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Marie Céleste: «Tout ce qui brille» de mille feux

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« C’est un album qui reflète vraiment notre âge. Vingt-cinq ans, c’est tout ça ! On n’aurait pas pu faire ça à 50 ans. Eille, on aura le temps d’apprendre et de devenir sages, mais pour l’instant, c’est balls to the wall, c’est la totale ! » s’anime Simon Duchesne, incarnant on ne peut mieux à cet instant précis de l’entrevue l’incandescence de Tout ce qui brille, le nouvel album de son groupe, Marie Céleste. À ses côtés, son ami et cochanteur Philippe Plourde renchérit, un peu plus terre-à-terre : « Même si la musique est bonne, on n’a pas encore atteint notre sagesse de musiciens. J’ai l’impression qu’avec le temps, une espèce de maturité va se développer. »

Marie Céleste canalise la fougue et l’insouciance de la jeunesse en envolées mélodiques, en ruptures de ton inattendues et en voix expressives. Le tout est porté par des textes sensibles et baignés de lumière qui donnent sens au chaos, formant une œuvre à la fois contrastée et cohésive. L’engouement des jeunes générations pour cette sortie fort attendue est à la hauteur du vent de fraîcheur qu’elle souffle sur la scène musicale.

Attablés au café de leur maison de disques, Bravo, les deux meneurs du groupe s’emballent en faisant part de leur vision de Tout ce qui brille, qu’ils considèrent comme leur véritable premier album, même s’il a été précédé de Feux de joie en 2024, un premier effort qu’ils décrivent comme une carte de visite. Pour eux, Tout ce qui brille symbolise le passage de l’arrogance à un ancrage dans leurs valeurs profondes. « Comme si on passait d’un certain je-m’en-foutisme vers quelque chose de plus proche de nos sentiments et des gens qu’on aime », explique Simon, qui forme aussi la moitié du duo humoristique Simon et Tyler.

Comme de fait, Tout ce qui brille démarre en trombe dès les premiers coups affirmés de batterie de son premier titre, Ciao bye bonsoir !, titre galvanisant porté par des harmonies vocales candides et des arrangements de cuivres, et sur lequel Simon Duchesne chante avec la vivacité d’un jeune Charlebois. Le morceau suivant, Combien de temps ?, surprend par son air grouillant de samba qui est non sans rappeler la scène de l’île du Plaisir des Douze travaux d’Astérix. « Ça a fait partie de nos inspirations, avance Simon. On s’est demandé : comment faire une samba sans que ça feele cégep ? Il fallait y aller hyper… » «… Ça a été de le crinquer à la folie, d’y aller au max, finalement », complète Philippe Plourde.

La peur de l’ennui

Tellement « hyper » et « crinqué », le quintette, que François Lafontaine, éminent claviériste de Karkwa (à qui Marie Céleste est souvent comparé), a dû calmer ses ardeurs en cours d’enregistrement, lui qui joue du synthé sur quelques titres de l’album. « On a cette folie de tout le temps vouloir garder ça intéressant et stimulant, explique Philippe. On a peur d’ennuyer le monde et on a peur de s’ennuyer nous-mêmes aussi. » En bons représentants de la génération Z, les musiciens originaires du Saguenay écoutent « de tout, dans un flot constant », poursuit son complice, qui estime que leur album reflète à cet égard leurs habitudes d’écoute. « En ce moment j’écoute mes 15 dernières chansons aimées. Ça passe d’une toune pop des années 1980 à une toune folk des années 1970, à une des nouvelles de Gab Bouchard… »

Il faut dire que les cinq musiciens ont chacun un bagage musical varié et complémentaire, ce qui explique leurs influences hétéroclites. Philippe Plourde, porté sur les musiques techno et EDM, apporte à l’ensemble sa coloration électronique. En grand amateur de chanson folk des années 1960 et 1970, Simon Duchesne lui transmet son côté « Harmonium-esque ». S’exprimant au nom de leurs collègues, les deux chanteurs soulignent que Guillaume Sliger « est une encyclopédie de jazz », que Zachary Tremblay « est un touche-à-tout » et qu’Olivier Tremblay « est le grand génie de l’instrumentation ». Ce dernier signe d’ailleurs les arrangements orchestraux de l’album.

À cette énergie musicale s’ajoute un propos tout aussi rassembleur. Le bien nommé Tout ce qui brille insuffle en effet une grande dose d’espoir et de lumière dans l’adversité ambiante. « Le monde du Lac, c’est ancré en nous, on est optimiste de nature, avance Simon, marquant une pause avant d’approfondir sa réflexion. Je pense qu’à travers tout ça, on se parle entre nous. Il y a des chansons où je parle à Phil, et d’autres où lui me parle. On se remonte le moral à nous-mêmes et, par la bande, ça s’applique à tout le monde. »

Ce fil conducteur s’est imposé aux deux paroliers, qui chantent chacun régulièrement les compositions de l’autre. « C’est naturellement devenu plus personnel dans l’écriture, poursuit Philippe Plourde. Ce qu’on avait pour cet album était plus groundé dans les choses du quotidien, dans une langue plus proche de nous, avec des phrases moins compliquées, avec moins d’esti d’images… » «…Ouais, moins d’affaires de pas de bon sens qu’on comprend pas ! » complète son collègue. Serait-ce là une pointe de sagesse ?

Tout ce qui brille

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