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Mark Carney se tient loin du Parlement, et de clarifications sur l’Iran

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Le premier ministre canadien, Mark Carney, était introuvable au Parlement, lundi, laissant sur leur faim les partis d’opposition qui exigeaient tous des précisions sur ses diverses déclarations au sujet de l’attaque des États-Unis et d’Israël sur l’Iran.

« M. Carney a eu quatre positions sur la guerre en Iran en quatre jours. Il s’est contredit sans arrêt ! Personne ne comprend sa position », s’est plaint le chef conservateur, Pierre Poilievre, lundi avant-midi, à quelques heures d’un débat « exploratoire » sur la question prévu aux Communes en début de soirée.

Le chef de l’opposition officielle a sommé le premier ministre d’« arrêter de se cacher » et d’expliquer davantage jusqu’où va le soutien de son gouvernement aux récentes frappes commandées par les présidents américain, Donald Trump, et israélien, Benjamin Nétanyahou.

Mark Carney sera plutôt occupé lundi soir à casser le jeûne du Ramadan, selon son agenda public. Le reste de sa journée est meublé seulement d’une rencontre avec le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Rob Lantz.

Le bureau du premier ministre a indiqué au Devoir que c’est la ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, qui présentera la position du gouvernement lors du débat sur l’Iran, qui doit animer les Communes à partir de 18 h 30 et pour une durée d’au moins quatre heures.

Position changeante

Mme Anand avait aussi été envoyée pour répondre aux journalistes durant la période de mutisme du premier ministre, lors d’un voyage en Inde la semaine dernière. Elle n’avait rien répété de l’appui sans condition de Mark Carney à l’opération militaire en Iran, formulée le jour même des premières frappes, le 28 février.

Puis, Mark Carney s’est lui-même mis à admettre que les frappes « semblaient de prime abord être contraires au droit international » et a exigé une « désescalade » du conflit.

Coup de théâtre : dès le lendemain, le voilà qui déclare qu’on « ne peut jamais exclure catégoriquement une participation » canadienne dans ce conflit, qui s’étend désormais à des pays alliés tiers.

« Il faut voir à quel point le premier ministre joue dans l’équipe Trump ou joue dans l’équipe du droit international », a critiqué le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, à l’émission matinale de Radio-Canada Tout un matin, lundi.

Pas de consensus aux Communes

De retour à Ottawa après une semaine de relâche, des députés de tous les partis d’opposition ont critiqué Mark Carney pour son indécision, lundi. Les formations politiques ne s’entendent toutefois pas du tout sur le fond de l’affaire.

Le Bloc québécois n’a ni célébré l’attaque, ni ne l’a dénoncée clairement, hormis pour critiquer le fait que les alliés n’ont pas été consultés. La leader parlementaire bloquiste, Christine Normandin, demande aussi une désescalade du conflit.

Le Nouveau Parti démocratique déplore l’attaque en Iran et la qualifie d’affront au droit international. Le porte-parole du parti en matière d’affaires étrangères, Alexandre Boulerice, exige que Mark Carney s’en tienne à son célèbre discours de Davos, dans lequel il reconnaît le rôle de l’ONU comme « une architecture de règlement des différends collectifs ».

Alors que le gouvernement Carney justifie sa position par le besoin de neutraliser le programme d’armement nucléaire iranien, l’opposition conservatrice souhaite plutôt un changement de régime politique en Iran.

« Nous appuyons les actions [du gouvernement américain] pour renverser le régime », a déclaré sans ambiguïté le chef Pierre Poilievre. Ce dernier allègue que l’Iran dispose sur le territoire canadien de 700 agents « terroristes du Corps des gardiens de la révolution islamique ».

Mark Carney a rapporté dimanche une discussion téléphonique avec le président Trump. Les deux hommes auraient notamment abordé « l’évolution de la situation au Moyen-Orient », parmi d’autres sujets. Le premier ministre ne s’est pas présenté au Parlement, lundi, laissant à ses ministres le soin de donner la réplique lors de la période de questions.

Le chef du gouvernement doit s’envoler vendredi pour un nouveau voyage qui l’emmènera en Norvège et au Royaume-Uni au cours du week-end.

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