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Meta face à une plainte historique sur l’usage de l’intelligence artificielle dans ses licenciements

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Des employés accusent Meta d’avoir utilisé des outils d’intelligence artificielle biaisés pour sélectionner les salariés licenciés. La plainte met en cause des algorithmes qui auraient défavorisé des personnes en congé protégé, en situation de handicap ou ayant une production réduite pour des raisons médicales.

L’intelligence artificielle s’invite au cœur d’une nouvelle bataille judiciaire aux États-Unis. Vingt-six employés actuels et anciens de Meta ont déposé une plainte contre le groupe de Mark Zuckerberg, accusant l’entreprise d’avoir utilisé des outils d’IA discriminatoires lors de sa dernière vague de licenciements.

Les plaignants affirment que Meta aurait violé plusieurs lois américaines sur la protection des congés familiaux et médicaux ainsi que sur la discrimination liée notamment aux handicaps et aux grossesses. Ils demandent à pouvoir poursuivre leurs réclamations individuellement dans le cadre d’arbitrages.

Selon leurs avocats, ces salariés faisaient partie des quelque 10 % des effectifs de Meta supprimés lors de la restructuration annoncée en mai. Leur accusation centrale porte sur l’utilisation d’une « constellation de systèmes d’intelligence artificielle internes » qui auraient contribué à évaluer les employés avant les licenciements.

Un contrôle des salariés made in IA

La plainte affirme que ces outils se seraient appuyés sur différents critères : évaluation de performances, indicateurs de productivité, résultats de calibrage, évaluations générées par l’IA ou encore quantité d’utilisation des outils d’intelligence artificielle (« consommation de jetons »). Or, selon les plaignants, ces données auraient mécaniquement pénalisé les salariés absents pour des raisons médicales ou familiales légitimes, ou ceux dont l’activité était réduite en raison d’un handicap.

« Ces outils s’appuient sur des données qui ne peuvent pas être accumulées par un employé en congé médical ou familial protégé », dénoncent leurs représentants dans le document transmis au tribunal fédéral du district nord de Californie.

Les employés estiment notamment que l’usage de certains indicateurs liés à l’intelligence artificielle aurait créé un désavantage systémique pour certains profils. Ils demandent au juge de maintenir leur emploi temporairement, le temps qu’un audit indépendant examine le processus de sélection assisté par algorithme.

Meta rejette fermement ces accusations. Un porte-parole du groupe a déclaré que les allégations étaient « dénuées de fondement » et a assuré que les décisions concernant les effectifs étaient prises « par des personnes, et non par une IA ».

Cette affaire intervient dans un contexte de débat croissant sur la place des algorithmes dans le monde du travail. Plusieurs entreprises utilisent désormais l’IA pour recruter, évaluer les performances ou organiser les restructurations, mais les défenseurs des droits des salariés alertent sur les risques de reproduire ou d’amplifier des discriminations existantes.

Le dossier rappelle également l’affaire visant Workday, accusée aux États-Unis d’avoir utilisé des outils de recrutement basés sur l’IA pouvant conduire à des décisions discriminatoires. L’entreprise avait contesté ces accusations, affirmant que ses technologies reposaient uniquement sur les compétences professionnelles et non sur des critères protégés comme l’âge, l’origine ou le handicap.

Avec la plainte contre Meta, une question centrale se pose désormais : lorsqu’une entreprise délègue une partie de ses décisions sociales à l’intelligence artificielle, qui porte la responsabilité des éventuels biais et injustices générés par ces systèmes ?

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