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L’île, prisée des touristes, est secouée ces derniers jours par plusieurs mobilisations et des faits de violence. Les habitants se mobilisaient initialement contre la hausse du coût de la vie et les pénuries d’eau.
C.T. - Aujourd'hui à 18:10 | mis à jour aujourd'hui à 18:20 - Temps de lecture :
L’image de carte postale de l’île Maurice est écornée. Depuis quelques jours, l’île, réputée pour ses plages d’eau turquoise et de sable fin, est secouée par des mobilisations et des violences. Un couvre-feu a été instauré jusqu’à vendredi sur environ un tiers de l’île. Les cours ont aussi été suspendus ce jeudi et vendredi dans tous les établissements primaires et secondaires du pays.
À l’origine, les habitants ont commencé à se mobiliser la semaine dernière contre l’augmentation du coût de la vie et la pénurie d’eau. Les coupures d’eau se sont multipliées sur l’île ces derniers mois, en raison d’un manque de pluie et de la sécheresse. Le réservoir de Mare-aux-Vacoas, le plus grand du pays, n’était rempli qu’à 35,9 % le 6 octobre, contre près de 90 % l’an passé, selon le ministre de l’Énergie et des services publics Patrick Assirvaden.
Inflation et pénurie d’eau
Mardi, la Central Water Authority, un organisme gouvernemental, a annoncé que la distribution d’eau se ferait tous les deux jours dans de nombreuses localités. La même mesure avait déjà été annoncée quelques jours plus tôt dans d’autres régions, tandis que les communiqués faisant état d’une fourniture d’eau interrompue se multiplient. « Le problème de l’eau fait que les Mauriciens descendent dans les rues par eux-mêmes, de manière spontanée », observait le 10 octobre auprès du quotidien mauricien L’Express Jocelyn Chan Low, historien et politologue à l’Université de Maurice.
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La situation économique n’est pas non plus totalement réjouissante pour ce pays qui fait figure de locomotive en Afrique. Le Fonds monétaire international a ramené les projections de croissance pour Maurice pour 2026 à 2,7 %, contre 3,2 % en 2025. L’inflation devrait atteindre cette année 4,7 %, puis 5,5 % en 2027 selon les projections. L’île Maurice est aussi touchée, comme la France, par la guerre au Moyen-Orient, qui a fait flamber les prix des carburants, du gaz et de l’électricité mais aussi de l’alimentation. Selon le média Ionnews, le prix du pain a ainsi progressé de 50 %, celui du gazole de 20,9 % et celui de l’essence de 15,4 % sur le début de l’année 2026.
Une bavure policière à l’origine de l’embrasement
La situation s’est ensuite embrasée vendredi, lorsqu’une jeune femme de 27 ans a été grièvement blessée par les tirs d’un policier. Selon des témoins, le policier a tiré sans sommation. Il a été arrêté et placé en détention provisoire. La victime, dans un état jugé sérieux, a depuis été opérée et son état s’améliore : elle a pu marcher avec l’aide d’un déambulateur et peut boire et bouger correctement ses bras et jambes, a annoncé ce jeudi le ministre de la Santé et du bien-être sur ses réseaux sociaux.
Cet événement a généré de nombreux soulèvements dans plusieurs quartiers de l’île. Plusieurs incidents sont survenus : des incendies, des pillages et des attaques de commissariats ont été recensés sur l’île. Mardi, le gouvernement a décidé l’instauration d’un couvre-feu et la fermeture des établissements scolaires. Une centaine d’individus ont été interpellés, dont des mineurs. « Nul n’a le droit de se faire justice soi-même ou de prendre la loi entre ses mains », a déclaré mardi soir le Premier ministre Navin Ramgoolam, qui a accusé les réseaux de trafiquants de drogue d’avoir attisé les violences. L’hypothèse est jugée « plausible » par le directeur général de l’Agence nationale pour le contrôle de la drogue à Maurice, interrogé par la Radio1.
Ce jeudi matin, le calme semblait partiellement revenu sur l’île, après une nuit sans incident majeur, ont rapporté les médias mauriciens. Les crèches et garderies, fermées depuis mardi, doivent normalement rouvrir vendredi.


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