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Mercosur avance, mais ce n’est pas terminé : la riposte se joue au supermarché, boycott et achat français

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Pour nos paysans, pour nos normes : priorité France. Si on n’achète pas, ça ne s’impose pas.

25 ans de négociations, 4 milliards d’euros de droits de douane en jeu, et des tracteurs au pied de l’Arc de Triomphe. L’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) est désormais sur le point d’être validé au niveau européen, malgré l’opposition de la France et de plusieurs États.

La question, pour les agriculteurs français, est brutale : qui encaissera le choc des importations à bas prix ? Et, pour les consommateurs, une autre se pose tout aussi directement : que mettra-t-on dans l’assiette si les volumes augmentent plus vite que les contrôles et la traçabilité ?

Sur le terrain : pourquoi les paysans parlent de dumping

À Paris, début janvier, des agriculteurs ont bloqué des axes autour de sites emblématiques avec leurs tracteurs. Le message est simple : ils se sentent mis en concurrence avec des produits fabriqués sous d’autres règles et d’autres coûts.

Le mot “dumping” revient parce qu’il résume un mécanisme très concret :

  • Dumping social : si le coût du travail et la protection sociale ne sont pas comparables, le prix final baisse mécaniquement.
  • Dumping réglementaire : certaines obligations (traçabilité, contrôles, standards) ne s’appliquent pas de la même façon, ou pas avec la même intensité.
  • Dumping environnemental : l’accord est défendu comme “encadré”, mais les opposants craignent un commerce qui récompense les filières les moins contraignantes.

Au bout du compte, cela se résume tragiquement à ceci : l’agriculteur Francis se suicide. Il travaillait pour rien ; sa femme et son fils sont dévastés.

L’agriculteur Francis se suicide, il travaillait pour rien, sa femme et son fils sont dévastés.

Plus d’infos sur cette tragédie : https://t.co/a3sDQhzO51

#AgriculteursEnColeres #FNSEA pic.twitter.com/dhEGO2pbyb

— Marcel D. (@DubreuilhMarcel) February 2, 2024

Le vrai rapport de force : le caddie, pas le traité

Un accord peut ouvrir une porte. Il ne force personne à la franchir. Même si l’UE valide Mercosur, aucune loi n’oblige les Français à acheter du bœuf sud-américain. Le levier le plus immédiat, c’est le libre arbitre du consommateur : ce que les gens mettent — ou refusent de mettre — dans leur panier.

Ils peuvent importer, ils ne peuvent pas imposer

Mercosur, c’est un cadre commercial : il facilite l’entrée de produits. Mais un marché, ce sont des décisions quotidiennes. Si les importations gagnent, ce n’est pas “parce que c’est signé” : c’est parce que les achats basculent vers le moins cher. Et si une partie des consommateurs tient la ligne, l’effet réel de l’accord se réduit.

Boycotter et acheter français : le même choix, deux effets

Un boycott ciblé, ce n’est pas un slogan. C’est une stratégie économique très simple :

  • Boycotter, c’est refuser la logique du “moins cher à tout prix” quand elle écrase ceux qui produisent ici.

  • Acheter français, c’est donner de l’oxygène aux exploitations françaises et financer un modèle agricole qu’on dit vouloir préserver.

Un argument supplémentaire : le principe de précaution dans l’assiette

Il y a aussi un point que beaucoup de gens ratent : les règles de production ne sont pas toujours les mêmes, et même quand l’UE exige le respect de ses standards à l’importation, la traçabilité parfaite n’existe pas, surtout quand les flux grossissent.

Sur le bœuf, l’UE interdit certaines substances (notamment des hormones de croissance) et a déjà pointé, dans un audit, des failles de garanties sur une filière brésilienne destinée au marché européen concernant l’œstradiol 17β, ce qui a conduit à des mesures correctrices côté brésilien (restriction sur certaines exportations).

Ce n’est pas une preuve que “tout est contaminé”. C’est plus sérieux, parce que c’est plus concret : il existe un risque de rupture dans la chaîne de traçabilité, donc un risque non nul que des produits ne répondant pas parfaitement aux exigences soient mis sur le marché. Et quand on parle de nourriture, beaucoup de Français estiment logique d’appliquer une règle simple : quand on n’a pas une garantie totale, on réduit le risque à la source.

C’est exactement ça, le principe de précaution version consommateur :
choisir l’origine France quand elle existe, plutôt que de parier sur des contrôles imparfaits dans des filières longues et complexes.

Le patriotisme version quotidien : une étiquette, une décision

On parle souvent de patriotisme comme d’un grand mot. Dans un supermarché, c’est beaucoup plus net : lire l’origine et acheter en conséquence. Une étiquette, c’est une boussole. Et ce geste répété des milliers de fois pèse sur les commandes, les volumes, la place en rayon.

Comment une mobilisation se voit vraiment

Une campagne efficace se repère vite :

  • des importations qui restent en stock,
  • des promotions qui se multiplient pour écouler,
  • des distributeurs qui réajustent leurs achats,
  • des bouchers et des enseignes qui affichent davantage l’origine France.

Le terrain, c’est là que ça se gagne. Bruxelles ne contrôle pas ce moment-là.

Ce que les Français peuvent faire dès maintenant

Trois réflexes simples :

  1. Regarder l’origine et refuser ce qui est flou.

  2. Boycotter les produits Mercosur quand une alternative existe.

  3. Acheter français dès que c’est possible, même si c’est un peu plus cher.

Mercosur peut avancer dans les institutions. Mais la victoire ou la défaite se jouera dans les rayons. Entre dumping et traçabilité sous tension, le boycott et l’achat français ne sont pas seulement un geste de soutien aux paysans : c’est aussi un choix de précaution. Ils peuvent signer. Ils ne peuvent pas vous obliger à acheter.

En clair : le Mercosur peut avancer dans les institutions. Il ne s’impose pas automatiquement dans les caddies. Et pour ceux qui veulent peser, l’outil le plus immédiat n’est ni un discours ni une banderole : c’est l’étiquette d’origine, et le réflexe d’acheter français.

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