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Plusieurs jours après avoir appuyé l’initiative du président américain, Donald Trump, de conduire des frappes en Iran, le premier ministre canadien, Mark Carney, implore désormais ce pays de respecter le droit international.
« Nous implorons toutes les parties, y compris les États-Unis et Israël, de respecter les règles de l’engagement international. Le Canada appelle à une désescalade rapide des hostilités », a précisé M. Carney à partir de Sydney, en Australie, mercredi matin (en fin de journée mardi, heure de Montréal).
Le premier ministre canadien répondait aux questions des journalistes pour la première fois depuis son départ vers l’Inde, jeudi dernier. Mark Carney ne va toutefois pas jusqu’à demander à Washington de mettre fin à l’opération militaire en cours depuis samedi, puisque « cela doit prendre un effort diplomatique plus large qui implique les pays du Moyen-Orient qui ont été attaqués par l’Iran ».
Plus tôt cette semaine, M. Carney avait laissé le soin à sa ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, de nuancer sa déclaration d’appui à l’attaque des États-Unis et d’Israël sur l’Iran. La ministre n’avait pas réaffirmé la déclaration d’appui de son gouvernement aux frappes américaines, datée de samedi matin, qui n’appelait pas à la désescalade du conflit.
« Pas un chèque en blanc »
Après plusieurs jours de mutisme, voilà que le premier ministre Carney a fourni des explications sur cette position, prise « à contrecœur », dit-il, étant donné les échecs diplomatiques à démanteler le projet d’arme nucléaire iranienne, une « grave menace pour le monde ».
« C’est de manière limitée que nous avons appuyé cet aspect, a-t-il insisté devant les journalistes. Ce n’était pas un chèque en blanc, ce n’était pas comme de participer [à l’opération], ce n’était pas comme de demander quelque chose en échange. C’était juste une position claire ! »
Le premier ministre a aussi fait écho à son célèbre discours de Davos de janvier, après avoir été accusé de le contredire par une position iranienne collée sur celle des États-Unis. « Le conflit actuel est un autre exemple de l’échec de l’ordre international. […] Le Canada s’engage activement dans le monde tel qu’il est, sans attendre passivement l’avènement d’un monde tel que nous le souhaitons. »
Au cours du week-end, un député libéral de la Colombie-Britannique, Will Greaves, a publié sur les réseaux sociaux une critique en règle de l’appui aux frappes en Iran. « Aucun État n’a le droit de lancer une guerre d’agression », a-t-il déclaré, dans une vidéo qui a été « aimée » notamment par les députés libéraux québécois Steven Guilbeault et Eric St-Pierre.
À partir de l’Australie, Mark Carney a aussi poliment critiqué les États-Unis et Israël pour avoir agi « sans consulter les Nations unies, et sans consulter leurs alliés, comme le Canada ». Tout juste après avoir quitté le territoire indien, le premier ministre a esquivé toutes les questions portant sur la possible implication du gouvernement indien dans le meurtre d’un citoyen canadien, tel que révélé par son prédécesseur, Justin Trudeau, en 2023.


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