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Masque et transparence : les réserves des oppositions sur la gestion du hantavirus par Lecornu

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Malgré un soutien global aux récentes décisions annoncées par le Premier ministre, plusieurs voix dans l’opposition réclament davantage de transparence, notamment sur l’état de préparation du pays en cas de nouvelle épidémie.

EN BREF Les oppositions demandent au gouvernement plus de transparence sur la gestion du hantavirus.
Marine Le Pen et Philippe Juvin critiquent la gestion des stocks stratégiques, rappelant les erreurs du Covid.
Le gouvernement réagit en affirmant que les stocks actuels sont suffisants pour trois mois, mais les oppositions insistent sur la nécessité d’une transparence totale.

Comme une épidémie de doutes. Alors que le gouvernement se met en scène à la manœuvre dans la gestion de la crise liée à l’Hantavirus depuis l’annonce d’une Française contaminée, les oppositions multiplient les points de réserve, ou de vigilance. Un héritage, là aussi, de la période Covid. Derrière un soutien assez unanime aux récentes décisions annoncées par le Premier ministre, comme le durcissement des conditions d’isolement des cas contact, plusieurs partis insistent effectivement sur deux enjeux particuliers : l’anticipation des autorités et la transparence de l’exécutif sur sa stratégie et les informations qu’il détient.

Ce mercredi 13 mai, Marine Le Pen s’est ainsi offusquée d’une déclaration de la ministre de la Santé, la veille, concernant le stock de masques disponibles pour faire face à l’éventualité d’une nouvelle pandémie. « J’entends Stéphanie Rist dire : “Nous sommes en train de reconstituer les stocks.” Non mais c’est une plaisanterie ? », a-t-elle lancé sur RTL, s’interrogeant sur l’action des différents gouvernements « depuis quatre ou cinq ans. »

Le gouvernement rassure sur les masques

Comme la cheffe de file du Rassemblement national, le député LR Philippe Juvin exprime lui aussi quelques réserves sur le sujet. « Je pense que l’on est mieux prêt (par rapport au Covid), on ne ferait pas certaines erreurs. En revanche, sur la question des stocks stratégiques, je ne suis pas certain qu’on ait tiré les leçons », a ainsi indiqué sur RMC celui qui est également chef au service des urgences de l’hôpital Pompidou à Paris.

Selon lui, « on aurait » seulement « deux à dix semaines de masques d’avance. » Un état des lieux propre à faire ressurgir les inquiétudes de la période Covid, quand les Français avaient découvert, en moult épisodes, la gestion chaotique de ces réserves pourtant éminemment stratégiques. Plusieurs rapports, notamment au Sénat, parlaient alors de « fiasco », « triste symbole de l’état d’impréparation du pays. »

Signe de la sensibilité du sujet, le gouvernement n’a pas tardé à réagir à ces critiques naissantes. Dans une note adressée à la presse ce mercredi en début de matinée, les services du Premier ministre se veulent rassurants, expliquant que « le stock de l’État est suffisant pour protéger le pays pendant minimum trois mois en cas de vague épidémique. » Ce qui n’est pas le cas actuellement, avec une seule personne contaminée en France.

Cette réserve « est d’ailleurs supérieure à la cible actée en sortie de Covid-19 », insistent les conseillers de Sébastien Lecornu, en indiquant, au passage, que la capacité de production de la France, « estimée entre 2,6 et 3,5 milliards de masques par an », est désormais « suffisante pour faire face à une pandémie type Covid-19. » Fermer le banc ?

Exigence de transparence

Avec cette communication, rapide, le gouvernement tente en tout cas de répondre à un autre impératif évoqué par les oppositions. Celui de la transparence. Depuis que le sujet s’impose dans l’actualité, nombreux dirigeants appellent effectivement les ministres à dire tout ce qu’ils savent, ou ignorent, sur l’hantavirus et le niveau de préparation de l’État face à au spectre d’une nouvelle crise sanitaire.

« Vous n’avez retenu aucune des leçons du Covid », a ainsi déploré la députée écologiste Léa Balage El Mariky, mardi à l’Assemblée, appelant l’exécutif à faire la lumière sur « les capacités hospitalières réelles », « les protocoles prévus en cas d’aggravation », en plus du stock de masques disponibles. « Les Français ont le droit de savoir si nous sommes prêts », a-t-elle lancé à l’adresse de la ministre de la Santé.

Un peu plus tôt, c’est le député socialiste Romain Eskenazi qui assurait le même refrain. « Nous demandons au gouvernement de ne pas être seulement rassurant, mais d’être proactif et transparent avec le Parlement », expliquait-il en conférence de presse, citant lui aussi « le stock de masques et de tests » ou « la production de futurs traitements ou vaccins à l’échelle européenne. » Soucieux de ne « pas créer de polémique artificielle », le député LFI Hadrien Clouet réclame, lui, les comptes rendus des réunions organisées deux fois par jour autour du Premier ministre. Une question « d’accès à l’information, et de démocratie. »

Enfin, au-delà du seul sujet de l’hantavirus, la gauche semble tentée de faire émerger quelques critiques sur l’action globale du gouvernement. Ainsi, en interrogeant la ministre, mardi, Léa Balage El Marikya a par exemple fustigé la fermeture de lits dans les hôpitaux publics, ou le manque d’ambitions écologiques de la France, alors que « les épidémies liées aux zoonoses progressent partout, et sont directement liées à la destruction des écosystèmes. » L’union sacrée attendra.

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