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Marc-Antoine Dequoy s’est présenté ému, presque les larmes aux yeux, en conférence de presse mardi. Le cœur lourd, le maraudeur québécois a annoncé l’une des décisions les plus difficiles dans la carrière d’un joueur de football : sa retraite.
Mon corps ne peut plus suivre. Mon cœur est là, il aimerait ça, continuer de jouer, a-t-il affirmé avant de s’interrompre pour retenir ses larmes. Mais je ne peux pas.
Mon cœur est là. Mais mon corps ne peut plus suivre.
Dans un communiqué qu’il a cosigné lundi, l'ancien joueur de 31 ans a expliqué qu’il prenait sa retraite pour des raisons de santé. Il estime ne plus être en mesure de répondre aux exigences de ce sport de contact. Une décision mûrement réfléchie, mais douloureuse.
Ça n'a pas été un choix facile. Ça a été une longue décision, mais c'était la meilleure décision pour moi.
Questionné sur son état physique, ou sur une blessure précise qui aurait précipité son choix, Dequoy a répondu ressentir la douleur de l'orteil au plus long cheveu.
C'est de l'usure. Vous avez vu mon historique. Je manquais des games vers la fin. Et on le voyait aussi sur le terrain. Je jouais blessé, avec de la douleur. Puis, je sais c'est quoi, une saison de football, je sais comment c'est long, a-t-il expliqué.
Quand la saison s'est terminée, avec la défaite en finale de la Coupe Grey, c'était difficile. Mais j'avais cette envie de revenir. On a entamé les discussions de contrat. On a eu une offre le 12 décembre, mais il y avait quelque chose en moi qui disait : "Non." Je ne sais pas pourquoi, a-t-il raconté.
Avec du recul, maintenant, je comprends. Je n’étais pas capable d'accepter la vérité en pleine face. Peut-être que je cherchais des raisons pour trouver pourquoi il y avait ce "non" en dedans de moi.

Marc-Antoine Dequoy a passé la totalité de sa carrière au Québec. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Ça aurait été facile d’accepter ce contrat-là [...], d’endurer la saison. Au pire, j’aurais pris ma retraite plus tard. Mais ce n’est pas ce que je voulais [...]. Je respecte trop ce sport.
Dequoy n’a toutefois pas complètement fermé la porte à un retour au football, sans aucunement affirmer que cela faisait partie de ses plans.
Je ne suis pas là. Quand la question arrivera, elle arrivera, a-t-il dit simplement.
Je me cherche une job, si quelqu’un engage!, a-t-il ajouté en plaisantant.
Pas une question d’argent
Au cœur de négociations contractuelles avec les Alouettes, la décision de Dequoy est survenue à un moment inattendu, à quelques jours seulement de la date limite du 10 février, où il aurait obtenu le statut de joueur autonome.
Le mariage de cinq ans entre l’organisation montréalaise et le joueur semblait pourtant devoir se poursuivre.
Interrogé à plusieurs reprises sur les négociations, Dequoy a assuré que la dernière offre soumise par le directeur général Danny Maciocia répondait à ses attentes. Malgré tout, son désir intérieur de passer à autre chose a persisté.
Dimanche, quand toutes les options devant moi se sont tassées, c'était clair. J'avais une offre de Montréal, j'avais une offre d'une autre équipe. Danny est même revenu bonifier mon offre. C’était un chiffre pour lequel j’étais confortable de jouer. J'avais tout devant moi pour signer à Montréal. Tout ce que j'avais demandé. Mais j'avais encore cette petite voix-là en moi qui me disait toujours : "Non."
Maciocia, lui, ne s’attendait pas à cette issue.
Quand il est arrivé dans le bureau, j’étais tellement content de le voir, mais je le regardais, puis je me disais : "Il y a quelque chose qui cloche." Je savais que ce n’était qu’une question de temps avant que ce contrat se signe. Rendu en janvier, je me disais que ça prendrait un mois de plus ou un mois de moins. Parce qu’il y avait un désir de sa part, puis de notre part, de continuer et aller chercher une autre Coupe Grey ensemble, a-t-il indiqué.

Danny Maciocia a d’abord été l’entraîneur-chef de Marc-Antoine Dequoy avec les Carabins de Montréal, avant de le repêcher en 2020 après son arrivée comme directeur général des Alouettes de Montréal.
Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais
Pendant un bon 10, 15 minutes, j'étais sous le choc. Parce que la veille, [je parlais à son agent], puis c’était fait. Donc, c’était à ça que je m’attendais, le lendemain. Signer le contrat, puis faire l’annonce, a-t-il dit.
Marc-Antoine va toujours faire partie de l’organisation , a-t-il souligné.
Je vais toujours être un Alouette de cœur, c’est sûr, a lancé Dequoy.
L'ex-footballeur, originaire de L’Île-Bizard, quitte l’organisation après un parcours marquant. Choix de deuxième tour au repêchage de 2020, il a disputé 73 matchs en cinq saisons à Montréal. Il a été sélectionné dans les équipes d’étoiles de la Ligue canadienne de football en 2023 et 2024 et a contribué à la conquête de la Coupe Grey en 2023.
L'ancien des Carabins de l'Université de Montréal a réalisé 162 plaqués défensifs et 21 dans les unités spéciales, en plus d’intercepter 12 passes.
Dequoy n’a tenté sa chance qu’une seule fois à l’extérieur du Québec, lors de sa participation au camp des recrues des Packers de Green Bay, dans la Ligue nationale de football (NFL), en 2020.
Avec les informations de Roby St-Gelais


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