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Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) réclame six ans de prison pour un résident de Beauport qui collectionnait du matériel pédosexuel extrême et violent.
La procureure de la poursuite a plaidé que le nombre colossal de fichiers sordides exige une peine dissuasive lors des observations sur la peine de Richard Labonté au palais de justice de Québec.
Me Marilie Dubé estime que la peine maximale de 10 ans aurait même pu s'appliquer si l'homme de 61 ans n'avait pas fait certains efforts de réhabilitation depuis son arrestation.

Me Marilie Dubée est procureure pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).
Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron
D'ailleurs, l'avocat de Labonté, Me Charles Levasseur, demande au tribunal de lui imposer deux ans moins un jour d'emprisonnement pour ne pas le freiner dans ses efforts.
Avertissement:
Ce texte contient des détails qui pourraient choquer certains lecteurs.
Enfants morts
Le matériel découvert dans les ordinateurs de Richard Labonté donne froid dans le dos. Lorsqu'il a reconnu sa culpabilité en novembre dernier, des personnes ont quitté la salle d'audience, choquées par la description des vidéos et des photographies.
Entre 2016 et 2023, il a accumulé près de 300 000 fichiers illicites montrant des enfants, parfois naissants, dans des actes sexuels dégradants et violents. Certaines des atrocités exposées démontrent que les petites victimes n'ont pas survécu aux agressions.
Dans la majorité des fichiers, provenant de partout dans le monde, les victimes sont de très jeunes filles de 3 à 12 ans.
Victime tourmentée à vie
Ce ne sont pas que des images et il y a de véritables victimes derrière le matériel d'abus et d'exploitation pédosexuelle trouvé sur Internet, a fait valoir la poursuite.
Me Marilie Dubé a d'ailleurs déposé en preuve des déclarations de victimes qui se retrouvaient dans des fichiers qui étaient en possession de Labonté et qui continuent de circuler sur le web.
La visibilité et le partage sans fin de ces images continueront à me tourmenter pour le reste de ma vie, a exposé Me Dubé, citant une victime.
Une autre victime craint que les pédophiles qui trouveront son agression ne se contenteront pas de regarder et iront violer et démolir une autre enfant.
Vous êtes tous complices de mon meurtre, déclare celle qui peine à vivre avec ce qu'elle a vécu. Et même quand elle mourra vraiment, cette victime se désole de savoir que son agression lui survivra sur le web.
Il m'est impossible d'échapper aux abus et ces abus ne peuvent s'échapper de moi.
L'avocat de Labonté convient que les crimes sont graves et impliquent du matériel qui ne devrait même pas exister.
Sans vouloir minimiser la nature des fichiers et leur nombre, a-t-il insisté, Me Charles Levasseur demande au juge de considérer la réhabilitation de son client.
Labonté a suivi une série de thérapies depuis son arrestation et est sur le chemin de la réhabilitation, plaide l'avocat.
Voyeur, pas sadique
Le sexagénaire a lui-même été victime d'abus sexuels durant son enfance et un rapport sexologique évalue que son risque de récidive est faible.
S'appuyant sur le rapport, Me Levasseur souligne que les crimes de son client ne relèvent pas d'une personnalité sadique, mais bien plus d'un intérêt voyeur.
Il suggère qu'au terme des deux années de prison proposées, son client soit soumis à une probation de trois ans, assurant un contrôle du pédophile pour une durée totale de cinq ans.
Le juge Hubert Couture a mis la cause en délibéré et prononcera la peine de Richard Labonté au mois de mai. Il est en liberté sous condition pendant le processus judiciaire.


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