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La Cour d’appel de Paris doit rendre sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, un couperet pour la carrière politique de la dirigeante nationaliste.

THOMAS SAMSON / AFP
L’inflexion de Le Pen pendant son procès en appel peut-elle changer la donne pour 2027 ?
Pour Marine Le Pen, le jour le plus long a commencé. Dans quelques heures, la dirigeante d’extrême droite, triple candidate à l’élection présidentielle, saura si elle peut briguer ou non la magistrature suprême en mai 2027. C’est la décision de la Cour d’appel de Paris dans l’affaire dite des assistants parlementaires du FN, attendue ce mardi 7 juillet dans l’après-midi, qui le déterminera.
Pour être en capacité de demander de nouveau aux Français de la porter à l’Élysée, Marine Le Pen doit voir les magistrats prononcer sa relaxe ou amoindrir considérablement la sentence décidée à l’issue du procès en première instance. L’an dernier, le tribunal judiciaire de Paris l’a reconnue coupable de détournement de fonds public et l’a condamnée à une peine de quatre années d’emprisonnement (dont deux ferme), complétée d’une peine d’inéligibilité de cinq ans, avec exécution provisoire. De quoi obscurcir sérieusement son avenir politique.
Peut-il en être autrement, ce mardi après-midi ? Afin de se ménager quelques menus espoirs, la présidente des députés RN a revu sa stratégie au cours de son procès en appel. Elle a effectivement fait le choix de rompre avec les dénégations forcenées, martelées dix ans durant, et de s’éloigner d’un argumentaire sanctionné au printemps 2025 par la fameuse peine d’exécution provisoire.
Éviter la réédition de 2025
Souvenez-vous, pour justifier une telle décision et l’inéligibilité immédiate de Marine Le Pen (donc l’impossibilité de concourir à une nouvelle présidentielle), le tribunal avait évoqué un « risque de récidive objectivement avéré. » Pour cause : les différents accusés avaient donné l’impression de ne pas comprendre, avant ou après l’audience, l’existence d’impairs ou de délits liés à leurs pratiques, en l’occurrence, le fait d’utiliser de l’argent public (3,2 millions d’euros au total) pour payer des salariés de leur parti politique. Impossible, dans ces conditions, d’éviter une réitération de ce type de faits.
Les coprévenus « n’ont exprimé aucune prise de conscience de leur violation de la loi et de l’importance de la probité », même dix ans après, niant les faits « parfois jusqu’à l’évidence », avaient ainsi détaillé les magistrats dans leur jugement de plus de 150 pages. Un « logiciel » de défense d’autant plus problématique, estimaient-ils, qu’il émanait de personnes ayant « une formation de juriste ou d’avocat. »
À ce moment-là, Marine Le Pen s’était bornée à parler d’un simple « désaccord administratif » avec le Parlement européen sur le rôle des assistants d’eurodéputés, le tout instrumentalisé par une « justice politique. » Une ligne qui, on l’aura compris, n’a pas du tout porté ses fruits. Alors, un an plus tard, la cheffe de file d’extrême droite s’est livrée à une légère inflexion, plus conciliante sur la forme, et moins butée sur le fond.
Un délit ? « Je veux bien l’entendre »
Cela s’est remarqué dès le premier jour de son procès en appel, quand elle a pris la parole pour expliquer qu’elle n’a jamais eu « le sentiment d’avoir commis le moindre délit », en insistant sur son absence d’intentionnalité, « si tant est qu’une faute ait été commise ». Deux tirades qui n’ont rien d’anodin. Avec cette formule inédite dans sa bouche, la triple candidate à la présidentielle a, pour la première fois, reconnu la plausibilité d’une faute, en l’occurrence d’un délit. Ce qu’elle avait toujours refusé jusqu’alors, restant sur une défense dite de « rupture », entre dénégations et attaques contre la justice ou l’Union européenne.
« Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis -, je veux bien l’entendre », a-t-elle ensuite insisté, « je veux que la cour sache qu’en ce qui nous concerne, nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit lorsqu’en 2004, 2009 puis 2014 nous avons embauché nos propres assistants puis mutualisé ces assistants. » Une façon, en somme, de passer du statut de pure innocente à celui de coupable involontaire. Suffisant pour convaincre les magistrats d’alléger sa peine, voire de la relaxer ce mardi 7 juillet ? Ou, en d’autres mots, de la laisser concourir à la prochaine présidentielle ?
C’est bien là toute la question. Conséquence ou non de ce changement de pied, le parquet général a demandé à la cour d’appel « de ne pas assortir les peines complémentaires d’inéligibilité » de l’« exécution provisoire », c’est-à-dire immédiate, comme ce fut le cas en première instance. Un bon point ? Peut-être, mais il a estimé dans le même temps que Marine Le Pen a été « l’instigatrice » d’un schéma de détournements de fonds mis en place par Jean-Marie Le Pen, et qu’elle méritait ce faisant une peine de prison, et que soient confirmés ses 5 ans d’inéligibilité. Si les juges suivent ces réquisitions, sa carrière politique s’arrêtera net.


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