NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
MÉDIAS. La conseillère municipale du district 2 de Drummondville, Marie-Josée Lemaire, est récemment devenue actionnaire indirecte du média web Vingt55. Cette situation pourrait amener un potentiel de conflit d’intérêts modeste, selon une spécialiste de la gestion municipale.
Le 1er septembre dernier, Marie-Josée Lemaire s’est portée actionnaire de l’entreprise au nom de Vingt55 Média à l’aide de la compagnie à numéro 9574-6723 QUÉBEC INC., fondée en août 2026, en partenariat avec 2FG Médias inc. basée à Piedmont, selon des informations disponibles au Registraire des entreprises du Québec. L’entreprise 2FG Médias est la propriété de Frédéric et de Grégoire Samuel Fonjallaz et est nommée comme première actionnaire du Vingt55, mais n’est pas majoritaire. L’adresse de l’entreprise du Vingt55 se trouve, à ce moment, à Piedmont.
Au 1er septembre, l’élue du district 2 est la seule actionnaire de l’entreprise à numéro décrite comme une société de portefeuille. De plus, Mme Lemaire possède le titre d’administratrice du Vingt55 possédant de 25 % à 50 % de la juste valeur marchande et des droits de vote. De son côté, Frédéric Fonjallaz en est le président et le secrétaire possédant les mêmes proportions de la valeur marchande et des droits de vote.
Une mise à jour de l’état des renseignements de ces deux entreprises a été réalisée le 15 octobre dans le registraire. Dès lors, le nom de Marie-Josée Lemaire est retiré de la fiche du Vingt55. Ses fonctions d’administratrice ainsi que ses parts de la valeur marchande et des droits de vote sont transférées à Maxime Lemaire, sa fille qui est enseignante dans une école primaire. Aussi, l’adresse de l’entreprise a été modifiée pour se trouver maintenant à Drummondville.
Quant à la compagnie à numéro, Maxime Lemaire en est devenue la première actionnaire majoritaire ainsi que présidente et secrétaire possédant entre 50 % et 75 % de la valeur et des droits de vote. Marie-Josée Lemaire n’y occupe plus de rôle administratif, mais conserve de 25 % à 50 % de la valeur marchande et des droits de vote.
Par ailleurs, une entreprise individuelle au nom de Vingt-55 est toujours immatriculée, en date du 26 octobre, selon le Registraire. Celle-ci est la propriété d’Éric Beaupré, qui est également journaliste pour le média web. Cependant, aucune déclaration de mise à jour annuelle n’a été effectuée depuis 2024.
Selon Danielle Pilette, professeure associée spécialisée en gestion municipale et métropolitaine à l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), la participation de Marie-Josée Lemaire dans le média, à elle seule, ne peut permettre de conclure à la présence d’un conflit d’intérêts.
Danielle Pilette, professeure associée spécialisée en gestion municipale et métropolitaine à l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). (Photo : tirée du site web de l’UQAM)«En termes de potentiel conflit d’intérêts de la part d’élus municipaux, ça ne m’apparait pas comme la pire des situations, énonce Mme Pilette. Celle-ci fait partie d’un paysage de potentiel de conflit d’intérêts qu’on rencontre fréquemment au niveau municipal. […] Une fois que la personne est élue, elle doit suivre des formations et déclarer ses intérêts pécuniaires. Puis, les actes répréhensibles peuvent être divulgués à la Commission municipale du Québec (CMQ), par exemple. On va donc juger une personne sur ses actes dans le futur.»
Les élus drummondvillois ont un délai de 60 jours pour déclarer leurs intérêts pécuniaires. Ces déclarations sont ensuite déposées publiquement lors d’une séance du conseil municipal. Au moment d’écrire ces lignes, Marie-Josée Lemaire n’avait pas encore déclaré de nouveaux intérêts. La prochaine séance ordinaire a lieu ce 26 octobre.
La professeure associée indique que les plus grands potentiels de conflit d’intérêts concernent plutôt les secteurs de l’immobilier et de la construction. Ceux-ci impliquent plus de prises de décisions des élus, notamment en ce qui a trait au zonage et à l’octroi de contrats.
Néanmoins, Mme Pilette souligne que le secteur des communications est actuellement mis à mal, notamment par les géants du numérique. «Ce secteur échappe à toute autorité et à tout cadre institutionnel, dit-elle. On le voit avec le Canada, qui a de la difficulté à imposer des règles de financement du secteur officiel des communications. À ce moment, les gens des communications chercheront à exercer une certaine influence auprès des municipalités ou à s’introduire dans les mécanismes municipaux. Il y a un potentiel de conflit d’intérêts, mais il n’y a pas de règles qui interdisent à quelqu’un qui œuvre dans le secteur de se porter candidat comme élu municipal.»
De son côté, la Ville de Drummondville fait seulement l’achat de placements publicitaire sur le site web du Vingt55. En septembre, alors que Mme Lemaire en était administratrice, la Ville de Drummondville y a diffusé trois publicités totalisant un montant de 1 708 $, selon une demande d’accès à l’information effectuée par L’Express. Cette somme représente environ 9,4 % des dépenses publicitaires de la Ville durant ce mois.
Pour qu’un conflit d’intérêts devienne apparent, il faudrait, par exemple, qu’un contrat au Vingt55 nécessite l’autorisation du conseil municipal ou encore, que le média dépose une demande d’aide financière à la Ville. Si tel est le cas, Mme Lemaire aurait la responsabilité de se retirer de toutes délibérations la concernant afin d’éviter tout doute.
Encadrement
Ce genre de situation est encadré par deux lois au Québec, soit la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (LÉRM) et la Loi sur l’éthique et la déontologie en matière municipale (LEDMM). Selon Mme Pilette, le LÉRM ne serait applicable que lors d’une période d’élections durant laquelle Marie-Josée Lemaire serait candidate et possèderait toujours ses actifs. À ce moment, le directeur général des élections du Québec (DGEQ) pourrait décider de se pencher sur le cas ou non.
«Ce serait à la prochaine élection que cette motion serait appliquée. Elle pourrait aussi être appliquée à une élection passée si quelqu’un soulevait des problèmes. […] C’est une question d’interprétation du DGEQ», mentionne Danielle Pilette.
Elle souligne que le DGEQ a aussi le mandat de favoriser la participation à la démocratie municipale. Dans une ville comme Drummondville, où le taux de participation aux élections municipales était de 33,79 % à la mairie et 44,03 % dans le district 2, cela montre une faiblesse selon la professeure associée. Le cap des 50 % de participation est plutôt ciblé.
«Ça signifie qu’il y a un effort démocratique à faire. À moins d’un conflit d’intérêts majeur, on ne va pas se mettre à taper sur la tête des quelques candidats qui se présentent», exprime la professeure.
Quant à la LEDMM, Danielle Pilette indique que le code d’éthique de déontologie de la municipalité a priorité sur cette loi. Les villes ont la possibilité d’adopter un code plus sévère que le minimum exigé par la loi. Celui de Drummondville aborde notamment les conflits d’intérêts, il interdit aux élus de contrevenir à la LERM, il encadre l’utilisation des ressources de la Ville, il prohibe l’ingérence et il prévoit des réprimandes en cas de manquement.
«Le code adopté par règlement dans une municipalité est soumis au ministère des Affaires municipales avant son entrée en vigueur pour être réputé comme conforme à la loi. Si le code est plus exigeant que la loi, c’est lui qui s’appliquera dans cette municipalité. S’il y a une divulgation à la CMQ, c’est là-dessus que le commissaire va juger», explique-t-elle.
Selon l’experte le transfert des parts et des responsabilités dans le Vingt55 de Marie-Josée Lemaire à sa fille ne poserait pas de problème quant à un potentiel conflit d’intérêts, pour le moment, puisque les contrats donnés au Vingt55 n’ont, habituellement, pas à être soumis à l’approbation du conseil municipal.
«Si un contrat n’est pas soumis au conseil municipal, il ne peut pas y avoir de conflits d’intérêts. […] Le changement pourra servir s’il y a, par exemple, une demande d’aide financière aux médias qui est présentée au conseil municipal. Là, on pourra se poser la question à savoir si ce changement était purement instrumental pour faire semblant qu’il y a une neutralité. L’implication de Maxime Lemaire ne nous regarderait, comme collectivité ou comme municipalité, que s’il y avait une telle demande de subvention», remarque Mme Pilette.
Malgré tout, la relation entre Mme Lemaire et le Vingt55 devrait être surveillée, selon Mme Pilette. Les autres élus municipaux pourront jouer ce rôle s’ils jugent que leur collègue utilise son lien avec le média pour promouvoir ses idées politiques d’une façon démesurée.
«C’est un potentiel de conflit éthique qui existe dans beaucoup de municipalités. C’est aux autres élus de le gérer. Ils s’en rendront compte si de l’information coule. La situation idéale est lorsqu’il y a un parti politique. À ce moment, le chef peut se porter garant. Il y a aussi la discipline du parti politique et de ses militants qui le surveillent», remarque Danielle Pilette.
La professeure associée doute de l’impact réel des informations qui pourraient être transmises. Cependant, si un cas grave se produit, elle indique que le directeur général de la municipalité pourrait porter plainte à la CMQ. Celui-ci a des obligations légales de rapporter toute situation qui pourraient être répréhensibles afin de protéger l’intégrité et les finances de sa Ville.
Mme Pilette souligne que la population sera, elle aussi, juge des actions que pourrait poser Mme Lemaire.
«À partir du moment où la population est au courant d’une situation, il lui appartient d’en juger. C’est aussi le point de vue qu’adopte généralement le DGEQ. Les médias publient ces informations et, si la population veut quand même voter pour ces gens, ça lui appartient. La démocratie sera respectée et les citoyens vivront avec les conséquences. Les médias vont jouer leur rôle de rendre transparente une information qui devrait être communiquée à la population», énonce la professeure.
Ensuite, l’évolution du portrait médiatique drummondvillois tempérera aussi l’influence de chacun d’eux, selon Danielle Pilette. Avec l’implantation d’un bureau de Radio-Canada à Drummondville et le service de nouvelles des radios d’Arsenal Média, elle estime que cette évolution pourrait relativiser l’influence de chacun sur la population grâce au plus grand nombre de sources d’informations.
«Soutenir un média local»
Marie-Josée Lemaire a publié une lettre ouverte sur le site du Vingt55 le 17 octobre. Elle écrit, dans celle-ci, «avec d’autres investisseurs nous avons décidé de contribuer à soutenir la pérennité d’un de nos médias locaux, le Vingt55, qui faisait face à certains défis.»
Elle ajoute que son rôle d’élue l’amène «à accorder une attention particulière aux principes de neutralité, d’impartialité et de confidentialité. Je suis tenue de respecter les obligations prévues par le code d’éthique et de déontologie applicable aux membres du conseil municipal de Drummondville notamment en ce qui concerne la protection des renseignements confidentiels et l’exercice de mes fonctions dans l’intérêt public.»
L’Express a tenté d’obtenir plus de commentaires de Marie-Josée Lemaire. Celle-ci a dirigé l’auteur de ces lignes vers le contenu de sa lettre ouverte. Dans un court échange de textos, elle a réitéré sa «participation complètement indirecte.» Mme Lemaire a ajouté croire en la liberté de presse et à la pluralité des sources d’informations. «Les médias jouent un rôle d’importance pour la préservation de la langue française, la transparence de l’information et permettre au citoyen de développer son esprit critique et de suivre ce qui se déroule dans leur région. C’est un rempart pour la démocratie», a-t-elle écrit.


20 hour_ago
57



























.jpg)






French (CA)