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Mandat d’arrêt international contre l’islamologue Tariq Ramadan, qui sera jugé par défaut pour viols

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Le procès du prédicateur de 63 ans s’est ouvert lundi à Paris, mais il ne s’est pas présenté devant la justice, ayant été hospitalisé deux jours auparavant à Genève, en Suisse, en raison selon ses avocats d’une «poussée» de sclérose en plaques. L’expertise médicale l’a jugé apte à comparaître.

Voilà Tariq Ramadan rassuré sur son état de santé: il n’a pas eu d’AVC, et sa sclérose en plaques est «stabilisée», «sans signe de poussée récente»Hospitalisé entre samedi et jeudi en Suisse, le sulfureux islamologue «peut» donc comparaître devant la cour criminelle départementale de Paris, qui doit le juger pour viols, ont estimé dans leur rapport, rendu ce vendredi, deux médecins désignés par la justice française. «Le juger dans un tel état, en sortie d’hôpital, c’est vraiment une atteinte au droit au procès équitable et à la dignité humaine!», s’émeut Me May Sarah Vogelhut, l’une des avocats de Tariq Ramadan, auprès du Figaro. Mais la cour a finalement décidé de juger l’islamologue par défaut, et a émis un mandat d’arrêt contre lui. À cette annonce, les avocats de la défense ont quitté la salle.

Près de dix ans après les premières révélations, Tariq Ramadan, 63 ans, devait comparaître à partir de lundi dernier devant la justice française pour des viols sur trois plaignantes entre 2009 et 2016, lors de rapports sexuels particulièrement violents et dégradants. Des accusations qu’il a toujours fermement contestées. Le procès avait donc débuté en l’absence de l’accusé, hospitalisé à Genève en raison, selon ses avocats, d’une «poussée de sclérose en plaques». L’audience avait initialement été suspendue jusqu’à mercredi, puis jeudi, et enfin jusqu’à ce vendredi, le temps pour les deux neurologues indépendants de rendre leur expertise médicale sur l’état de santé du prédicateur.

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Dans ce rapport, lu à l’audience par la présidente de la cour criminelle départementale, Corinne Goetzmann, les experts concluent à la «stabilité de la sclérose en plaques» dont souffre l’islamologue depuis plusieurs années, «sans signe de poussée récente». La présidente a aussi lu un courrier établi par un médecin de Tariq Ramadan, transmis par sa défense, proposant que son patient, «vidé de son énergie vitale», observe une «période de repos d’une semaine à dix jours» avant de comparaître.

«Des performances attentionnelles meilleures»... après une évaluation de 2 heures 20!

«On comprend qu’il souhaite mettre la justice au pied du mur», s’est indigné à l’audience Me David-Olivier Kaminski, avocat d’une des parties civiles, Henda Ayari. «Cela dénote vraiment un mépris, tant de l’institution judiciaire que des victimes, fustige pour sa part, auprès du Figaro, Me Sarah Mauger-Poliak, autre avocate de Henda Ayari. On en est à 7 examens médicaux suisses, et tous disent qu’il n’y a aucune aggravation!». Et si une récente évaluation neuropsychologique note «un débit de parole très ralenti» et des «difficultés marquées d’accès lexical» en début de séance, elle remarque curieusement, raille l’avocate, «des performances attentionnelles meilleures» après 2 heures 20 d’entretien!

«Je vous demande de le juger par défaut et de décerner à son encontre un mandat d’arrêt» international, s’est exclamé l’avocat général, Philippe Courroye, fustigeant une «dérobade» et la «lâcheté» de Tariq Ramadan, qui a «mis une frontière et le lac Léman entre la justice française et lui parce qu’il ne veut pas être jugé». Rétorquant que «le renvoi s’impos(ait)», Me Ouadie Elhamamouchi, l’un des avocats de la défense, a tenu «à affirmer ici solennellement que Tariq Ramadan demande ce procès, souhaite être jugé, et devant tous les journalistes présents, contrairement aux parties adverses», une allusion à la demande de huis clos d’une des victimes. «Un tel procès, où il est le seul accusé, demande une attention de tous les instants, renchérit Me Vogelhut. Ce serait inhumain, et les dés seraient pipés d’avance».

Pendant l’instruction et après son renvoi devant la justice, Tariq Ramadan a multiplié les offensives procédurales pour réclamer une reprise des investigations et repousser la tenue d’un procès. En septembre 2025, il avait évoqué des « éléments nouveaux, établis par des expertises scientifiques », notamment en stylométrie. En janvier, il avait demandé la récusation de la juge, qui n’avait pas voulu reporter le procès, prévu durant le ramadan. Il encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.

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