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RÉCIT - Lancé fin mai dans la ville de Barinas, un vent de colère traverse les geôles vénézuéliennes. Comme un concentré des maux qui frappent le pays, les détenus dénoncent l’absence de jugement et les incarcérations politiques.
Les matelas brûlent déjà depuis la veille quand les femmes forment un premier cordon sanitaire devant les grilles de la prison. Au-dessus de l’INJUBA, centre pénitentiaire de Barinas, à l’ouest du Venezuela, une fumée noire s’échappe dans le ciel blanc des Llanos, les plaines orientales du pays. Sur les toits, leurs hommes agitent des banderoles en feu. « Faites entrer la presse, elle doit voir ce qu’on subit ici ! Ne laissez pas entrer la garde nationale ! Ils vont nous tuer ! Faites barrage ! », crient les prisonniers.
Déclenchée fin mai dans la prison de Barinas, une mutinerie dénonçant les violences et la corruption au sein de l’administration pénitentiaire a débouché sur un mouvement de grève de la faim dans les principales prisons du pays. Il a débuté mercredi dans toutes les prisons du Venezuela. Le mot d’ordre a été validé par le biais de contacts clandestins entre les différents établissements.
Pendant trois jours, les mères, les sœurs et les épouses vont…


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