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Menaces spectaculaires, droits de douane... Les vins, champagnes et spiritueux Français, cibles préférées de Donald Trump

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Donald Trump, photographié hier dans l’Octogone, à l’occasion de la soirée UFC organisée à la Maison Blanche

Donald Trump, photographié hier dans l’Octogone, à l’occasion de la soirée UFC organisée à la Maison Blanche Amber Searls / REUTERS

Très dépendantes du marché américain, les ventes de boissons alcoolisées françaises ont reculé de 21% aux États-Unis l’an dernier, à la suite des droits de douane instaurés par le président républicain.

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Donald Trump n’aime ni le vin ni les spiritueux. Le président américain leur préfère le Coca sans sucre, qu’il juge meilleur pour la santé. Mais ce choix personnel n’explique pas l’animosité affichée par l’occupant de la Maison Blanche envers les alcools français : ceux-ci sont régulièrement ciblés par ses équipes pour des raisons avant tout commerciales.

Avec plus de 14 milliards d’euros d’excédent en 2024, les spiritueux occupent une place cardinale dans la machine exportatrice française. Mais cette puissance reste largement tributaire du marché américain, qui absorbe 36% des exportations de cognac, 46% des liqueurs, ainsi que 20% des vins de Bordeaux et du champagne selon les Douanes françaises. Cette dépendance s’est transformée en talon d’Achille depuis le retour du président protectionniste à la Maison Blanche. Ce lundi 15 juin, Donald Trump a d’ailleurs menacé d’imposer des taxes de 100% visant le vin Français, si Paris ne revient pas sur sa taxe sur les services numériques, instaurée en 2019. Nul doute que ce nouveau contentieux sera au menu des discussions du G7, qui s’ouvre ce lundi à Evian.

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Des menaces rarement concrétisées, mais aux effets lourds.

Les rodomontades tarifaires de Donald Trump contre les spiritueux ne sont pas nouvelles. Elles relèvent le plus souvent de la menace verbale, dans la logique dite du «Trump Always Chickens Out» (Trump se dégonfle toujours), selon une expression popularisée par la presse américaine. En juillet 2019, en représailles à la taxe de 3% sur les services numériques, le dirigeant ouvre une enquête commerciale visant la France, avec en ligne de mire des droits de douane de 100% sur plusieurs produits, dont le vin et le luxe. La menace restera lettre morte.

Les menaces tarifaires s’intensifient depuis son second mandat. Ainsi, le 13 mars 2025, il brandit à nouveau une surtaxe de 200% sur les spiritueux européens, en réponse aux droits de 50% imposés par l’UE sur le whisky américain, sur fond de guerre commerciale transatlantique. Le spectre des 200% resurgira le 20 janvier 2026, lorsqu’il menacera de cibler les spiritueux français, cette fois pour des raisons diplomatiques, à savoir le refus d’Emmanuel Macron de rejoindre son Conseil de la Paix. Là encore, la mesure restera sans suite.

Un accord commercial défavorable

Reste que les droits de douane appliqués aux spiritueux Français ont effectivement augmenté lors de sa mandature. Ainsi, l’accord commercial entre Bruxelles et Washington, signé dans sa résidence personnelle de Turnberry (Écosse), prévoit une surtaxe de 15% sur les boissons alcoolisées en provenance du vieux continent, contre 4,8% avant le retour de Donald Trump au pouvoir. Conséquence : selon la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux, les ventes de spiritueux français ont reculé de 21% aux États-Unis en 2025, soit une perte de 3 milliards d’euros.

Lors de son premier mandat, en octobre 2019, à la suite d’un différend lié aux subventions versées par certains Européens à Airbus, les États-Unis appliquèrent une taxe de 25% sur les vins tranquilles français - ceux de moins de 14 degrés. Les exportations vers les États-Unis chutèrent alors de 40% au premier semestre 2020, soit un manque à gagner estimé à 500 millions d’euros par la FEVS, même si cette baisse s’explique également par les perturbations liées à l’épidémie de Covid-19. En janvier 2021, juste avant la fin de son premier mandat, Donald Trump avait également ajouté le cognac et l’armagnac à la liste des produits taxés à hauteur de 25%. La mesure sera suspendue en mars 2021 puis définitivement levée en juin 2021 par Joe Biden qui pourtant, lui non plus, ne boit pas d’alcool.

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