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Résidus alimentaires, enfants, travailleurs, plantes et oiseaux : Bruxelles demande de surveiller tout cela sans retirer la substance.
Sept années supplémentaires. C’est ce que vient d’obtenir le mécoprop-P avec l’entrée en application, ce 1er octobre, du règlement d’exécution européen 2026/2025 adopté le 10 septembre 2026.
Le texte renouvelle l’approbation de cette substance active jusqu’au 30 septembre 2033. Mais sa lecture réserve une petite particularité typiquement administrative : la Commission européenne décide de conserver le mécoprop-P tout en le classant comme « substance dont on envisage la substitution ».
Autrement dit, on le garde, mais on envisage déjà qu’il serait préférable de trouver autre chose.
Bruxelles reconnaît une substance « persistante et toxique »
La Commission ne cache pourtant pas le problème dans son propre règlement. Elle indique que, sur la base des conclusions actualisées de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, le mécoprop-P est considéré comme une substance « persistante et toxique » au sens de la réglementation européenne.
Le texte précise pourquoi : sa demi-vie dans l’eau douce dépasse 40 jours et la concentration sans effet observé à long terme pour les organismes aquatiques est inférieure à 0,01 mg/l.
Ce vocabulaire n’est donc pas celui d’une association écologiste particulièrement remontée contre les pesticides. Il figure noir sur blanc dans le règlement qui renouvelle l’approbation de la substance.
Dans le même temps, la Commission estime que les critères nécessaires au renouvellement sont remplis pour une ou plusieurs utilisations représentatives de produits contenant du mécoprop-P.
Le résultat est pour le moins singulier : une substance répondant aux critères européens de persistance et de toxicité reste approuvée jusqu’en 2033, avec une série de précautions laissées aux États membres.
Enfants, travailleurs, aliments, plantes et oiseaux à surveiller
La liste des précautions imposées mérite elle aussi d’être lue attentivement.
Lors de l’évaluation des produits contenant du mécoprop-P, les États membres devront accorder une attention particulière à la nature et à l’importance des résidus présents dans les aliments d’origine végétale et animale, afin d’évaluer l’exposition des consommateurs.
Bruxelles demande également une vigilance spécifique concernant les enfants vivant à proximité des zones concernées, ainsi que les opérateurs et les travailleurs, notamment pendant le mélange, le chargement des produits ou l’inspection des cultures traitées.
Les plantes terrestres non ciblées et les oiseaux figurent également parmi les éléments devant faire l’objet d’une protection particulière.
Des mesures de réduction des risques devront être imposées lorsque cela sera jugé nécessaire.
Et l’histoire n’est même pas totalement bouclée : le demandeur devra fournir avant le 1er avril 2027 le rapport complet d’un essai portant sur la reproduction des oiseaux.
L’autorisation court pourtant, elle, déjà jusqu’en 2033.
Une mécanique réglementaire difficile à expliquer au grand public
Il faut néanmoins éviter un raccourci : ce renouvellement ne signifie pas que Bruxelles considère le mécoprop-P comme dépourvu de risques. C’est précisément l’inverse que montre le règlement. L’autorisation s’accompagne de conditions, de mesures de protection et d’une classification comme substance candidate à la substitution.
C’est justement ce qui rend la décision difficile à comprendre hors du jargon réglementaire européen.
Une substance peut donc être reconnue comme persistante et toxique, nécessiter une attention particulière pour les résidus alimentaires, les enfants, les professionnels, les végétaux et les oiseaux, tout en bénéficiant simultanément d’un renouvellement de sept ans.
Sur le papier, tout est conforme à la procédure. Dans l’assiette, les champs et les cours d’eau, la population devra se contenter de la promesse que les États membres surveilleront correctement les risques.


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