Connu pour ses critiques du régime marocain, Ali Lmrabet avait déjà été emprisonné en 2003, avant d'être gracié en 2004.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 09:25 | mis à jour aujourd'hui à 09:39 - Temps de lecture :

Ali Lmrabet à sa sortie de prison, en 2004. Photo d'archives Denis Doyle/Sipa Ali Lmrabet à sa sortie de prison, en 2004. Photo d'archives Denis Doyle/Sipa

Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, connu pour ses positions critiques à l’égard des autorités marocaines, a été interpellé dimanche à son arrivée au Maroc en provenance d’Espagne pour « diffusion de fausses informations », a annoncé son épouse. Sollicité, le parquet marocain n’avait pas répondu dans l’immédiat.

Figure de la presse indépendante marocaine, Ali Lmrabet, 66 ans, vit et travaille à Barcelone. Il avait été interdit d’exercer le journalisme au Maroc entre avril 2005 et avril 2015, à la suite d’une condamnation pour diffamation liée à des déclarations sur les Sahraouis des camps de Tindouf (sud-ouest de l’Algérie). La question du Sahara occidental est particulièrement sensible au Maroc.

« Outrage au roi »

« Il m’a appelée à 19h en me disant qu’à son arrivée à l’aéroport de Tanger (dans le nord, NDLR), il avait été détenu pour diffusion de fausses informations et atteinte aux institutions », a déclaré son épouse, Laura Feliu, ajoutant qu’il lui avait dit faire l’objet de « plusieurs avis de recherche » pour ces faits.

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a confirmé dans un communiqué que selon ses informations, le journaliste était accusé de « diffusion présumée de fausses informations portant atteinte aux institutions constitutionnelles ». « Ali Lmrabet est en route vers Casablanca pour être auditionné par la Brigade nationale avant une comparution prévue le lundi 13 juillet devant le procureur », a ajouté l’ONG dimanche soir.

Selon son épouse, le journaliste ne s’était plus rendu au Maroc depuis « quelques années », après la mort de son père qui y résidait. Ali Lmrabet éditait au Maroc les hebdomadaires Demain Magazine et Doumane (arabophone) avant que ces publications ne soient interdites en 2003 au terme d’un procès pour « outrage au roi » en particulier. Le journaliste avait alors été condamné à trois ans de prison, avant d’être relâché début 2004 à la faveur d’une grâce royale.

Articles les plus lusFaits-divers - Justice