• Accueil
  • Société
  • « Je suis menacé de mort » : à Reims, deux militants vivant avec le VIH ont entamé une ...

Chaque jour, Nicolas Aragona, militant séropositif, est menacé de mort parce qu'il sensibilise au VIH sur les réseaux sociaux. Lundi 24 août, il a entamé une grève de la faim aux côtés de Christophe Paco, également séropositif, pour dénoncer le harcèlement qu’ils subissent.

La rédaction - Hier à 19:30 | mis à jour hier à 19:30 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

« Ça fait six ans que je suis menacé de mort, six ans que des gens viennent en bas de chez moi. Personne n’a jamais réagi », se désole Nicolas Aragona, influenceur niçois connu sous le pseudonyme de « SuperSero ». Lundi, il a entamé une grève de la faim aux côtés de Christophe Paco, un Rémois de 53 ans également séropositif, pour dénoncer les discriminations liées à leur maladie et réclamer une loi d'urgence. « Je perdrai mes kilos tant que nous n’obtiendrons pas de projet de loi », a-t-il assuré en s’installant devant les grilles du palais de justice de Reims (Marne). Il milite pour « une loi d’urgence avant la fin du mandat d’Emmanuel Macron, qui reconnaisse la sérophobie et protège les personnes vivant avec le VIH ». Suivi par 400 000 abonnés sur TikTok et 110 000 sur Instagram, le jeune homme fait de la pédagogie sur les réseaux pour sensibiliser au virus de l'immunodéficience humaine (VIH).

Nicolas Aragona connaît un important harcèlement sur internet et dans la vie. « Il y a plus d’un mois, on est venu jusqu'à chez moi, frapper à ma porte, ce qui ne m'était jamais arrivé jusqu’à présent. Et le week-end dernier, j’ai eu des appels en masse, peut-être 60 ou 70 en moins de 48 heures », témoigne-t-il. Certains lui envoient des messages de menaces : « Quelqu’un me disait qu'il arrivait à Nice pour m’égorger », ou laissent des messages directement sur la boîte vocale de son téléphone : « Je vais te tuer. Je vais te casser ta gueule. Je vais t’enculer, SuperSero. »

Aujourd’hui, il appelle à l'aide pour être davantage pris en charge et protégé. « Je ne sors plus de chez moi depuis longtemps », explique-t-il au téléphone, lorsqu’il joint la police après avoir reçu des menaces. « On me dit qu’il faut que j’arrête les réseaux, que je me taise pour ne plus me faire harceler. Mais ce que je dénonce depuis six ans, c’est que je suis menacé de mort dans la vie de tous les jours, juste parce que je vis avec le VIH. »

Articles les plus lusSociété