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Ce mercredi, près de 16 millions d'électeurs marocains sont appelés aux urnes. Un scrutin marqué par le désintérêt de la jeunesse, sur fond de grave crise migratoire à Ceuta, où plus de 111 personnes ont perdu la vie fin juillet.

La rédaction - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

Les élections législatives marocaines se tiennent ce mercredi. Cette année, le scrutin est marqué par la désillusion des plus jeunes, en perte de confiance vis-à-vis de la situation politique et économique dans le royaume chérifien. Un malaise qui s’est soldé, entre autres, par la crise migratoire de Ceuta fin juillet, lorsque près de 70 000 jeunes Marocains ont tenté d'entrer sur l'enclave espagnole dans l'espoir de trouver de meilleures perspectives. Selon les autorités espagnoles, au moins 111 personnes sont mortes, la plupart en tentant de rejoindre le territoire à la nage. Une crise sans précédent pour ce petit espace de 20 km² et ses 80 000 habitants, confronté en 24 heures à l'arrivée de l'équivalent de sa propre population.

Deux mois après les faits, plus de 4 000 migrants, essentiellement marocains, seraient toujours présents à Ceuta, où se sont formés des campements de fortune. « Une cohabitation difficile pour les habitants, excédés par la présence des migrants et les affrontements avec les forces de l'ordre », décrit Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme du Maroc.

Symptôme d'une crise sociale

Plus largement, cette crise cristallise les fractures profondes de la société marocaine, notamment de la jeunesse. Les 15-24 ans - environ 12 % de la population - sont près d'un tiers à aujourd'hui être sans emploi. Une situation qui se traduit par un désengagement électoral spectaculaire, puisque seuls 3 % des jeunes Marocains sont inscrits sur les listes.

Ce désenchantement s'était déjà exprimé en 2025 à travers le mouvement Gen Z 212, du nom de l'indicatif téléphonique marocain, qui avait mobilisé des dizaines de milliers de personnes contre la corruption et la faiblesse des services publics, notamment via TikTok et Discord. La question de Ceuta a même débordé sur le terrain sportif : le 15 septembre, plusieurs joueurs du Real Madrid, dont Kylian Mbappé, Ibrahima Konaté et Vinícius Júnior, ont refusé d'afficher un message de soutien à l'enclave espagnole sur leur maillot.

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