NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Après des mois de péripéties politiques, Mark Carney a finalement réussi à décrocher sa majorité à la Chambre des communes, lundi soir, en remportant sans surprise les deux élections partielles fédérales tenues dans la grande région de Toronto.
Les libéraux détiendront désormais au moins 173 sièges au Parlement, soit davantage que tous les sièges des partis d’opposition réunis. Le dépouillement des voix dans la circonscription de Terrebonne n’était pas encore terminé au moment où ces lignes étaient écrites.
La libérale Tatiana Auguste disposait d’une avance d’environ 1000 voix, selon les résultats préliminaires disponibles à 23 h. Ces données partielles rendaient nerveux les nombreux militants et élus du Bloc québécois réunis à l’Hôtel Impéria.
C’est dans l’indifférence générale que les premiers résultats électoraux entraient au compte-goutte sur les écrans du rassemblement libéral, organisé au restaurant Le Shaker, situé dans un centre commercial de Terrebonne. Leur victoire était sans surprise pour les circonscriptions de Scarborough–Sud-Ouest et d’University-Rosedale, dans la grande région de Toronto. Ces bastions libéraux ont été laissés vacants par les anciens ministres Chrystia Freeland et Bill Blair.
La toute nouvelle élue libérale dans University-Rosedale, Danielle Martin, a pris le micro peu avant 22 h pour livrer son discours de victoire. Elle détenait alors 63 % des voix, selon les résultats préliminaires, suffisamment pour revendiquer la victoire. Dans l’autre circonscription torontoise en élection partielle, sa collègue Doly Begum obtenait pour sa part 67 % des suffrages.
Lundi matin, le parti de Mark Carney détenait 171 sièges et n’avait besoin que d’une seule victoire parmi les trois élections partielles pour franchir le seuil de la majorité.
Un bulletin blanc
La bataille de Terrebonne a commencé sous la neige ; elle se terminait lundi par une journée de printemps chaude et pluvieuse. Le Parti libéral du Canada et le Bloc québécois, arrivés pratiquement à égalité lors de l’élection d’avril 2025, devaient se livrer un match revanche à la suite de l’annulation du dernier scrutin par la Cour suprême du Canada cet hiver.
Le suspense pour la course québécoise ne s’est qu’aggravé quand Élections Canada a décidé de changer la façon de voter pour ce scrutin, pour la seconde fois de l’histoire, à cause des dizaines de candidats indépendants participants à l’action de nuisance du Comité du bulletin le plus long. Les électeurs de Terrebonne ne pouvaient pas voter d’un simple « X », mais devaient écrire le nom de leur candidat favori sur un bulletin blanc.
Aucun des nombreux électeurs rencontrés par Le Devoir dans deux bureaux de vote n’a rapporté de problème pour voter. Tous ont affirmé qu’il était très facile de retranscrire le nom de leur candidat d’une liste que leur ont fourni les autorités électorales.
Tant les libéraux que les bloquistes ont déployé les grands moyens pour ce match revanche. Le premier ministre Mark Carney s’est rendu sur place à deux reprises, en février puis en avril, aux côtés de sa candidate. Plusieurs de ses ministres francophones — Mélanie Joly, Dominic LeBlanc, Marc Miller et François-Philippe Champagne, entre autres — ont également fait campagne dans ce coin de la Rive-Nord dans la région de Montréal.
Les bloquistes ont également redoublé d’efforts pour regagner leur bastion, le chef Yves-François Blanchet s’y étant rendu à neuf reprises depuis février aux côtés de sa députée. Le Bloc a représenté Terrebonne de 1993 à 2025, sauf lors de la « vague orange » de 2011.
En plus de la candidate libérale, Tatiana Auguste, et de sa principale opposante, la bloquiste Nathalie Sinclair-Desgagné, se présentaient aussi Adrienne Charles, du Parti conservateur du Canada, Maxime Beaudoin, du Nouveau Parti démocratique, Benjamin Rankin, du Parti vert du Canada, et Maria Cantore, du Parti populaire du Canada.
« En 48 ans, je n’ai jamais vu un premier ministre qui vient à Terrebonne ! Il a l’air à y tenir », a ironisé Pierre-Olivier Brisebois, qui venait tout juste d’enregistrer son vote pour le Bloc québécois en compagnie de son fils Loïc.
Son ami Roody Pierre-Paul, 42 ans, a lui aussi affirmé qu’il votait contre le gouvernement. « Mark Carney, il a un beau sourire, c’est tout ! Il remplace [Justin] Trudeau, il va continuer son œuvre. Moi, j’espère que les choses changent. »
Dans un autre bureau de vote plus près du centre-ville, une enseignante qui porte le voile s’est au contraire montrée satisfaite que le gouvernement fédéral ait ajouté sa voix à la contestation de la Loi sur laïcité de l’État devant la Cour suprême. « Le Parti libéral, c’est le parti de la Charte des droits et libertés ! » a ajouté la femme, qui préfère ne pas partager son nom.
Un « pouvoir absolu »
Pas plus tard qu’au début du mois de mars, les libéraux devaient absolument remporter Terrebonne, en plus des deux scrutins torontois, pour espérer obtenir une majorité au Parlement. Or, deux députées ont fait défection depuis : la néodémocrate Lori Idlout, puis, la semaine dernière, la conservatrice Marilyn Gladu, juste à temps pour le grand congrès libéral de Montréal.
C’est la première fois de l’histoire canadienne qu’un chef de gouvernement réussit à atteindre une majorité au Parlement grâce à des élus transfuges.
Le chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, a dénoncé une majorité obtenue lundi sans l’aval des électeurs, la qualifiant sur ses réseaux sociaux de « pouvoir absolu sans aucune obligation de rendre des comptes » obtenu « avec des tractations en coulisses avec des politiciens qui ont trahi les électeurs ». Quatre des cinq députés de l’opposition qui ont rejoint les rangs des libéraux depuis le mois de novembre avaient été élus sous la bannière conservatrice.
Cette nouvelle majorité donne désormais aux libéraux les coudées franches pour contrôler les comités parlementaires — où les projets de loi sont examinés en détail — et pour survivre aux votes de confiance. Elle leur évite également d’avoir à négocier avec les partis d’opposition pour faire adopter leurs projets de loi.
Rappelons toutefois que la majorité de M. Carney demeure très fragile, puisqu’une poignée de départs dans ses rangs suffiraient à le ramener à la case départ. Le député libéral ontarien Nate Erskine-Smith a d’ailleurs annoncé qu’il quitterait prochainement son poste afin de se lancer dans la course à la direction du Parti libéral de l’Ontario.


2 month_ago
105

























.jpg)






French (CA)