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Marée sang et or dans les rues, Les Corons repris en chœur... La fabuleuse parade du RC Lens après le succès en Coupe de France

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Au lendemain de leur première victoire en Coupe de France, les joueurs lensois ont profité d’un immense bain de foule, ce samedi, dans le centre-ville.

«J'ai pleuré huit fois depuis hier» : des dizaines de milliers de supporters sang et or ont célébré samedi la première Coupe de France du RC Lens lors d'une immense parade dans les rues de cette ancienne cité minière du Pas-de-Calais. «Nous sommes les Lensois et nous avons gagné !», scandent les supporters au passage du bus à impériale aux couleurs du club, depuis lequel les joueurs présentent le trophée à une foule en liesse.

Le public reprend les noms des joueurs à l'unisson et lance des «Merci !» entrecoupés de chants de supporteurs, des Corons et de la Marseillaise, tandis que des fumigènes rouges et jaunes forment un épais nuage au-dessus de la foule. «J'ai pleuré, j'ai pleuré... On revoit les années de malheur qu'on a vécues, forcément c'est la délivrance pour nous et c'est mérité», affirme Valentin Raynard, 26 ans, responsable d'une animalerie, venu assister à la parade avec ses parents dans son maillot du RC Lens.

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«C'est historique, l'année des 120 ans, on l'attendait tant et depuis si longtemps donc ça fait plaisir. Les planètes du foot étaient réunies, tout était avec nous, c'est magnifique», ajoute ce supporter «de père en fils». Les couleurs sang et or ont envahi Lens, où quelque 60.000 supporters selon la préfecture se sont rassemblés pour une fête populaire, avec perruques, maillots, écharpes et drapeaux.

«Ce club, c’est ma vie»

La ville elle-même s'est parée de jaune et de rouge aux fenêtres et dans les vitrines. Des écharpes du club sont même visibles sur les pare-brises de véhicules de police. Voitures, bus et même trains klaxonnent à la vue de la foule massée le long du parcours de la parade. «C'est la passion, c'est l'amour, ça faisait longtemps qu'on attendait ça et depuis le début de saison ils nous montrent qu'ils vont le faire», note Tristan Demolin, 19 ans, étudiant.

«Ce club c'est ma vie, depuis ma naissance. C'est la passion qui nous rassemble. Entre supporters il n'y a pas de différences, pas de milieu social, rien. Nous sommes le 12e homme», ajoute-t-il. Sur la scène installée devant l'Hôtel de Ville, les joueurs, venus présenter la Coupe de France, prochainement exposée au Louvre-Lens, entonnent tour à tour des chants de supporters immédiatement repris par les fans.

On conclut «cette magnifique saison par un trophée que tout un peuple attendait et je pense qu'on l'a tous mérité», affirme le gardien Robin Risser au micro. «Peuple lensois je suis fier de vous, je suis fier de nous», lance l'arrière Ruben Aguilar, casque de mineur sur la tête. «Gros frisson, grosse ferveur, je n’ai pas les mots pour expliquer ce que je ressens», lance Joaquim Sauvage, 40 ans, sans emploi. «Ce club apporte beaucoup de joie dans la région et dans un quotidien qui n'est pas toujours très gai.»

«J’ai pleuré, j’ai pensé à mon papa qui aurait tant aimé connaître ça»

Chez Muriel, café emblématique et repère des supporteurs, les fans se pressent depuis le matin pour revivre la victoire de la veille. «C'est l'un des plus beaux jours de ma vie. C'est un rêve. Ce n'était pas normal qu'on n'ait jamais gagné une finale. Hier, j'ai ressenti une très très grande émotion», raconte la patronne, Muriel, 66 ans, à l'aube de sa retraite.

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«J'ai pleuré, j'ai pensé à mon papa qui aurait tant aimé connaître ça, comme tous les anciens, tous nos mineurs», ajoute-t-elle, encore émue, derrière son comptoir. «J'ai déjà pleuré huit fois depuis hier, je ne réalise toujours pas. C'est mérité. On a fait une saison incroyable», ajoute Sébastien, 33 ans, chef d'équipe dans le nucléaire.

Selon lui, «ce qui fait le RC Lens, c'est l'amour que les gens ont envers le club. Même en Ligue 2, un match contre Châteauroux un lundi soir à -2°C, on était là. Le Racing fait partie de ma famille», ajoute-t-il. À ses côtés, Goe, 48 ans, cadre bancaire, abonde: «C'est un peu comme des pèlerins qui vont à Saint-Jacques-de-Compostelle. C'est une sorte de religion pour nous !».

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