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Deux télégrammes émanant du ministère de l’Intérieur, que Le Figaro a consulté, révèlent les détails du dispositif de sécurité prévu pour les grandes fêtes juives de l’automne, dans un contexte de menace terroriste qualifiée d’«élevée».
Passer la publicité Passer la publicitéHier, le parquet national antiterroriste annonçait la mise en examen et l'écrou de trois hommes soupçonnés de préparer «un projet d'action violente visant la communauté juive». L'enquête, confiée à la DGSI, avait débuté autour des agissements djihadistes des membres d'un groupe WhatsApp intitulé «les soldats d'Allah». L'un des suspects était même en lien avec une femme arrêtée par le FBI aux États-Unis pour avoir préparé un attentat au siège du Parlement de l'État de New York pour le compte de l'État islamique.
C’est dans ce contexte que deux télégrammes, consultés par Le Figaro - l’un émanant de la direction générale de la police nationale, diffusé le 4 septembre, et l’autre du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, envoyé le 31 août aux préfets et responsables de la sécurité intérieure - révèlent l’ampleur du dispositif déployé pour protéger la communauté juive à l’occasion des grandes fêtes de l’automne. Car la menace terroriste est à «un niveau élevé», assure la direction générale de la police nationale dans son message.
Au premier semestre 2026, 532 actes ont été comptabilisés - soit une baisse de 18% par rapport à la même période en 2025, avec toutefois un pic observé en mars 2026, «en lien avec la dégradation de la situation au Proche-Orient», contextualise Laurent Nunez. Ce qui ne diminue pas, c’est la part des actes antisémites dans l'ensemble des faits antireligieux qui représentent toujours la moitié - 53% en 2025 contre 47% au premier semestre 2026. Et leur nature se durcit : 73% d'entre eux constituent désormais des atteintes aux personnes, contre 67% en 2025, détaille le ministère. L’an dernier, 1320 actes antisémites avaient été recensés par la direction nationale du renseignement territorial, rappelle-t-il.
Opération Sentinelle aux portes des synagogues
C'est dans ce contexte que le ministre demande un «renforcement des mesures de sécurité» pour les fêtes du mois de Tichri - Roch Hachana, du 11 au 13 septembre, Yom Kippour le 20 septembre au soir, et Souccot du 25 septembre au 2 octobre. Sur le terrain, le télégramme opérationnel signé par le directeur général de la police nationale décline des instructions concrètes. Les services devront prendre contact au préalable avec les responsables des synagogues et des lieux communautaires pour connaître la programmation des offices - et rappeler les consignes de vigilance relatives au filtrage des accès et au contrôle visuel des flux entrants «pour détecter les individus suspects».
«Aux heures d'arrivée et de départ des fidèles», une présence visible et renforcée des forces de sécurité est exigée sur les «sites les plus sensibles.» Et pour les lieux de culte les plus emblématiques, les moyens devront être déployés «en coordination avec les forces de l'opération Sentinelle» - une mission militaire de lutte antiterroriste déployée depuis 2015.
Une attention particulière est également portée «aux véhicules en stationnement à proximité des lieux de culte.» Les maires seront sensibilisés à la nécessité de prendre des «mesures temporaires d'interdiction de circuler et de stationner» et d'associer leurs polices municipales et vidéoprotection au dispositif.


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