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Le premier ministre canadien, Mark Carney, a invité mardi le président américain à bien « choisir [ses] mots » et à faire preuve de prudence en Iran, après les allusions de ce dernier à la destruction complète du pays.
« C’est une situation sérieuse. C’est la vie de femmes et d’hommes. C’est la vie de civils. C’est une question de guerre et de paix. Il faut choisir [ses] mots. Et être prudents avec les actions », a énuméré M. Carney lors d’un point de presse organisé à Brampton, en Ontario.
Le premier ministre venait de dire qu’il partage « le sentiment » du président de la France, Emmanuel Macron, qui s’est montré la semaine dernière exaspéré par les contradictions erratiques du président des États-Unis, qui « parle trop » selon lui.
Mardi matin, Donald Trump a laissé entendre dans un message sur Internet qu’il est disposé à commettre de graves crimes contre l’humanité en anéantissant l’Iran dès aujourd’hui, en ces termes : « Une civilisation entière va mourir ce soir. »
Trump moins virulent en négociations ?
Le chef du gouvernement canadien, qui avait dans un premier temps salué « à contrecœur » les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, assure qu’il fait depuis le début une distinction claire entre les cibles civiles et militaires. La population civile doit être épargnée, insiste Mark Carney.
« Le Canada s’attend à ce que toutes les parties à ce conflit, et dans tous les conflits, respectent le droit international. Cela signifie ne pas viser les civils, ou les infrastructures civiles. On l’a déjà dit en public et en privé. »
M. Carney a aussi émis l’hypothèse que la rhétorique publique du président américain Donald Trump est différente des conversations privées que mène son gouvernement dans ses pourparlers avec l’Iran. Le Canada ne fait pas partie de ces négociations, mais le premier ministre dit en avoir des échos.
La semaine dernière, Mark Carney avait aussi dénoncé et qualifiée « d’illégale » l’invasion par Israël du sud du Liban, une autre zone touchée par le conflit armé en cours.
Le Moyen-Orient s’est embrasé depuis le début de frappes en Iran, le 28 février dernier, par les États-Unis et Israël, ce qui a pris par surprise leurs alliés traditionnels, en premier lieu le Canada, les pays européens et le Japon. Ottawa n’a pour autant aucun bon mot pour l’Iran, un pays qualifié par le premier ministre de « menace à la paix et à la sécurité » et de « principal pays commanditaire du terrorisme dans la région ».


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