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Marcelle Dubois prend les rênes du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui

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La directrice générale, codirectrice artistique et cofondatrice du théâtre Aux Écuries, Marcelle Dubois, quittera « son » théâtre à la fin de cette saison, pour prendre la direction du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (CTDA). Elle succède là à Sylvain Bélanger. Celle qui a aussi cofondé le festival du Jamais Lu en 2002 est tout sourire : au CTDA, elle pourra aider les auteurs de l’émergence, pour qui elle a travaillé ces 25 dernières années, à entrer sur les grands plateaux, et dans « l’institution ». Du Jamais Lu au Viens jouer, en quelque sorte…

« Je ne suis que joie, j’ai mal aux joues depuis vendredi dernier », lance d’emblée une très souriante Marcelle Dubois en visioentrevue avec Le Devoir. Sa vision ? Développer au CTDA « un centre dramaturgique du théâtre québécois d’aujourd’hui ». Au Jamais Lu et Aux Écuries, Mme Dubois a gagné une expertise ancrée au cœur des nouvelles écritures dramatiques et des jeunes auteurs.

« Je peux la mettre à profit, pour développer, autant nationalement qu’internationalement, le positionnement de notre dramaturgie québécoise francophone, forte. » Pour elle, c’est d’autant plus important, « dans le contexte actuel, où le français est menacé dans la métropole, où tout notre voisinage est anglophone ».

Suivre ses auteurs, de théâtre en théâtre

« En toute transparence, le seul endroit où je pouvais imaginer passer, c’est au CTDA », confie-t-elle.

Dans son théâtre de Villeray, elle travaillait pour l’émergence, l’underground, même. « Au Jamais Lu, le travail, c’est de partir un feu. Faire émerger des étincelles, des créations. Mais ce sont des “one-shots”, une soirée seulement, car on a vraiment peu de moyens… »

« De là, on espère que d’autres vont reprendre la flamme, et la faire grandir » dans leur théâtre, ensuite. En entrant au CTDA, elle entre « dans l’institution » — elle le dit avec un sourire en coin, peut-être un peu gênée. Et ce sera à elle de tenir ce rôle, désormais, de cueilleuse de flamme.

Un rôle « qui est aussi une responsabilité : magnifier ce qui se passe dans la marge, s’assurer que les artistes forts ont des occasions » de grandir, de rayonner, poursuit-elle.

Car pour que des Sarah Berthiaume, Olivier Choinière, David Paquet apparaissent, il leur faut des moyens, indique Marcelle Dubois.

« C’est là que l’attrition est dangereuse dans notre société actuellement, avec les manques constants de financement. Faire émerger des choses reste possible, même si c’est très difficile. Les faire grandir et accoter un niveau international, un rayonnement, un développement des publics à une juste mesure », c’est beaucoup plus ardu, estime-t-elle.

Le CTDA est un théâtre plus solide financièrement qu’Aux Écuries — malgré les conditions générales de sous-financement. Marcelle Dubois souhaite y renforcer les productions — ces créations où le CTDA assume tout le risque financier.

« C’est peut-être la candeur de la fille qui commence son job demain, dit-elle, mais même si j’arrive à installer une production de plus par an, ce sera déjà ça. »

Car pour elle, il y a une injustice à voir actuellement dans le milieu que les auteurs qui n’ont pas de compagnies ont moins de chance d’être montés sur scène. « C’est un peu un drame, je trouve, de voir que si tu es un bon entrepreneur, tu as plus de chances ces jours-ci d’être produit que si tu es un bon auteur. »

« Il faut trouver comment le CTDA peut être un moteur de l’économie et de l’écologie de son milieu théâtral », même en période de stagnation de financement.

Marcelle Dubois croit aussi que, pour que les jeunes adultes s’intéressent à notre dramaturgie francophone et à notre culture générale commune, il faut avoir des moyens de bien monter leurs textes. « C’est là que j’ai envie d’aller », avance-t-elle.

Ses programmations seront « transgénérationnelles », dit celle qui espère y allier de jeunes autrices, comme Carolanne Foucher, à une Carole Fréchette, « l’une de nos plus grandes artistes ». Marcelle Dubois signera sa première saison au CTDA en 2027-2028.

« Pour moi, c’est quasiment un service public, le CTDA. C’est un projet sociétal, du moins, dans le sens où une société saine est une société qui s’inquiète et qui écoute toutes les voix de sa génération. »

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