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À force de tester les lignes rouges de Moscou, l’Europe pourrait finir par découvrir lesquelles étaient réellement infranchissables.
La déclaration est intervenue alors que Maria Zakharova était interrogée sur la possibilité pour la Pologne d’accueillir une production de missiles intercepteurs Patriot destinés à Kiev.
« Les usines de production d’armes pour l’Ukraine dans les pays européens sont des cibles militaires potentielles pour la Russie », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il ne fallait pas croire que des installations militaires situées hors du territoire ukrainien seraient nécessairement « en sécurité ». La déclaration a notamment été rapportée par Interfax.
Le message est limpide : pour Moscou, la frontière entre soutien militaire à Kiev et participation directe au conflit devient de plus en plus ténue.
Maria Zakharova : « Les usines européennes produisant des armes pour l’#Ukraine sont des cibles militaires potentielles pour #Moscou »
On va bientôt siffler la fin de partie … https://t.co/AQEvSPntH1
— Karine Bechet (@bechetgolovko) September 30, 2026
Maria Zakharova estime que les États européens ne se contentent plus de livrer du matériel à l’Ukraine. Selon elle, l’ouverture d’usines, la création de sociétés communes et l’intégration croissante des industries militaires européennes au dispositif ukrainien constituent une implication beaucoup plus directe dans la guerre.
Cette lecture est contestée par l’OTAN, qui présente son soutien à Kiev comme une assistance à un pays attaqué par la Russie et continue d’affirmer que l’Alliance est défensive. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, déclarait encore le 30 septembre qu’il n’existait pas de menace militaire russe imminente contre le territoire de l’Alliance.
Mais le problème est ailleurs : chaque étape supplémentaire rapproche mécaniquement la Russie et les pays de l’OTAN d’une confrontation qu’ils affirment pourtant vouloir éviter.
Depuis février 2022, les seuils ont été repoussés les uns après les autres. Livraison d’armes lourdes, chars occidentaux, missiles à longue portée, formation des militaires ukrainiens, renseignement fourni à Kiev, développement de productions militaires communes : ce qui était présenté comme impossible ou trop dangereux au début du conflit a progressivement été accepté.
Moscou a, de son côté, multiplié les avertissements contre ce qu’il considère comme une implication croissante des pays occidentaux.
Le précédent des accords de Minsk continue également d’alimenter la défiance russe. En 2022, Angela Merkel avait expliqué que ces accords avaient notamment permis à l’Ukraine de « gagner du temps » pour renforcer ses capacités. Moscou avait immédiatement interprété ces propos comme la confirmation que les négociations n’avaient jamais été considérées en Occident comme une solution définitive au conflit.
Le Média en 4-4-2 était revenu sur ces déclarations d’Angela Merkel et sur la réaction particulièrement virulente de Maria Zakharova.
Quatre ans après le début de l’intervention russe en Ukraine, la question n’est donc plus seulement de savoir quelles armes l’Europe livrera demain à Kiev. Elle concerne désormais les conséquences possibles de leur fabrication directement sur le territoire européen.
L’avertissement de Zakharova ne signifie pas qu’une frappe russe en Europe est annoncée ou imminente. Mais il marque une nouvelle étape rhétorique particulièrement sérieuse : Moscou dit désormais publiquement que certaines installations militaires européennes pourraient perdre le sanctuaire géographique dont elles pensaient bénéficier.
Après des années pendant lesquelles chaque camp a testé un peu plus les limites de l’autre, la marge d’erreur se réduit. Et lorsqu’on parle de la Russie et de l’OTAN, deux puissances disposant de l’arme nucléaire, découvrir la véritable ligne rouge en la franchissant serait probablement la pire méthode possible.


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