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Marine Le Pen nomme son conseiller logement, Frédéric Falcon, qui défendait le contraire de son programme

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Le nouveau responsable du volet logement du programme de Marine Le Pen jugeait « indispensable » la loi SRU, dispositif que la candidate veut désormais supprimer.

Marine Le Pen photographié lors du débat du Medef (illustration)

THOMAS SAMSON / AFP

Marine Le Pen photographié lors du débat du Medef (illustration)

EN BREF Pour préparer la présidentielle 2027, Marine Le Pen a nommé Frédéric Falcon pour coordonner le volet logement de son programme.
En 2024, le député de l’Aude disait tout « l’attachement du RN » à la loi SRU que la candidate d’extrême droite veut désormais abroger.
Ce n’est pas la seule contradiction du parti qui défend aussi des positions contradictoires avec les décisions prises par son allié Éric Ciotti à Nice.

Jeudi 7 mars 2024. En séance à l’Assemblée nationale, le député RN de l’Aude, Frédéric Falcon, évoque les logements sociaux, dans le cadre d’une proposition de loi visant à faciliter la transformation des bureaux en logements. Et voici ce que l’élu lepéniste déclare, au sujet des HLM : « En préambule, je voudrais témoigner l’attachement du Rassemblement national à la loi SRU. » Et ce même député d’insister : « Nous ne souhaitons aucunement revenir dessus. L’objectif de 25 % de logements sociaux nous semble indispensable, en intégrant la préférence nationale dans l’attribution des logements sociaux. »

Deux ans plus tard, ce même Frédéric Falcon a été choisi par Marine Le Pen pour plancher sur le volet Logement de son programme. Sauf qu’entre-temps, la candidate du Rassemblement national a annoncé sa volonté d’abroger la loi SRU, la même qui était pourtant jugée « indispensable » en 2024 par le député de l’Aude.

Cette loi est considérée par les associations qui luttent contre le mal-logement comme un outil central dans le combat contre l’exclusion. Elle impose en effet aux communes de se doter d’un taux minimum de logements sociaux sur leur territoire, sous peine de sanctions financières. Objectif : répartir équitablement le logement social, participer à la mixité sociale, et éviter que les villes réfractaires n’échappent à cet effort collectif.

Pas de revirement, mais « une évolution »

Et si Marine Le Pen avait déjà qualifié cette loi de « stupidité » en 2022, son groupe continuait de la défendre à l’Assemblée, comme l’illustrent ces propos de Frédéric Falcon. Confronté à cette contradiction, l’élu nie tout amateurisme, expliquant que le parti a seulement revu sa copie sur le sujet. « Dans une logique de suppression des contraintes, nous avons évolué vers sa suppression pure et simple », a-t-il répondu à l’ex-ministre Guillaume Kasbarian, qui soulignait ce précédent, à rebours de la proposition faite par Marine Le Pen.

Reste qu’en seulement deux ans, le RN est passé d’un dispositif « indispensable » auquel il exprimait son « attachement » à une mesure qu’il faudrait supprimer d’un trait de plume. En réalité, et ceci a été observé sur de nombreux sujets ces derniers mois, les revirements existaient déjà sur la loi SRU. Illustration avec cette proposition de loi d’un député RN en 2023 souhaitant suspendre ce texte au nom de la lutte contre… la sécheresse.

À noter que ce n’est pas la seule contradiction qui s’observe dans les propositions faites par Marine Le Pen sur le logement. Comme l’a souligné Libération, Marine Le Pen a affirmé vouloir mettre un terme « aux abus liés à la location courte durée qui transforme certaines villes en cités-hôtels au détriment de ceux qui y vivent et des professionnels de l’accueil touristique ». Soit l’inverse de ce qu’a fait son allié Éric Ciotti à Nice, qui a détricoté les restrictions mises en place par la majorité précédente.

En outre, le RN a voté massivement contre la proposition de loi socialiste visant « à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale ». Selon le communiqué diffusé ce mardi, Frédéric Falcon a été nommé « coordinateur du pôle logement » du projet de Marine Le Pen. Il faut effectivement admettre que tous ces errements méritent, a minima, de la coordination.

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