou.
Quelques jours plus tard, il aurait confronté Salim Touaibi. On essaie de démystifier tout ça. Moi, je suis dans l’inconnu. Il me dit : "Il y a quelqu’un qui allait nous tirer dessus".
Si t’as des problèmes liés à tout ça, je vais venir dire la vérité, lui aurait dit Salim Touaibi. Rappelons que les deux hommes ont été arrêtés en juin 2022, 16 mois après le meurtre de Meriem Boundaoui.
Selon la théorie de la poursuite, le meurtre de Meriem Boundaoui est survenu dans le contexte d’une chicane entre deux familles, chacune propriétaire d’un commerce sur la rue Jean-Talon, dans l’est de Montréal. Le conflit concernerait des places de stationnement.
Mardi, Aymane Bouadi a juré qu’il n’était pas au courant de l’ampleur du conflit entre les deux familles.


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