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Mère et fille au chevet de l’innu-aimun

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Faire perdurer une culture demande parfois une dose de patience et de détermination, mais c’est la passion qui fait rouler le moteur. C’est du moins la conviction de Kathleen André et Marie-Pascale Michel, un duo mère-fille de Uashat Mani-utenam qui place la transmission de l’innu-aimun au cœur de sa vocation.

Marie-Pascale Michel est aide pédagogique aux apprentissages pour les étudiants au Cégep de Sept-Îles. Sa mère, Kathleen André, est consultante en langue et en culture innue ainsi qu’étudiante au certificat en technolinguistique autochtone à l’UQAC.

Pour le mois des langues autochtones, les deux femmes ont pris part à l’événement Mamu!, ou ensemble en innu-aimun. Organisé par le Cégep, l’UQAC et le milieu de vie Nutshimit, ce rendez-vous proposait à la communauté des espaces dédiés au rayonnement de l’identité innue.

Marie-Pascale Michel (gauche) aux côtés de l'aînée Noëlla McKenzie, lors de l'événement Mamu!.

Marie-Pascale Michel (gauche) aux côtés de l'aînée Noëlla McKenzie, lors de l'événement Mamu!.

Photo : Photo Facebook Premières Nations au Cégep de Sept-Îles

Selon Marie-Pascale Michel, cet environnement s’est avéré profondément rassembleur, attirant non seulement des étudiants et des professionnels, mais aussi des citoyens de Sept-Îles et des membres d’autres communautés autochtones.

Une langue en déclin

N’empêche, le portrait de la langue innue n’est pas rose. Selon Statistique Canada, la proportion de locuteurs de l’innu-aimun à Uashat mak Mani-utenam connaît un recul, passant de 83 % en 2011 à 70 % en 2021.

Kathleen André estime que la prévalence de la langue anglaise sur les réseaux sociaux pourrait être l’un des facteurs qui expliquent ce déclin chez les plus jeunes. Les cellulaires sont très présents dans nos communautés. Ce sont donc trois langues qui circulent. Souvent c’est la langue anglaise qui domine, souligne-t-elle sur les ondes de Première escale.

Mais pour Marie-Pascale Michel, les lieux de rencontre, comme celui de Mamu!, permettent aux intéressés, jeunes comme moins jeunes, de renouer avec cette langue millénaire.

Mieux on se connaît dans son identité, mieux on va vers le monde. C’est comme ça que je vois la vie.

Certains s'intéressent au lexique, d’autres aux métaphores, et d’autres encore, aux mots du territoire. Je pense qu’il faut trouver ce qui nous passionne pour mieux le transmettre. La transmission se fait avec de la passion, a-t-elle fait valoir aux côtés de sa mère.

Un jeune individu manipule un objet en bois.

Cette tribune permet de mettre en lumière l’importance de la transmission culturelle aujourd’hui. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti

Kathleen André ajoute que les initiatives, comme celles du centre culturel Tshissenitamun Mitshuap de Mani-utenam, qui propose des cours d’innu-aimun pour les enfants et leurs parents les lundis, contribuent à cet exercice qu’elle juge hautement important.

D'après une entrevue de Renée Dumais-Beaudoin à l'émission Première escale

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